A propos, en amont, en aval de (ou sans trop de rapport avec)"Jodi, toute la nuit", un roman de Didier de Lannoy
Une vache savait
Les trafics d’hosties consacrées (revendues au noir à des divorcés, des satanistes ou des sans-papiers), les troncs fracturés, les canailleries des acolytes dans la sacristie, les apparitions mariales et les parties de cache-cache et de touche-pipi au jubé ou dans les confessionnaux ou en dessous de l’autel ou derrière le banc de communion, la disparition de la chaîne Hi-Fi offerte par un comité de paroissiens...
Une vache, parquée dans un pré, juste en face
- Et moi, j’vous dis que Monsieur not’ Curé a été attaqué, vers 18 heures trente, après les vêpres, alors qu’il venait de quitter son établissement, pourtant réputé sans histoires, avec toute la recette du week-end… et qu’il se pressait de rentrer chez lui… et qu’il se trouvait à moins de cent cinquante mètres de la maison qu’il occupait, avec son infoutue, à l’entrée du village, près du cimetière !
de l'église, avait tout
- Et c’est le Mario* de l’infoutue qui a fait le coup !
vu. Rien ne lui avait échappé. Et personne n’avait pensé
- Je sais tout ! Avant de m’installer à la campagne, je travaillais à Jemelle, près des rails ! J’ai pris l’habitude de regarder !
à l’interroger.
* Le Mario ? Le p'tit poussin, quoi !
{A propos de ce texte
Pascale Devil, après avoir reçu la version "retravaillée" du texte, m'écrit :
Un homme-cheval
Un homme-cheval tirait une voiture à bras.
C’était le marchand de pommes de terre dont la charrette servait parfois, à l’aube, en cachette des bons chrétiens
- En cas d’épidémie ! Par temps de canicule ! Sur réquisition du bourgmestre !
à transporter les corps des infoutus, enveloppés dans des chiffons, jusqu’à la fosse commune
Un champignon, planqué sous un cyprès, regardait un escargot passer et se mettre à l’abri des rayons du soleil et
enrageait de ne pas pouvoir l’accompagner et
ne mourait pas écrasé sous les roues de la charrette du marchand de pommes de terre.