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A propos, en amont, en aval de (ou sans trop de rapport avec)"Jodi, toute la nuit", un roman de Didier de Lannoy

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Deux textes de PATRICK MUDEKEREZA: "L'autre et moi" et "Ciel"

JODI, LE BROL
Le blog de Jodi ("Jodi le blog") est devenu, depuis janvier 2011, une lettre d'information: Jodi le brol*
Lettre d'information
Didier de Lannoy
2011


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Je reçois de

Patrick Mudekereza
 
deux textes qu'il m'autorise à diffuser

L'autre et moi et
 Ciel    

Bien sûr

- Trop du pubs, ces derniers temps ! Des infos à faire passer, des enjeux, des dates à retenir, ça fatigue ! J'allais me pourrir la tête ! Grave ! Passons au non-lucratif absolu: la libre écriture poétique ! 
que je les balance sur le blog de Jodi ! 



ddl




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L'AUTRE ET MOI


 

Accepter de plonger

Pas seulement se rapprocher de son rêve,

Mais oser plonger dedans. De toute sa hauteur

Le rêve est plus têtu qu’on ne le croit

Il survit à nos lâchetés, nos trahisons.

Se laisser submerger par la criante d’être enseveli

 

Surtout ne rien humer

Sentir est un leurre

Tout ce qui est loin n’existe pas

Il n’existe que nous et ce qui nous englobe

 

Là bas, demain, tout est en nous

La justice est à construire avec de la paille

Nous sommes l’aiguille qui dort dedans

L’air du temps se taira et nous pourrons alors dormir

Parce que l’univers entier est en nous.

 

J’attends les charognards

Que bruissent enfin les hululements des mouches vertes

Un bout de moi, de ma vie dans chaque petite bouche

Exporter un fragment de rêve inassouvi

Construire à tir d’aile un autre monde

Pour que les fleurs soient belles

Et mon ordure éternelle

Oh qu’elle est belle

Cette obscurité transcendante

Surtout ne placez aucun décor, aucun écho

Car plus rien n’entre lorsque tout est ouvert

Le plus grand enferment c’est le désert

L’éloignement rapproche plus que l’étreinte

Viens contre mon cœur, douce solitude.

Soudain, un cri

De toi

Jusqu’ici

Non, je ne pourrais pas.

Et tu le sais

La pâture des oiseaux ne vole pas sans bec

Où es-tu, toi qui crie ?

Le vent ne sait pas

Et Moi non plus

Et pourtant, on m’attend

 

Plonger dans l’eau le téléphone

Déconnecter le réseau des larmes

Sauvegarder la paix des anges

En ignorant la chute du feu

Qui s’enflamme en sens inverse

 

Pourtant tu n’es pas là

Et la lumière est traîtresse

Pourtant j’ai renoncé à vivre

Emmailloté dans la lune

 

Pas de trêve pour Lucifer

 

Choisir de partir…

 

 

 

 

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CIEL

Symbole d’une activité qui ne ralentit jamais, des milliers de termitières témoins de la lutte pour la vie se dressent vers le ciel.

Par des dizaines, elles ont été détruites par l’homme blanc pour y dresser sa propre termitière

Car si, à la surface, la terre du Katanga est pauvre, elle révèle en profondeur des matières dont l’exploitation a donné naissance à une industrie minière et métallurgique gigantesque, celle du cuivre. (Extrait du film Elisabethville, de Gérard de Boe, 1954)

 

 

La montagne de l’homme blanc est toute noire,

Et monte vers le ciel avec toute les pellées de nos sueurs profondes

Celles des négriers, imbibés de sang enivrant

Celles des chicotes, des lianes traitresses et des cordes qui pendent

 

La montagne de l’homme blanc monte vers le ciel

Et nous grimpons avec elle, joyeux, fiers d’évoluer

Fier de laisser derrière nous, nos obscures contorsions

Et nos chants inutiles et nos bâtons ridicules.

 

La montagne de l’homme blanc avale tout

Et la famille, et la vieillesse, et la santé,

La ville qui se déploie sur les sentiers de fumée

Le cœur qui bat au rythme de chants de sirène

L’amour qui gicle dans les rigoles de la gangue

 

Et la montagne de l’homme blanc s’arrête de pousser,

Le ciel n’en veut plus

De nous non plus

La ville flétrit, se rétrécit, et nous nous resserrons,

Attendons l’ultime bouffée de fumée blanche,

Et les sauveurs des saints des derniers jours.

 

Nous piochons maintenant vers ses enfers,

Et nous démolissons ses entrailles,

Dedans retrouverons-nous peut-être des nouveaux grands-oncles,

Jaunis par le soleil levant.

 

 

 



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* Pour accéder aux autres autres entreprises du groupe Jodi, cliquez sur :
http://jodi-book.over-blog.com/
 
("Jodi le book") et
http://lacarcasseetlesos.blogspot.com/
  ("Jodi le broc") et
http://jodi.over-blog.net/article-restez-bien--39731236.html
(dernière dépêche
, diffusée en novembre 2009, du blog de Jodi sous son ancienne forme)

 

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