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A propos, en amont, en aval de (ou sans trop de rapport avec)"Jodi, toute la nuit", un roman de Didier de Lannoy

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Les épousailles tardives de Jodi

Un peu d’histoire, pour mieux comprendre ?

« Jodi, toute la nuit »* a, dans sa jeunesse, connu quelques aventures pré-conjugales :


1. Premiers émois** en 1999-2000

Dès 1999, une première mouture du manuscrit de « Jodi, toute la nuit » a été envoyée à plusieurs personnes de référence (dont Werner Lambersy qui m’a fait savoir qu’il aimait autant « Jodi » que « Le cul de ma femme mariée ») et, en général, bien accueillie. Cette première version a été présentée à la radio, par Florent Massot (avec lecture d’extraits), le mardi 9 novembre 1999, lors d’une émission littéraire matinale qu’il animait sur France Culture. Florent Massot a, ensuite, été contacté par le directeur littéraire de Grasset (très positif, m’a-t-on rapporté à l’époque… mais dont j’ai oublié le nom) qui a manifesté (oralement bien sûr, pas plus) l’intention d’éditer le livre en 2001… mais qui, par la suite, a « changé d’avis » (ou qui aurait, m’a-t-on également laissé entendre, sans doute pour me faire plaisir, été démis de ses fonctions, quelques semaines après, pour des choix éditoriaux estimés non-rentables, eh !). A la même époque, cependant, en 2000, le chapitre premier de « Jodi, toute la nuit » a, très heureusement, paru dans le volume 16 d’Archipel, précédé d’une interview-critique d’Alain Germoz intitulée « Didier déchaîné ».

 


2. Seconds émois en 2002-2004

En 2002-2003, une adaptation radiophonique de « Jodi, toute la nuit » a été réalisée par Violaine de Villers et produite par Gregor Beck pour Across Stickos en coproduction avec la RTBF, avec Yolande Moreau dans le rôle de Jodi. En appui à ce projet, dès avril 2002, la Commission des Lettres du Ministère de la Communauté française m’a octroyé une bourse d’écriture pour l’adaptation radiophonique de l’ouvrage. A cette époque encore, le texte initial de « Jodi » a été remanié (allégé, expurgé, excisé, rapetassé, réduit de moitié et actualisé, compte tenu, notamment, des exigences du « politiquement correct » et de la « bienséance », de même que des attentats du 11 septembre 2001, de l’évolution de l’indice Dow Jones et de l’arrivée au pouvoir d’un gang de pétroliers texans) et une version « momentanément définitive » en a été tirée le 5 mars 2004.


3. Changement de sexe littéraire de l’auteur

Malgré la bourse reçue de la Commission des Lettres, l’adaptation radiophonique réalisée et diffusée sur les antennes de la RTBF, la parution d’extraits dans Archipel et le remaniement en profondeur du texte, « Jodi, toute la nuit » a continué d’être refusé « par au moins vingt éditeurs »…
Cela m’a conduit à ne plus chercher à faire paraître mes textes et à devenir un « écrivain électronique »… et à, enfin, pouvoir écrire comme je voulais, ce que je voulais, quand je voulais, à qui je voulais :
- Pourquoi es-tu devenu un écrivain électronique ? m’a demandé un jour Alain Germoz .
- Et je lui ai répondu (par e-mail, évidemment, et en me samplant) que ça me permettait de faire ça : « Ecrire et diffuser hors commerce et hors compétition. Dans la dissidence et la clandestinité. Hors contrôle. Hors censure. Hors limites. Off-shore. Sans vergogne et sans muselière. En dehors de l’église, de la banque et du parti. Comme un barbare ombrageux. Hyperactif et compulsif. Non-transigeant, non-corruptible, non-recyclable, non-apprivoisable et non-récupérable »
 De cette époque datent  la « parution sur outlook » (et la diffusion « yoyotante » à quelques centaines d’amis et connaissances) des textes résolument impubliables que sont « Mama na ngai », « Il ne suffit pas d’hériter d’un grenier », « à Nassogne, presque un mois chez Gougoui Kangni » et les différents texticules qui composent les séries « Les contes d’apnée », « La Belgique tintiniste », etc.


4. Nouvelle tentative foireuse d’intégrer le marché

Quelques années plus tard, cependant, à la demande expresse et sur recommandation personnelle d’un ami, Jean-Marc Turine, j’ai mis entre parenthèses mon statut (plutôt confortable) d’écrivain électronique et je me suis risqué à soumettre une nouvelle et dernière fois mon texte remanié à Chantal C. aux éditions du Rocher. Cette dernière, après m’avoir fait part
- Comment se fait-il qu’on ne vous ait pas découvert plus tôt ?
de ce qu’elle appelait son « enthousiasme » et m’avoir fait lanterner, lanterner, lanterner pendant plusieurs mois, a finalement renoncé a son projet d’édition.
Bof, ça ne fait rien, likambo te, rien à cirer, j’ai aussitôt réintégré mon statut d’écrivain électronique et continué d’écrire mes textes impubliables : « Grand Satan et la pancréatite » (qui me vaut d’être, selon Togocultures, « leplus Togolais des auteurs belges ») « Butembo ! »(compte-rendu en musique d’un voyage dans le temps à Kinshasa, suivi d’un conte ampliatif, pas du tout pour enfants, « La princesse et le chasseur », 2007-2008).  De cette époque, surtout, date la création (encouragée particulièrement
- Ecris-nous des p’tits trucs, faciles à lire sur l’écran… Pas de grosses tartines (dégoulinantes de miel et de cambouis) !
par Carmelo Virone qui me dit aimer bien le côté "agence de presse", en réaction immmédiate à l'actualité collective ou privée) de « Ana et le Congo », AnaCo (diffusion en 2006-2007, des dépêches-samizdats des séries « La vie au taux du jour » et « Vieux Didier s’intronise Président-Fondateur de la branche congolaise de la famille), suivie (2008) des séries de chroniques « Huppé cul ! », « Cécécé » et « Les infoutus de la vie » qui, toutes, procèdent d’une approche similaire : des histoires brèves (lisibles sur écran, qu’on zappe ou qu’on imprime, qu’on classe ou qu’on supprime) ; des histoires qui s’intègrent dans un ensemble plus vaste (à charpente plus ou moins souple, à sauce plus ou moins gluante), comme des pièces d’un puzzle, à travers un dénominateur commun, des personnages récurrents et parfois même une trame (souvent obscure) ; des textes diffusés immédiatement après avoir été écrits, « just in time », par e-mail (à la merci des FAI :Un nouveau groupe armée? Meuuunon, des fournisseurs d’accès internet !) ; un public ciblé qu’on encourage ou qu’on défie « on line » et, de préférence, « en live » (on sait très vite à quoi s’en tenir)  et qu’on invite à réagir, à acquiescer ou à contredire, à enchérir ou à renâcler, à se rallier ou à se rebeller, etc… (fin septembre 2008- avril 2009 tiiiiiii…) ;


5. Une ultime demande en mariage ?

Mûre (presque blette), voilà que, en automne 2008 (presque en hiver), Jodi est enfin demandée en mariage par un type apparemment sérieux, Daniel Simon. Les fiançailles seront longues (jusqu’en septembre 2009). Pourvu que Jodi ne perde pas tous ses charmes d’ici là. Et que je sois toujours en vie pour assister à la fête.

DDL
2008-2009



* « Jodi, toute la nuit » (intitulé aussi, à l’époque, « Ils sont tous presque mariés et moi je n’suis qu’une serveuse ») et « Impasse des Murmures, Jozef » (également intitulé « Bon’joir » ou « La mort d’un sorcier, on fait la fête ») ont été mis en chantier (et écrits « parallèlement » !) aussitôt après la parution en 1998 de mon premier roman « Le cul de ma femme mariée » aux éditions Quorum.

 

** A Kinshasa,  en 1968, Anastase Nzeza Bilakila publia quelques premiers "crayons" de Jodi (encore à l'état foetal) dans la revue "Présence universitaire" dont il était le rédacteur en chef (n°28, d'avril-mai 1968)

 


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