A propos, en amont, en aval de (ou sans trop de rapport avec)"Jodi, toute la nuit", un roman de Didier de Lannoy
Vieux Didier se revendique de l’école congolaise de la dégoise* et de l’écriture
* Comment dit-on chez vous, la tchatche ?
Ben oui, c'est au Congo
- Où, pourtant, j'avais brûlé tous mes "manuscrits" !
que j'ai réappris à écrire et c'est dans ce pays que l’envie d'écrire m'est revenue ! Le Congo des quados, des kadhafis, des ballados, des ngembos, des shégués, des « roulages », des taximen, des chargeurs de taxibus, des chauffeurs de fula-fula, des mbilas et des ngandos, des pasteurs et des représentants légaux d’églises du réveil, des chefs de quartier, des sapeurs, des catcheurs, des phaseurs, des basketteuses et des footballeurs, des couturières et des cambistes, des cireurs de chaussures, des fabricants de faux (et de vrais) cachets et d’enseignes (et de visas), des poussateurs
- Jalousie à bas ! Ecrasons lentement !
des orpailleurs, des sentinelles, des ligablistes et des tenanciers de cybercafés, des mamans commerçantes du Marché Central ou du Marché Gambela (avenue du Sport, dans la commune de Kasa-Vubu), du Marché Bayaka (au croisement des avenues Asosa et Kasa-Vubu, dans la commune de Ngiri-Ngiri) ou du Marché Somba Zigida (ou
- C’est plus érotique !
Simba Zigida) (au croisement de l’avenue Dima et de l’avenue du Plateau dans la commune de Kinshasa), des patronnes de ngandas (on se donne rendez-vous chez Mère Anto, chez Tantine Ana, au Nganda Césarine, etc), des vendeurs de noix de cola, d’œufs durs et d’aspirines à la sortie des bars, des vendeurs de cigarettes
- Spéciales ou ordinaires ?
à la tige, des coiffeurs, des tresseuses
- Songi-songi ?
- Mabe !
réputées cancanières, des dépanneurs en informatique, des réparateurs de chaussures, de frigos, de téléviseurs, de climatiseurs, de voitures, de bateaux et d’avions, des sorciers qui (après avoir tâté du grand séminaire) sont devenus (avec la plus grande distinction) docteurs en sociologie ou en anthropologie d’une université catholique, des danseuses de groupes d’animation, des vendeuses de petits tas de tomates et de pili-pili sur le trottoir, des « ivecos », des londonniennes, des « boma l’heure » et
- Abuoo ?
- Pia !
des fioti-fioti. Celui des musiciens, des créateurs de bandes dessinées, des concepteurs de motifs de pagnes, des sculpteurs et des peintres dits « populaires » (Luambo Makiadi le grand maître, Evoloko Joker et Djuna Djanana, Asimba Bathy, Chéri Samba, Sim-Simaro, Syms, Ray Lema et Pascal Kongo dit Paki, Champro King, alias "Champro-Mitterrand-de-Monaco" qui faisait couler le « Rio de Suba-Suba » dans les couloirs de la « Tempeta de Oro », à l’entrée de Yolo-Nord, près de chez Djo Mali et de la maman de Marie Tumba, à cent mètres du camp Kauka, et pas très loin non plus, même à pied, de ma première maison kinoise, la maison « Fonds d’avance » que j’avais louée, il y a pas mal d’années, à un fonctionnaire absolument charmant, frère du défunt propriétaire, dont j’ignorais à l’époque qu’il était aussi « administrateur » d' un des services de sécurité de Mobutu, au n° 16 de la rue de Mpangu, là-même où Jeff Kibonge Mafu Gento était venu, en fin d’après-midi, avec plusieurs joueurs de foot et des catcheurs sudistes
- Heureusement que tous les branleurs et les glandeurs du quartier (avec lesquels on organisait des batailles de seaux d’eau) se sont mobilisés pour défendre le « prof » ! Yolo-Nord contre Yolo-Sud ! J’étais pourtant un fervent supporter de l’équipe de Gento, non ?
- Quelle équipe ?
- Vita, quoi ! alias V-Club !
- Pourquoi Vita ?
- Parce que Mandala Mandar, mon DG d’alors, défendait les couleurs du Daring, alias Motema Pembe, eh !
donner une bonne leçon à ce petit Blanc dont on lui avait rapporté qu’il fréquentait Marie Moke et qu’il avait même déposé deux casiers de bière dans la parcelle d’un oncle, à Yolo-Sud, pour « kokanga lopangu »). Celui du Tout Puissant OK Jazz, de Los Nickelos, de Langa Langa Stars, du Trio Dasufa (Commandant Danga, Caporal Murumba Suplesse et Abula Ngando Fasco), de Minzoto Wella-Wella, du Club 53 (celui des « Casques bleus » dont on disait qu’elles versaient du Roche 4 dans le verre des michetons) et du Club 16, du Self-Control, de Tonton Mbaki, de l’A .S. Vita Club, et de Motema Pembe, de 1.2.3. (Franco) et de 11.12.13 (Joker), de Do et de César (alias « Qui Saura »), de « Jeunes pour Jeunes », de « Disco-Magazine », de « Yaya » et… bien sûr, évidemment, pourquoi le taire, comment ne pas le dire… des écrivains congolais (et, surtout, kinois) de la vie « au taux du jour » : Achille Ngoye, alias Père Ngoye (les nuits de Kinshasa racontées dans le quotidien « Salongo » : des chroniques chaudes comme des mikate, signées N.T., on se les arrachait tous les matins !), Yoka Lye Mudaba (les très célèbres « lettres d’un kinois à l’oncle du village » ! et, à présent, les « confidences de chauffeur de ministre » paraissant dans l’hebdomadaire « Le Potentiel »), Mweya Tol'ande qui signait Mweta, feu Léon Kisinga M'Pemba (et ses "commérages") … Et de la vague venue après : celle de Vincent Lombume Kalimasi (qui n’a rien d’un cadet et que je me reproche d’avoir « rencontré » si tard), d'In Koli Jean Bofane, alias "Fossoyeur Jones" (ses "mathématiques congolaises"), de Marie-Louise Bibish Mumbu (ses « obsessions », sa « fratrie », ses « chansons sans air »), de Fiston Nasser
- Alias Finamwa !
Mwanza (ses « ex » et son « bouger ») et de tant d'autres soeurs et frères en écritures "profanatrices " et en arts pratiqués "autrement": Freddy Tsimba, Moseka Yogo Ambake, Bakupa Kanyinda Balufu, Hallain Paluku, Kibushi Ndjate Wooto, Monique Phoba, Pume Bilex… Voici mes maîtres et mes maîtresses ! Je ne me suis pas trompé d'école et mon diplôme a toute sa valeur !