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A propos, en amont, en aval de (ou sans trop de rapport avec)"Jodi, toute la nuit", un roman de Didier de Lannoy

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POLYDOR-EDGAR KABEYA: En Afrique, le "coopérant au développement » est un « expatrié ». En Occident, l'Africain - peu importe ses compétences - est un « immigré »...

 

JODI, LE BROL
Le blog de Jodi ("Jodi le blog") est devenu, depuis janvier 2011, une lettre d'information: Jodi le brol*
Lettre d'information
Didier de Lannoy
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Une bonne page (et quelques paroles bien frappées) de

Polydor-Edgar M.M. Kabeya

parue(s) dans Palabres**

Le développement ?
Ah ! Ce monstre du Loch Ness...

 

Je
- Nandimi ! Naboya ndenge nini ? A moins de scotomiser ***
diffuse

 

ddl
alias VbD   

 


** PALABRES n° 11, novembre 2010 :

Congo (RDC) - Belgique : Enfin des relations égalitaires ?
(Editions L'Harmattan, Paris, 85 pages, 11 euros)
Service promotion:

*** Ce mot-là (que je ne connaissais même pas il y a moins de cinq minutes), je l'utilise pour encambronner les "donneurs de leçons", les obliger à consulter leur propres dictionnaires
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Le développement ?
Ah ! Ce monstre du Loch Ness...

 

En avril 2008, une délégation ministérielle belge – composée de MM. Karel De Gucht (Affaires étrangères), Charles Michel (Coopération au développement), Pieter De Crem (Défense nationale) – arrive à Kinshasa. Une mission passablement mal négociée, au vu des couacs politico-diplomatiques qui tournèrent à la cacophonie – entre ministres belges eux-mêmes ! - et irritèrent les autorités congolaises.

Lors de cette visite, le ministre belge des Affaires étrangères prononça – devant ses collègues interloqués, faute de concertation préalable – une véritable philippique contre les autorités de Kinshasa, excipant du fait que les « 200 millions d'euros investis » en République démocratique du Congo – au titre de la coopération au développement – donnaient à la Belgique un « droit de regard moral » sur la politique de son ex-colonie !

Arrogance ? Maladresse ? Avatar paternaliste du colonialisme ? Sens du parler vrai ? Il n'empêche. Ces critiques, formulées publiquement – alors qu'il existe des voies diplomatiques pour ce genre de « franchise » dans les relations internationales – soulevaient derechef un vieux débat Nord-Sud, qui dépasse largement le cadre des relations belgo-congolaises, à propos du concept même de l' « aide au développement ». Un vrai fourre-tout ! Business déguisé ? Générosité désintéressée des nations nanties ? Mise sous tutelle des pays autrefois colonisés ?

Ne soyons pas hypocrites et ne nous gargarisons pas de sentiments altruistes véhiculés par des discours politiquement corrects. Les objectifs de l' « aide au développement » restent à la fois politiques et économiques, l'idéal pour le pays donateur étant que que les dépendances économiques et politiques soient entremêlées car, ensemble, elles produisent une situation complète d'État-client, selon la thèse de Tibor Mende – ancien Haut fonctionnaire des Nations Unies, chargé des questions économiques et des pays sous-développés.

N'est-il pas, déjà, assez symbolique – comme pour illustrer une épreuve de force et un partenariat inégal – que, selon la célèbre formule de l'écrivain et sociologue malien Hamadou Ampaté Bâ, la main qui reçoit se trouve toujours en dessous de celle qui donne ?

Voilà une cinquantaine d'années qu'une armada de consultants, experts et autres coopérants occidentaux s'acharnent au chevet de la « malade » Afrique pour extirper (bon gré mal gré ? ) les maux qui la rongent. Il faudrait croire que leur médication ressemble aux saignées sans fin d'un charlatan moyenâgeux servant, ainsi, à justifier leur présence « humanitaire » et « nécessaire » sur le sol africain ; car, à l'instar du monstre de Loch Ness, le développement – tel que circonscrit par les institutions de Bretton Woods – ne pointe pas toujours le bout de son nez à l'horizon...

Entre-temps, des milliers d'Africains refusent d'attendre sur place la terre promise par leurs « bienfaiteurs » compatissants et désintéressés ! Chaque jour – au péril de leur vie (trains d'atterrissage, embarcations de fortune, etc.) -, ils s'évertuent à fuir la misère pour rejoindre l'eldorado qu'ils espèrent trouver dans les pays de ces coopérants occidentaux qui, justement, sont censés venir en Afrique pour, tant soit peu, les « développer ». Le monde à l'envers ! Au fait, c'est quoi le développement ? A elle seule, cette question constitue tout un programme. De coopération !

Hier, la colonisation prétendait apporter la « civilisation » aux sauvages ; la coopération aurait-elle, de nos jours, pris le relais pour fourguer le « développement » aux pauvres ? Les sauvages d'antan étant devenus les pupilles politiques et économiques des anciennes métropoles, il serait donc de bon aloi de chaperonner leur démocratisation, leur bonne gouvernance et leur développement. Dans l'intérêt de qui ? Qui veut développer qui et pourquoi ? Selon quels critères ? D'où ce « droit de regard moral » que s'arrogerait la Belgique par rapport au Congo ? A qui profite réellement la fameuse « aide au développement » ? Poser toutes ces questions (et tant d'autres) c'est y répondre...

En Afrique, le coopérant occidental à l' « aide au développement » est un « expatrié ». En Occident, l'Africain – peu importe ses compétences - est un « immigré ». Ce n'est pas seulement une question sémantique. C'est tout dire...

 

Polydor-Edgar M.M. KABEYA

Rédacteur en chef de la revue « Palabres »

 

N.B. : Cet article est l'avant-propos de la dernière livraison de la revue « Palabres » :

Congo (RDC) – Belgique : Enfin des relations égalitaires ?

(85 pages, 11 euros)

(Éditions L'Harmattan, Paris)

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  ("Jodi le broc") et
http://jodi.over-blog.net/article-restez-bien--39731236.html
(dernière dépêche
, diffusée en novembre 2009, du blog de Jodi sous son ancienne forme)

 

 

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