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A propos, en amont, en aval de (ou sans trop de rapport avec)"Jodi, toute la nuit", un roman de Didier de Lannoy

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MUEPU MUAMBA, poète congolais, chante et écrit en français... et se lit aussi en chinois et en allemand...

 

 

JODI, LE BROL
Le blog de Jodi ("Jodi le blog") est devenu, depuis janvier 2011, une lettre d'information: Jodi le brol *

Pour accéder aux autres autres entreprises du groupe Jodi, cliquez sur :
http://jodi-book.over-blog.com/
 
("Jodi le book") et
http://lacarcasseetlesos.blogspot.com/
  ("Jodi le broc") et
http://jodi.over-blog.net/article-restez-bien--39731236.html
(dernière dépêche
, diffusée en novembre 2009, du blog de Jodi sous son ancienne forme)


Lettre d'information

Didier de Lannoy

2011
 


Les Cookies ? Cliquez sur:http://haikookies.blogspot.com/ 


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Un ami de toujours

Muepu Muamba 

me transmet quelques textes de combat...
 
Je

- Ses combats sont les miens et la lutte continue ! 
diffuse


Muepu Muamba, poète de la République Démocratique du Congo, chante et écrit en français... et se lit aussi 
- Le cantonais ? Le mandarin ?
en chinois et en allemand
**...


Le premier texte
diffusé
- Die Einschleicher ou
Clandestins

ci-dessous l'est
dans ses deux versions (ou, si on préfère, dans ses deux langues ou ses deux "musiques"), l'allemande et la française... J'espère aussi
- Très bientôt ! Muepu me l'a promis !

être en mesure de diffuser, sur le blog de Jodi, un autre texte de M.M.

- Das Schwindelgeschäft ou
L'arnaque

en allemand et en français...



ddl

alias Vié ba Diamba


 

** La poésie de la RDC se chante et s'écrit en lingala, en swahili, en kikongo, en tshibuba...
elle se chante et s'écrit en français...
elle se chante et s'écrit... ou se lit... dans plusieurs autres langues du monde, des langues d'accueil et d'ouverture... en anglais, en néerlandais... et, bientôt, il faut l'espérer, en arabe, en japonais, en quechua, en portugais, en russe, en wolof, en éwé, en espagnol...

elle se chante et s'écrit aussi, dès à présent, en allemand...

De simples traductions ? La poésie ne peut jamais "simplement se traduire", il y a reconstruction, réécriture...


 Fiston Nasser Mwanza également s'est "mis à l'allemand":
Cliquez sur:

http://www.kulturvermittlung.org/primcell.php?lang=dt&bas=&rel=5&main=pubs&ida=2#71
 

 

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Voici, dans sa version en langue allemande, suivie de sa version en langue française,  un premier texte transmis par Muepu Muamba  :

 

 

DIE EINSCHLEICHER

 

Für Pascale Hublain

 

 

Einer Schreckensflut gleich

kamen sie aus eisigen Ländern

von den äußersten Grenzen

die Einschleicher

sie hatten zur Durchquerung

unserer heißen Lichtungen außer ihren Rüstungen

die Pracht ihrer gierigen Grausamkeit

kein anderes Visum dabei

die Einschleicher

schlimmer als Raubtiere

haben sie ganze Kontinente ausgeweidet

sie mit Blut überflutet

im heiligen N a m e n des „Du sollst nicht töten“

die Einschleicher

da wir Wilde waren

ohne G e s c h i c h t e

haben sie uns durch unsere Ur-Wälder gejagt

um uns mit Peitschenhieben

Humanismus ins Fleisch zu tätowieren

die Einschleicher

da wir Wilde waren

ohne ruhmreiche Vergangenheit

haben sie uns auf den giftigen Decks

ihrer von biblischen Gallionsfiguren

gesegneten Galeeren in Ketten geschlagen

verschleppt

die Illegalen

um alle wildreichen Tasmanien

zu rentabilisieren

die sie durch die Blutlüsternheit

ihres Appetit auf Razzia

ausweideten und dezimierten

die Einschleicher

immer mit der Macht der Peitschenhiebe

haben sie Tausende von uns gezwungen

die Verteidigung zu übernehmen

das Blut zu opfern für ihre übel zugerichtete Freiheit

durch ein fauliges Monstrum

hervorbrechend aus den Flanken jenseits des Rhein

die Illegalen

sie haben sich unsere Länder ergaunert

haben sie sich angeeignet

sie hatten außer der jubelnden Barbarei

ihres tötenden Kugelhagels

keine andere Aufenthaltsgenehmigung dabei

die Einschleicher

sie haben ganze Kontinente

in Elendsquartiere des Geistes verwandelt

die Illegalen

die Eingeschlichene

die sie doch immer bleiben unfähig sich ein Visum

zu beschaffen um die Grenzen ihrer

eigenen Glaubensbekenntnisse zu überqueren

die Illegalen

Ufer ihres eigenen Gewissens plattgewalzt

durch die Grobheit der Lüge

die Einschleicher

saubere Prinzipien auf tragische Weise verdrängt

und illegal zu sich selbst geworden

die Einschleicher.

 

Paris 10.4.1995

 

Muepu Muamba

 

Übersetzung: Maria Kohlert-Németh

in: et si…und wenn…Lyrik, Muepu Muamba, Grafiken von Claudia

Lüke, edition workshop kultur, Gladbeck 1999

In: Ceschichte

betrifft uns

6.2004 Aachen, Deutschland

CLANDESTINS

 

à Pascale Hurblain

 

Tel un torrent d’épouvante
ils sont venus de glaciales terres
de confins

les clandestins

n’ayant comme unique visa pour traverser

nos lisières chaudes que leurs armures

la somptuosité de leur cruauté cupide

les clandestins

pires que des bêtes de proie

ils ont étripé des continents entiers

les ont inondés de sang

au n o m sacré de " Tu ne tueras point"

les clandestins

puisque nous étions sauvages

sans h i s t o i r e

ils nous ont traqués à travers nos forêts

vierges pour nous tatouer à coups de fouet

l’humanisme dans la chair

les clandestins

comme nous étions sauvages

sans passé glorieux

dans les “gales“ de leurs bateaux bénis

aux proues bibliques

ils nous ont enchaînés emportés

les illégaux

pour rentabiliser toutes les giboyeuses

tasmanies éventrées

décimées par la férocité de leur

appétit de razzia

les clandestins

toujours de force à coups de fouet

ils ont obligés de milliers d’entre nous

d’aller défendre

d’offrir le sang pour leur liberté malmenée

par un monstre putride jailli de flancs

d’outre rhin

les illégaux

ils ont escroqué nos terres se les sont

appropriées n’ayant comme unique carte

de séjour que la barbarie en liesse

de leurs mitrailles tueuses

les clandestins

ils ont métamorphosé des continents entiers

en bidonvilles de l’esprits

les illégaux

mais clandestins

ils le restent toujours incapables de se trouver

un visa pour passer les frontières de leurs

propres professions de foi

les illégaux

rives de leur propre conscience laminée

par la grossièreté du mensonge

les clandestins

principes propres devenus tragiquement espacés

et illégaux à eux-mêmes

les clandestins.

 

 

Paris, le 10.04. 1995

 

Muepu Muamba

in: et si…und wenn…Lyrik, Muepu Muamba, Grafiken von Claudia

Lüke, edition workshop kultur, Gladbeck 1999

 

 

 

 

Et voici, uniquement en langue française,  un deuxième texte transmis par Muepu Muamba :

 

 

SILENCE

 

à Damase

 

Prière de ne pas déranger ici la mort

s’offre à un prix modique même à crédit

selon la règle d’or de non-ingérence dans

les affaires intérieures les états sont

souverains mais les hommes non ils sont

le troupeau discrétionnaire de ceux qui

réussissent à voler des nations entières

sans aucune conséquence pour eux-mêmes

ceci est gravé en lettres de sang dans toutes les

chartes depuis que le monde est monde que

peuvent les cris paraplégiques des mauviettes

ces riens qui ont les foies la gérance est l’art

de l’insensible pour des êtres doués d’estomac

en acier trempé personne ne peut semer sans

casser les oeufs aux yeux cernés de rides sans

cannibale dépensant douze-hommes seconde le

bonheur devient une rêverie insensée qui veut

la fin doit les moyens le renard et fort le lion

malin voici ce qui en coûte à l’agneau d’être

candide il ne suffit pas de bêler le vent en

dissout les miasmes qu’importe si tout finit dans

la casserole silence ici l’assassinat s’accomplit à

moins cher voire par procuration selon la règle

d’or de non-intervention dans les affaires

intérieures du sonore jaillit le jeune vieillard

au parfum de carnage en quête de la pure

domination sa fiancée à la plume impérissable

tremblante dans la chair des morts qui n’est

pas allé à stalingrad ni à auschwitz l’homme

n’est pas une situation d’exception la passion

de l’horrible comme exaltation homéopathique

de purgation frappe par son immensité ses cours

d’eau ont des millions des millions de kilomètres

de long la course puissantes de vagues purpurines

ronge la vie nous avons gagné la terre ferme avec

tous les signes de mal de mer ces coupures ont un

passé et un futur là-bas en ce jardin de puissance

fertilisée à l’ouest du surhumain le jardinier hitler

avait semé l’année dernière sur d’étroites bandes

des graines sélectionnées pour essayer de nouvelles

plantes et surtout renforcer leur supériorité cela lui

a tellement bien réussi que presque à chaque

semaillesle grain toujours tombera sur de la

bonne terre et ses richesses naturelles nul ne peut

en calculer les entrepôts souterrains mais l’histoire

de l’humanité dans le mystère sinistre de ses

profondeurs contournera en quelque sorte cette

épinaie pour l’organisation de bagnes et alors la

force de la terre et les récoltes augmenteront.

 

Cotonou, le 9 juillet 1981

 

Muepu Muamba

 

In Devoir d’ingérence

P.Kivouvou Verlag- Editions Bantoues

Brazzaville Heidelberg

R.P. du Congo R.F. d’Allemagne

1988


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Quelques éléments de bio-bibliographie  de Muepu Muamba:
Muepu Muamba est né 1946 en RDC. Il vit actuellement à
Frankfurt am Main, en Allemagne. 

Principaux textes publiés:
-
Et si…und wen, éd. (bilingue) Workshop Kultur, Gladbeck, 1999.
- Moi Qui T’Amour, (dessins de Gisela Kohn-Mwema), éd. Tétras Lyre, Coll. Lettrimage, Soumagne, 1997.
- Devoir d’Ingérence, Ed. P. Kivouvou - Ed. Bantoues, Brazzaville-Heidelberg 1988.
- Afrika in eigener Sache, (en collaboration avec Jochen Klicker, et Claude Paysan, Photographe), Ed. Peter Hammer, Wuppertal, 1980 (essai)
- Ventres creux, éd. Centre Africain de Littérature, Kinshasa, 1974.

 



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