A propos, en amont, en aval de (ou sans trop de rapport avec)"Jodi, toute la nuit", un roman de Didier de Lannoy
{A propos de mon dernier article, "Jodi-la-poisse"
Tristan Guilloux m'écrit:
"... mais il ne faut pas laisser tomber tes envois... au du moins rappeler régulièrement que ton site existe"
et Nicole Legrand me signale que de nombreux papes et chefs d'Etat continuent de sévir après 70 ans...}
Ce n'est pas comme ça qu'un infoutu se retrouve au Paradis
J'emprunte un ascenseur à grande vitesse... dont les freins subitement lâchent et
- Quelques mots dévalent les escaliers de secours en hurlant, d'autres sautent par la fenêtre, se jettent dans le vide !
qui rate l'arrêt du dernier étage et poursuit sa route jusqu'au ciel...
Bon, d'accord, je vais cesser d'être drôle...
Je décide de mettre fin à ma carrière d'humoriste et de ne plus fouetter un chat avec la queue d'un homard...
La mort du p'tit poisson
Et je vais... je vais, je vais, je vais... j'vais m'r'mettre à écrire, comme avant, autre chose : des histoires de p'tites fleurs, de p'tits oiseaux, de chapeaux d'paille et de papillons d'toutes les couleurs...
... mais un vieux crime me revient à l'esprit : le principal personnage d'un de mes premiers romans (j'avais 11 ou 15 ans ?) était un p'tit poisson rouge... et ce beau p'tit prince, doré mais infoutu, était
- Je lui avais donné à manger des châtaignes ou des marrons crus ! Ou des billets de banque chiffonnés ou des pièces de monnaie qui sentaient encore la caque ou les aisselles ? Ou peut-être étaient-ce les premières serviettes hygiéniques de ma grande soeur ?
mort empoisonné dans son p'tit bocal avant même que je ne puisse imaginer la suite de son histoire...
Bon, d'accord... C'est désespérant, non ?
Quoi faire ?
Ecrire quoi ? Ne plus "imaginer d'histoire" mais prendre le risque de devenir chiant... et "faire de l'histoire" et rapporter "na ndenge na ngai" certains faits historiques et
- Mais beaucoup d' "histoires anciennes" perdurent, se perpétuent... se mettent au goût du jour (se contentant de changer de costard et de chapeau... de doctrine, de religion ou de couleur), non ?
les commenter "dans mes propres mots" ?
La colonisation est une oeuvre de civilisation, de progrès et de développement
à Marie-Louise Bibish Mumbu, ma grande petite soeur
On investit des nations. On assassine des rois et des chefs. On corrompt des notables. On s'approprie des terres fertiles, des fleuves poissonneux et des forêts giboyeuses. On s'empare de mines exploitées et de champs cultivés. On raille des croyances. On bafoue des lois. On réprime des coutumes. On étouffe des cris. On écrase des révoltes...
On les
- Tout le monde ! Les gens ! Les hommes et les femmes d'abord ! Mais les vieillards et les enfants aussi ! L'oeuvre de civilisation est une et indivisible ! Elle concerne l'ensemble des forces productives... qu'il s'agit de mettre toutes, sans exception, au service du progrès et de développement !
rafle, on les entrave et on les marque... On les compte, on les numérote et on les enregistre... On les vaccine contre la rage, la variole et la tuberculose... On les panse et on les bouchonne... On remplit leurs mangeoires et leurs abreuvoirs...
On les force à accepter (la selle et les étriers, le harnais, la bride et les oeillères, le mors et les éperons) d'être montés par des minettes et des gandins... Et, pour les contraindre à supporter des situations intolérables ou à effectuer des tâches contre-nature, on les cravache avec des fouets en lanières de cuir d'hippopotame...
Et quand ils sont à niveau, on leur attribue une âme, on les baptise et on les envoie
- On ne peut rien y faire, ce sont quand même tous des infoutus !
creuser, planter, cueillir, façonner, chanter... jouer, terrasser et tirailler... dans nos gisements, nos plantations, nos vergers, nos usines, nos églises... et sur nos terrains de foot, nos routes et nos champs de bataille...
Mais on n'oublie jamais
- Ben voyons ! Participation aux frais (PAF), non ?
de leur faire payer l'impôt, de fourrer leurs gentilles petites filles et d'enculer leurs jolis petits garçons.