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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 10:49

Jodi, le blog

Le blog de Jodi ("Jodi le blog") est devenu*, depuis janvier 2011... un « blog littéraire », peut-être ? Meuuuuuunon ! Omona wapi ? Une toute simple, très banale et sans prétention...

Lettre d'information
Soki News of the World ? Soki B.I., soki mabanga !

Didier de Lannoy
2012


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Veuveresse y bomoyi  (Veuve d'un vivant... ainsi appelle-t-on Mwana Danzé). Cliquez sur  : http://veuveresse.blogspot.be/ 
Signatures automatiques... et en couleur
(Vieux Zumbel chez les Froids). Cliquez sur: http://caleseche.blogspot.com/
Kamundele na makayabo (Cookies ya Kin).Cliquez sur : http://kamundele.blogspot.com/ 
Faits de société (Ana et le Congo, série 4).Cliquez sur:http://anaco3.over-blog.net/
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Suite à un "problème technique" les textes de Yoka Lye et de Bibish Mumbu ont été transférés sur le blog "Veuveresse ya bomoyi"
Cliquez sur
:
http://veuveresse.blogspot.be/2012/11/bibish-mumbu-et-yoka-lye-mudaba-les.html

 

Les écrivains congolais sont en colère !

 

M23, nouvelle tentative de balkanisation du Congo, laissez-faire et complicités "internationales", manipulations locales... et pendant ce temps-là le peuple congolais est toujours dans la merde

André YOKA LYE MUDABA

vient de publier, à Kinshasa
dans 
Le Potentieldu 30 novembre 2012
un de ses « confidences de chauffeur de ministre » intitulée

 
Guerre : Pleureuses à l'assaut de la Grande Ambassade et de la Monusco

 

tandis qu

Bibish Mumbu   

très énervée, a «  juste posté un quelque chose sur son blog question de dé-grrrr.... »

 

Que quelqu'un aille leur dire

suivi de

Lettre au disparu, à l'absent

   

Je
J
e lisdans “Pili-Pili” du 22 novembre 2012 que “l’ombre” des Canadiens de FIRST QUANTUM, déboutés de leurs “droits miniers” à l’issue de la revisitation des contrats

(j’en parlais déjà en 2010 dans AnaCo 3/5: http://anaco3.over-blog.net/article-anaco-3---a-la-faveur-de-la-hausse-du-prix-des-minerais-les-mining-reviennent-en-force-45851934.html: D’autres entreprises minières… dont les contrats avaient fait l’objet d’une « revisitation »… grondent, fulminent, se cabrent, font du chantage, menacent … et Mike Farmer, Country Manager de la firme canadienne First Quantum Mineral ltd (dont le projet Kingamyambo Musonoï Tailings, KMT, projet d’exploitation des rejets miniers de Kolwezi, a été résilié) rappelle que les opérateurs miniers « sont capables du meilleur comme du pire » et entend faire passer(ou « bien envoyer » - sic - comme écrit dans AfricaNews, n° 405 du mercredi 16 au jeudi 18 décembre 2009) un message fort aux autorités congolaises… )planerait sur le financement du M23”... et que, précédemment, “des miniers canadiens avaient investi des millions de dollars” dans la campagne électorale électorale d'un des candidats aux élections présidentielles. On parle aussi de la prospection pétrolière dans le parc des Virunga, de Tony Blair, de certains intérêts liés aux USA... dont la « Grande Ambassade » est, à présent, assaillie par les pleureuses. De même que le quartier général de la Monusco. L'inertie ou la « lâcheté » des soldats de la Monuscouilles molles (ce n'est pas moi qui ai inventé l'expression... mais comment seretenir de la citer ?) stupéfient...je m'en étonne et on m'invite alors à relire la réponse donnée par le porte-parole militaire de la Monusco sur la « démonstration de force par paliers successifs » en réponse à une question d’un journaliste lors de la conférence de presse hebdomadaire One UN du mercredi 25 juillet 2012 :
Question du journaliste :

« (…) j’aimerais savoir si oui ou non la Monusco a ouvert le feu hier contre le M23, à Rutshuru ? »
Réponse du Commandant Thibaut De Lacoste, Porte-parole militaire MONUSCO a.i : « Maintenant, concernant l’emploi de la force avec les hélicoptères d’attaque, je précise un petit peu ce que signifie cette notion de « démonstration de forces ». La démonstration de forces vise à employer la force de façon démonstrative, dans un but dissuasif. Elle se fait par différents paliers qui sont autant de gradations, avant d’en arriver à l’extrême limite qui est l’utilisation de la force létale. Donc, ce qui a été le cas dans ce qui s’est passé ces derniers jours, ces différents paliers ont été suivis progressivement sans que pour l’instant, nous ayons été amenés à ouvrir le feu dans un but de neutralisation ou de destruction. J’entends par là, ces différents paliers sont un petit peu les suivants, de façon un petit peu schématique, je dirai : le premier palier d’une démonstration de forces consiste simplement à un survol bas de l’aéronef, au dessus des positions qui ont été identifiées, qui permettent de passer le message suivant, selon lequel, « les individus au sol ont été repérés et qu’on est capable de les surveiller et de suivre leur évolution » ; le deuxième palier consiste à tirer ce qu’on appelle « flare » thermique ou des fusées éclairantes qui sont un petit peu visibles et qui permettent de passer le message suivant, de dire « attention, non seulement nous avons vu, mais nous sommes capables d’ouvrir le feu sur vos positions » ; le palier suivant, dans l’emploi de la force, serait pour le coup, l’utilisation des munitions réelles mais tirées délibérément à côté de la position visée, pour indiquer « non seulement nous avons vu, nous sommes capables de tirer sur vous, mais en plus, voyez quels effets nous sommes capables de produire sur vous si vous franchissez la ligne rouge ». Voilà un petit peu les différents paliers successifs que nous pouvons observer dans le cadre de démonstration de forces. Donc, le principe de la démonstration de forces peut évidement impliquer les tirs de munitions réelles, comme je vous l’ai expliqué, sans que ce soit véritablement dans un objectif, dans une intention de neutralisation. Maintenant, quand cela ne suffit pas, évidement, nous pouvons toujours envisager l’extrême limite d’utiliser la force dans un but de neutralisation ».

diffuse  


ddl
alias Vié ba Diamba

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 19:31

Jodi, le blog

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A propos du tintinisme (ancien et nouveau) sous toutes ses formes...
et, notamment, de l’ouvrage de David Van Reybrouck : Congo. Une histoire


L'écrivain 
André YOKA LYE MUDABA


vient de publier, à Kinshasa
dans Le Potentiel du 9 novembre 2012
un article intitulé

 
"Benda Bilili" : éloge de la commisération ?

   

Je
J'ai pu

- Comme un coupeur de routes !
intercepter un exemplaire de "Congo. Une histoire" de David Van Reybrouk qui m'avait été confié, à Bruxelles, pour une amie de Kinshasa (et que
- Nzambe !
je lui remettrai... aussitôt qu'une autre amie me communiquera les coordonnées de la première... et si ça prend du temps, ce n'est pas graaaaaaaaaaave, oh !)
et j'ai pu me faire une première idée du bouquin  qui, pour l'essentiel, mis à part quelques entretiens (plus ou moins pertinents), consiste en une compilation (on n'apprend RIEN de vraiment neuf sur à peu près tout... sauf, peut-être, sur ce que l'auteur a pu observer et vérifier personnellement : un concert publicitaire de Werrasson à Bumbu, les heurs et les infortunes de Jules Bitulu et de quelques autres membres de la communauté congolaise de Guangzhou, ex-Canton, etc...), souvent alerte et
-
Un pagne zoba-zoba versicolore et flamboyant ? Un chef-d'oeuvre de littérature néo-coloniale s'inscrivant dans la ligne (bienveillante, empreinte de "bonne volonté", pleine de "bons sentiments", faisant preuve d' "empathie pour le point de vue local",  compassionnelle, etc) de "Jours de brousse. Congo, 1940-1945", le journal de Vladimir Drachoussof, alias V. Souchard ? Un montage habile ou "astucieux" de sources écrites... et de sources orales censées valider les premières et l'interprétation, souvent très personnelle, qui en est faite... avec quelquefois de très grosses ficelles, notamment lorsque l'auteur, à plusieurs reprises, fait mine de se référer à un certain Etienne Nkasi, alias "vieux Nkasi", se déclarant "né en1882" (et mort en 2010...  dont on peut supposer que la photo figure en page de couverture de la première édition de l'ouvrage, en langue néerlandaise... et dont le "témoignage" couvrirait, avec une égale pertinence, chacune des différentes époques de l'histoire du Congo moderne, de l'Etat Indépendant du Congo à la République Démocratique du Congo... omona yango wapi, ndeko na ngai ? omona ngai yuma ?) pour valider son récit et/ou légitimer sa démarche ?
plutôt bien enlevée
(au plan littéraire), rédigée dans un stylo oral agréable à lire, de différents « travaux » connus (plus ou moins pertinents) que l'auteur-vulgarisateur, très professionnel et maîtrisant son art avec un brio évident, parvient à rendre accessibles à des non-spécialistes. De quoi s'agit-il alors ? D'un reportage dans le temps réalisé (en vue de quel effet et destiné à quel public ? aux frais de quelles "agences" et/ou pour quel "Petit Vingtième et Unième" ?) par un néo-Tintin ? D'un safari historico-politique ou d'une carbonnade à la bière trappiste de Westvletteren ou de Chimay
(ou d'un waterzooi ou de « boulets sauce lapin ») destiné à régaler
- Papy et Bompa, oh ! vous nous en aviez caché des choses !

les enfants, petits-enfants (etc), légitimes et illégitimes, reconnus ou non reconnus, des coloniaux: RP Jésuites, soeurs du Sacré-Coeur, missionnaires de Scheut, officiers de la Force Publique chargés de mâter les révoltes populaires, agents territoriaux ayant pour tâche de maintenir l'ordre et de percevoir l'impôt de capitation (devenu ensuite la CPM et dont la fonction principale était de contraindre les paysans à entrer dans l'économie de marché en les obligeant à vendre leur force de travail... pour pouvoir payer l'impôt et éviter ainsi le "bloc" et la chicote) et de veiller à la bonne exécution des "travaux d'ordre éducatif", agronomes contrôlant les "cultures imposées" et commissionnés "juges de police à compétence retreinte" (appelés, à ce titre, à infliger des peines de servitude pénale aux agriculteurs récalcitrants ou défaillants) et
- Ce qui leur permettait de se déplacer avec leurs prisonniers et de les utiliser comme main d'oeuvre servile... Cela se faisait dans les règles, ce n'était plus de l'esclavagisme sauvage comme sous le régime féroce et implacable (voire "terroriste" dans la mesure où il s'agissait de frapper de terreur toute une population : des hommes, des femmes et des enfants) de Léopold II, on respectait la procédure... "Dominer pour servir", tel était,  dès 1932, la nouvelle ligne de conduite fixée par le Gouverneur général... Et l'administration de la chicote était, au Congo belge, strictement réglementée !

"gardiens de prison intinérants" et autres "petits personnels" chargés de l'encadrement (endoctrinement et lavage des cerveaux - tâche largement sous-traitée aux missionnaires catholiques, prolétarisation des masses rurales, formation de la main d'oeuvre dont le capitalisme colonial avait besoin, entretien de leur force de travail) et de la surveillance d'une population entièrement mise à la disposition des colons-planteurs et des grandes entreprises minières
(médecins, infirmiers, agents sanitaires, enseignants, contremaîtres, commissaires de police, agents de la sûreté...), collectionneurs de papillons "tropicaux" et d'objets d'art "indigène" (statuettes Pende, tapis du Kasaï, etc) et ethnologues mesureurs de crânes... et de ceux qui, depuis 1960, ont continué l' « oeuvre civilisatrice » des anciens chicoteurs : les assistants techniques, coopérants nationaux ou internationaux,  spécialistes en "développement", experts en "management by goal" et en "bonne gouvernance", mercenaires, narcotrafiquants, anthropologues et "africanistes" de tout poil (appartenant, parfois, à des chapelles rivales... et se faisant une concurrence effrénée), chercheurs de têtes, dénicheurs de talents et d'artistes (à exhiber dans des fêtes foraines), prospecteurs pétroliers et miniers, débaucheurs de joueurs de foot, envoyés spéciaux, journalistes et photographes "culturels", galeristes et organisateurs de spectacles, diplomates et hommes (ou femmes) politiques "donneurs de leçons", hommes (ou femmes) d'affaires en tous genres, voyageurs de commerce, lobbyistes et commissionnaires, importateurs de "produits de première nécessité", vendeurs d'armes, protecteurs d'espèces menacées, trafiquants de minerais précieux, évangélistes, informateurs, analystes et barbouzes, touristes sexuels et bienfaiteurs humanitaires (maintenant le pays  sous perfusion et pouvant faire obstacle à son développement endogène)?
J'ai donc lu, dans l'avion qui me ramenait à Kinshasa, « Congo. Une histoire » de David Van Reybrouck... et je me suis rappelé une phrase de la dernière lettre adressée par Patrice Lumumba à Pauline, son épouse: "L'histoire dira un jour son mot mais ce ne sera pas l'histoire qu'on enseignera aux Nations Unies, Washington, Paris ou Bruxelles, mais celle qu'on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et ses fantoches. L'Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au Nord et au Sud du Sahara, une histoire de gloire et de dignité"
Et cette lecture m'a mis mal à l'aise...

Je m'en expliquerai plus longuement et très bientôt dans une nouvelle dépêche de « Veuveresse ya bomoyi » (cliquez sur:
http://veuveresse.blogspot.com/2012/11/bandoki-basili-te-propos-de-david-van.html).

Deux jours plus tard, fort heureusement, j'ai lu un article de André Yoka Lye Mudaba
(signé à Paris le 25 octobre 2012 et paru à Kinshasa dans Le Potentiel du 9 novembre) intitulé « Benda Bibili : éloge de la commisération »... qui  aborde la question de la légitimité et prône, avec Achille Mbembe, de restituer la parole aux ayants-droits !
Et je me suis senti rassuré...
 
diffuse
 

 

 


ddl
alias Vié ba Diamba

 

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« BENDA BILILI » : ELOGE DELA COMMISERATION ?


On devrait se réjouir de la forte promotion autour de l’orchestre kinois « Benda Bilili » constitué majoritairement de musiciens vivant avec handicap, et, en principe , issus de milieux défavorisés de la périphérie de Kinshasa.

On devrait être fier du fait qu’il y a deux ans, au Festival de Cannes, le documentaire réalisé par Renaud Barret et Florent de la Tullaye ait fait parler autrement de la RD.Congo, c’est-à-dire en bien ( l’on sait combien bon nombre de médias étrangers restent passablement tendancieux par rapport à l’Afrique noire).

On devrait se féliciter qu’encore une fois, la musique congolaise moderne, ait malgré tout redoré ses palmes et son image à l’échelle internationale. Le simple fait qu’à travers le monde (principalement en Europe occidentale), non seulement les médias mais aussi les vidéothèques et les librairies fassent des espaces privilégiés aux supports consacrés à « Benda Bilili », est un signe qu’il s’y effectue quelque part un changement de regard et de perspective, un frémissement par rapport à la créativité des artistes kinois. A Kinshasa, toutes les chancelleries ne se pâment que sur « Benda Bilili », même si l’on y écoute ou l’on y danse ses rythmes généralement à contretemps…

On peut constater que, malgré les tournées de plus en plus fréquentes et à prétention professionnelle du groupe musical, on ne note presque pas de fugues de la part de ses jeunes musiciens, signe probable de discipline et de cohésion.

Tout cela étant dit, il y a quand même quelques bémols et quelques épines à cette couronne de lauriers, et notamment en ce qui concerne les questions d’éthique et d’esthétique. Et d’abord la situation des musiciens : ceux-ci auraient-ils eu autant d’appuis promotionnels s’ils n’étaient pas des personnes vivant avec handicap ? D’autant que ce penchant « humanitaire » fait mode et recette aujourd’hui en Occident. Les films ou reportages à succès comme « Le Rebelle » (film canadien de Kim Nguyen), ou « Congo-River » (du Belge Thierry Michel), « Cimetière » (du Belge Filip De Boeck), le récit « la danse du léopard » de la Hollandaise Lieve Joris, etc. n’ont conquis leurs suffrages élogieux en Europe et aux Amériques que parce qu’ils titillent ce qui reste comme imageries populaires plus ou moins inconscientes là-bas : l’Afrique de la brousse, l’Afrique des ténèbres, l’Afrique de l’« invisible », l’Afrique des superstitions fétichistes, l’Afrique misérabiliste, mais néanmoins toujours Afrique exotique et bon enfant. Même la dernière chronique « Congo, une histoire » (du Hollandais David Van Reybrouck), déjà si célèbre en Europe, n’échappe pas à ces clichés, malgré quelquefois la bonne volonté et les « bons sentiments » de l’auteur. Ces films, reportages ou chroniques apparaissent du coup directement ou indirectement comme des messages messianiques, alternatifs. D’autant que du point de vue de la seule créativité artistique, « Benda Bilili » n’est pas d’une originalité notable. Il existe à Kinshasa des dizaines de groupes musicaux de jeunes des quartiers « en-bas-d’en-bas », pratiquant cette même rumba-ndombolo endiablée, sismique, avec des instruments étonnants parfois faits de bric et de broc et de « récup », et souvent démontrant plus de recherche, d’originalité et de talent artistiques.

Tous comptes faits, « Benda Bilili » a récolté plus de succès en Occident qu’à Kinshasa, à l’exception (ou à cause) des réseaux des chancelleries européennes, comme dit précédemment.

Par ailleurs, le tintamarre fait sur le groupe n’indique pas clairement et en toute transparence les destinations des droits d’auteur et des droits voisins, sans doute parce que l’attraction et les villégiatures payées en Europe en faveur du groupe sont pour lui comme des récompenses suffisantes.

La rumeur kinoise, la fameuse « Radio-trottoir » si populaire et si puissante, annonce d’ores et déjà que les producteurs et les promoteurs de « Benda Bilili », forts de leur succès, avec ce groupe somme toute atypique, dirigeraient désormais leurs regards et leurs prétentions vers une autre expérience « exotique » : la communauté pygmée !

Ce qui est finalement délicat dans le débat (débat jusqu’alors à sens unique à cause du matraquage médiatique univoque) n’est pas tant le succès d’un groupe exfiltré des voies insondables et des critères impondérables du « showbusiness » ; mais l’exploitation non-avouable de l’image misérabiliste plus ou moins inconsciente, plus ou moins tactique, qui est mise en exergue : handicap physique et marginalité sociale. Le nom « Benda Bilili » même (littéralement « attirer, capter l’image ») ne dit-il pas cette velléité d’attirer l’attention et la commisération sur cette vulnérabilité sublimée ?

L’Afrique , et la RD.Congo en particulier, seraient-elles redevenues un autre eldorado anthropologique, un autre type de gisement de recherche et d’exploitation de la part de nouveaux « Tintin au Congo », de nouveaux « Professeur Tournesol », de nouveaux « Conrad » ( « Au cœur des ténèbres »), de nouveaux « Coppola » (« Apocalypse Now »), avec de nouveaux grands et bons sentiments boy-scout ? D’ailleurs, je ne sais plus quel auteur, parmi ceux à succès que nous évoquons ici, a dit que sur dix personnes qui parlent du Congo, neuf en disent du mal, et la dixième qui tente d’en dire du bien , s’en tire mal !

Et pourtant, sur l’autre versant de la vérité, des références positives nous interpellent : les beaux films décapants et toniques de Dieudonné Ngangura, « Kin-Kiesse » ou « La vie est belle », les chroniques et longs métrages à la fois poétiques et pathétiques de Raoul Peck sur Lumumba, le roman essentiel et puissant de Naipaul, « A la courbe du fleuve » ; le reportage sympathique de Mirko Popovitch et Roger Kwamy sur l’artiste Antoine Wendo, le roman de Sony Labou Tansi, « La vie et demie » ou le dernier « polar » de Jo Munga, « Viva Riva » ( quelle que soit sa tonalité « hard » et sulfureuse) ; la part des regards croisés de jeunes talents émergents en musique lors du Festival belgo-congolais YAMBI (2007), l’expérience itinérante du spectacle « Basali ya Zoba » (coproduction K.MU et un groupe d’Amsterdam)…. Et d’autres encore, mais enfouis sous l’amas des « best-sellers » et des « scoops ». il y a là des paradigmes porteurs, à la fois enracinés, contemporains, mais aussi représentatifs et respectueux des valeurs éthiques et esthétiques à la fois locales et universelles.

Devrait-on le redire sans choquer : les partenariats (bilatéraux ou multilatéraux), en termes de productions artistiques devraient donner aussi la bonne part et la parole légitimes aux experts locaux, une manière de « donner-recevoir », une manière de restituer cette parole, comme dit Achille Mbembe, aux « ayants-droits »…


Paris, 25 octobre 2012

Lye M. YOKA

Institut National des Arts de Kinshasa

 

 

 

 


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("Jodi le broc")
et

http://jodi.over-blog.net/article-restez-bien--39731236.html

(dernière dépêche, diffusée en novembre 2009, du blog de Jodi sous son ancienne forme)

 

 

 

 

 

 

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 12:19

 

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Depuis toujours

Roger MAZANZA

écoute ce qui se dit... où ça se dit, comment ça se dit et
- Qui parle à qui ?

dans quels milieux, en quelles circonstances...

Il vient à présent de publier
Le parler kinois

un "petit lexique du langage de Kinshasa"

aux éditions
LE CRI/BUKU



Je
Je n'ai pas encore lu le livre
- Dès que je sors de ma « bronchite », je me le procure ! Nzambe !!!
mais Roger est un ami... un amoureux des mots, un frère d'idées ! Je lui fais confiance... Par ailleurs, la francophonie des politiques, des diplomates, des journalistes et des "opérateurs culturels" en tous genres (et aussi celle des flagorneurs, des prédateurs, des normalisateurs, des donneurs de leçons et des condescendants) s'apprêtant à envahir Kinshasa, il est urgent
- De montrer les dents ?
- Meuuuuuuuuuuuuuuuunon
(quoique...) !
de marquer sa différence

diffuse

 


ddl
alias Vié ba Diamba

 

Toujours à propos du parler kinois et/ou de la façon, quelquefois "révolutionnaire", dont les Kinois se sont appropriés la langue française, on peut aussi (dans le blog de Jodi) cliquer sur

 

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Quatrième de Couverture

 

Le parlé kinois, pratiqué à Kinshasa et dans les communautés kinoises, constitue un mélange de lingala, de kikongo, de français et d’argot. Il ne respecte pas les règles de grammaire, mêlant le singulier et le pluriel, sans que cela ne vexe personne.

Ce lexique, loin d’être exhaustif – on s’en doute bien –reprend cependant bon nombre de termes, d’expressions à la mode aujourd’hui et, aussi, ceux qui ont fait le langage d’hier, en une sorte de rencontre des générations.

L’objectif consiste à faire découvrir, par les mots, à ceux qui s’intéressent à Kinshasa, un pan de la petite histoire de cette ville si accueillante et pleine de charme.

Le lexique se veut aussi l’expression de l’imagination débordante d’une population kinoise prompte à la dérision et à l’auto-dérision, mais dont la locution respecte une logique immuable, celle consistant à meubler un quotidien souvent rythmé par les problèmes de survie dans la chaude ‘’ambiance’’ de Kin-la-Belle, mais aussi par le questionnement d’une vie souvent sans grand espoir à l’horizon.


Joseph Roger Mazanza Kindulu Ndungu est licencié en Philologie romane de l’Université Lovanium de Kinshasa en 1971. Engagé en qualité de journaliste à l’Agence congolaise de presse (ACP) en 1973, il est permanent puis secrétaire de rédaction. En 1984, il est nommé rédacteur en chef chargé des publications et enquêtes, puis coordonnateur du cabinet du PDG de l’agence en 1985. Depuis août 1988, il est correspondant à Bruxelles

 



 


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(dernière dépêche, diffusée en novembre 2009, du blog de Jodi sous son ancienne forme)

 

 

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 17:46

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Le week-end, les journalistes se reposent et
- Mes « INFOS - RDC » fonctionnent au ralenti
les nouvelles se raréfient... mais pas les évènements...


Un poète
Muepu Muamba

continue de veiller, depuis toujours




Je
La relecture du poème « Immortalité » de Muepu Muamba me rappelle que, depuis toujours et sous tous les régimes, des hommes qui se croient supérieurs, des « têtes racées » (ou de nouveaux « aristocrates » d'une quelconque « nomenklatura »), persuadés d'être « nés pour gouverner », continuent de « décimer les fleurs du pavé ». Et que des révolutions
- Et le « libertaire grain de sable du rire qui enraie la suffisance béate » des trop bien nourris : Jésus, Salomon, le Negus, Jules César, Chaka, Franco, Staline, Duvalier... et* même « ce brave Mao »...  qui déchargeaient leurs panses alourdies dans des toilettes désinfectées à la lavande... et qui sont « tous devenus charognes et mangés par les vers » !
se dressent contre « la hiérarchisation des hommes »
...

Même en Syrie. Même au Congo...

Même le week-end.

diffuse

 


ddl
alias Vié ba Diamba

 

* En fait, le poème de Muepu Muamba a été écrit à l'époque de la dictature de Mobutu... et visait aussi, indirectement ou
- Mbwakela, ko !

très directement, entre autres satrapes,
le Grand Léopard lui-même...

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- IMMORTALITÉ

 

à Christoph Schröder

 

Ils sont tous morts

fils de dieu

traînant son infamie

même ce gros salomon

avec ses sept cents femmes

tous morts

ce prétentieux jules

qui s’est proclamé imperator

même ce téméraire chaka le zulu

persuadé d’être né de la cuisse du ciel

ils sont tous morts

repus de sang

le moujik rusé de géorgie

et son chien béria

qui construisaient les monuments

avec les crâner de leurs pairs

tous morts

même ce débile de duvalier

qu’on appelait papa doc

et ses tontons macoutes

ils sont tous morts

ce rasta lion de judas

et ses pattes lustrées

à force de compter

les sous auréolés

de la bave de paysans

tous morts

ceux qui

ne pensaient jamais mourir

même cette crapule de saint lazar

franco le dément convaincus d’être

bras droit de yahvé

ils sont tous morts

ce brave mao

avec sa longue marche

tous morts

les trop bien nourris

qui déchargent leurs panses

alourdies dans des toilettes

désinfectées à la lavande

ils sont tous morts

ces enfants nés

de haut couverts de soie

et couchés dans des berceaux

tapissés de satin

tous devenus charognes

et mangés par les vers

ceux qui

se croyaient protégés

par le tas de leur or

les révolutions se dressent

contre la hiérarchisation

des hommes

mais comme la nomenklatura

se reproduit toujours...

le libertaire grain de sable du rire

est cette permanente fleur d’utopie

qui enraie la suffisance béate

du présent et sans cesse inachevée

ils sont tous condamnés

à mordre de la poussière

ces nouveaux fiers aristocrates

de l’esprits si persuadés

d’être "nés pour gouverner"

le soleil marron

amant déjà brillé d’insoumissions

futures de son lointain

toise d’un sourire de pitié

ces nouvelles générations spontanées

de grands seigneurs

ils sont tous morts

ces fervents défenseurs

de la naturelle domination

des têtes racées

ils sont tous condamnés

à devenir un petit tas d’os

nettoyés par la vermine

ces hommes supérieurs

qui décimeraient volontiers

toutes les fleurs de pavés.

 

 

 

Muepu Muamba

 

Kinshasa, le 23.12.1974

 

(in Anthologie: Puis Ngandu Nkashama,

LA TERRE À VIVRE - La poésie de

Congo-Kinshasa. L’Harmattan, 1994).

 


Quelques autres textes de Muepu Muamba diffusés sur le blog de Jodi

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Quelques éléments de bio-bibliographie  de Muepu Muamba:
Muepu Muamba est né 1946 en RDC. Il vit actuellement à Frankfurt am Main, en Allemagne. 
muepu

Principaux textes publiés:

-
Et si…und wen, éd. (bilingue) Workshop Kultur, Gladbeck, 1999.
- Moi Qui T’Amour, (dessins de Gisela Kohn-Mwema), éd. Tétras Lyre, Coll. Lettrimage, Soumagne, 1997.
- Devoir d’Ingérence, Ed. P. Kivouvou - Ed. Bantoues, Brazzaville-Heidelberg 1988.
- Afrika in eigener Sache, (en collaboration avec Jochen Klicker, et Claude Paysan, Photographe), Ed. Peter Hammer, Wuppertal, 1980 (essai)
- Ventres creux, éd. Centre Africain de Littérature, Kinshasa, 1974.

 

 


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(dernière dépêche, diffusée en novembre 2009, du blog de Jodi sous son ancienne forme)

 

 

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 15:40

 


Jodi, le blog

Le blog de Jodi ("Jodi le blog") est devenu*, depuis janvier 2011... un « blog littéraire », peut-être ? Meuuuuuunon ! Omona wapi ? Une toute simple, très banale et sans prétention...

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Elections présidentielles
un peu partout dans le monde

- en France, en République démocratique du Congo, en Côte d'Ivoire, en Egypte, aux Etats-Unis, au Venezuela ?
- au Sénégal aussi...

Un poète

Amadou Lamine Sall

interpelle un président

Il est déjà midi, Monsieur le Président !




Je
Muepu Muamba m'invite à « balancer » ce texte
d’un ami poète sénégalais... C'est peut-être le bon moment, non ? De quoi donner à réfléchir, non seulement aux gens de Paris
- Où François Hollande, probable champion « par défaut », est appelé à succéder à Nicolas Sarkozy... comme Macky Sall a succédé à Abdoulaye Wade?
mais aussi aux gens de Caracas, de Washington, d'Abidjan, du Caire... et aussi, pourquoi pas, de Kinshasa  : sur l'utilité d'une véritable opposition et la nécessité de comprendre le sens profond du vote (le vote des uns, pour quelque chose et/ou contre quelqu'un... et le refus de voter des autres) des électeurs (c'est ainsi qu'au Sénégal un « libéral » a, certes, remplacé un autre « libéral »... mais à la suite
« d'un mouvement populaire du refus, un soulèvement sociétal endogène avec une jeunesse rageuse, une vague qui, jamais dans ce pays, n’a autant pesé dans le changement du pouvoir »), sur la démocratie et le liberté d'expression (« jusqu’ici chez nous, depuis Senghor, à quelques échappées près, la critique a été libre comme un lion en cage »), sur le temps des prophètes aujourd'hui révolu (« le défaut des maîtres, c'est d'être des impasses »), sur la « discipline » en matière de gestion, les « grands chantiers » et la « moralité » des décideurs politiques, sur l'éducation et la culture (qui sont « les premiers investissements économiques »)...et sur les « urgences » : « Dans l’ordre alphabétique des urgences, vous avez la marmite des Sénégalais, le pain et le feu, feu comme gaz butane, feu comme électricité. L’école paralysée attend en vous l’orthopédiste. Vous avez l’eau et l’assainissement, les infrastructures hospitalières où manquent le coton et l’alcool, où les morgues fleurissent. Il y a aussi les ordures, le transport, les routes. Rendez vite à notre corniche le regard maritime des Sénégalais. Ceux qui l’ont colonisée ont couché avec l’État et ne doivent pas jouir de leur puissance que seul l’argent leur a conféré à la place du droit et des lois (...) »
diffuse

 


ddl
alias Vié ba Diamba


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IL EST DÉJÀ MIDI, MONSIEUR LE PRÉSIDENT !

 

Amadou Lamine Sall, poète

 

 

Monsieur le Président, accéder au pouvoir devra plus vous inquiéter que vous rassurer. En Afrique, le suffrage universel a très peu souvent éclairé les mystères de son choix. Ce qui ne sera pas le cas, cette fois, avec vous. Vous avez bien mérité votre victoire, surtout quand elle est celle d’un peuple, de ses martyrs, aidé en cela par une puissante et heureuse alchimie des alliances. Là, résideront d’ailleurs, vos premières insomnies de Président. Votre tâche relève d’une vaste opération des écuries d’Augias, un assainissement institutionnel, politique, économique, social et culturel d’une ampleur peu commune.

 

Vous voici donc, avec humilité, devenu le premier des Sénégalais. Puissent le pouvoir et l’éthique, non comme des lignes parallèles qui ne se rencontrent jamais, se croiser, s’unir, car le Sénégal en avait oublié jusqu’au nom de la vertu. Puisse t-on aussi ne point oublier que l’image de notre pays se confond depuis l’indépendance, avec un rayonnement spirituel, culturel, littéraire et artistique qui est son ADN même, et qui a toujours donné le prestige facile à nos gouvernants, conférant aux créateurs et érudits, la dignité des mendiants. Il n’est pas un africain, un chinois qui ne sache pas ce que le socle spirituel, culturel et artistique de notre pays ne cesse de lui valoir comme respect et grandeur. Nous devons cet encrage à un poète et penseur devenu Chef d’État, même s’il n’a pas tout réussi. Voilà pourquoi dans ce Sénégal particulier, Monsieur le Président, des institutions et à la fois des rêves, sont devenus des lois.

 

Monsieur le Président, votre portrait officiel, que je souhaite en tenue traditionnelle, une première chez nous, va orner tous les murs des institutions nationales et internationales. Vous allez désormais devenir sous peu, familier aux Sénégalais et aux peuples du monde entier. Les médias vont patiemment vous prendre en charge, pour en dire le moins, sans oublier votre famille. C’est la règle du jeu, et le jeu ne sert pas toujours le prince. Pour parer aux soucis à venir, faites de l’autocritique votre maison et de la transparence votre table. Jusqu’ici chez nous, depuis Senghor, à quelques échappées prés, la critique a été libre comme un lion en cage.

 

On dira peu de vous aujourd’hui, Monsieur le Président. Mais très vite, votre personnalité subira des mutations sous l’exercice du pouvoir. C’est une alchimie naturelle en haute altitude. Apparemment, vous êtes un homme apaisant, même si, dit-on, quelque chose en vous inspire à la prudence et expose au mystère. Si ce n’était que cela, gardez votre mystère, un chef en a besoin pour bâtir sa légende. Votre quinquennat nous édifiera sur votre « pouvoir personnel » ou sur votre « pouvoir personnalisé ». Ne vous suicidez pas en recherchant coûte que coûte les compromis. Le voudriez-vous d’autre part, l’exercice solitaire du pouvoir n’est plus de saison. N’oubliez jamais combien cette erreur a perdu votre prédécesseur. Le « Mackysme » pourrait cependant porter le visage consensuel d’un système réformateur puissant qui laissera des marques heureuses. Soyez audacieux. Votre premier atout est votre jeunesse au service d’un peuple jeune. Vous avez 51 ans, avec une besace d’expériences au regard des fonctions importantes que vous avez occupées. Cependant, c’est une autre fonction qui a fini, en vérité, par faire de vous un homme d’État : l’opposant politique que vous avez été sous le régime de Wade. C’est admirable que vous n’ayez jamais renié ce père en politique, mais vous avez résolument décidé de le dépasser. En effet, pour s’inspirer d’une formule amusante, ce qui intéressera Macky ce ne sera pas Sall, et ce qui intéressera Sall ce ne sera point Macky. Vous êtes apparu comme impeccable sur les valeurs à défendre. L’élection présidentielle vous a décongelé, en brisant votre rigidité. S’ouvrir et sans orgueil à vos concurrents malheureux de l’opposition, a fait tomber votre apparence de hauteur qui ne serait que timidité, dit-on. Restez dans le consensus politique, mais sans faiblesse. Incarnez le vrai changement. Les idéologies sont longtemps mortes. La seule qui vaille, c’est le travail au service exclusif de son peuple. Servez l’ordre et la discipline quoique cela vous coûte, car ce sont les deux mamelles du développement. Ce pays a eu trop mal de l’impunité, d’un déshonneur assumé dans la transhumance faisant de la honte une vertu, d’une insoutenable indiscipline qui commence par le non respect de soi-même. Ce pays a eu trop mal d’un Dieu qui a fini par être accusé de corrompu par un bon nombre conquis par le Diable, sans compter une religion violée dont se servent avec dégoût de grands hectares d’hypocrites.

 

Monsieur le Président, vous apprendrez à vous tromper sur les hommes, ce qui est plus pardonnable que de se tromper sur votre peuple. Rien ne vous sera donné, ne vous sera cédé. L’héritage de votre prédécesseur est votre premier adversaire. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, le Président Wade aura bâti des infrastructures solides qui regardent droit les Sénégalais dans les yeux. Cet homme restera un grand mystère pour nous, pour avoir initié des chantiers grandioses, drainé des capitaux et réussi des opérations financières inouïes sans être capable de donner assez à manger à son peuple, assez à travailler à sa jeunesse. Votre temps de grâce sera bien court, Monsieur le Président. Ne vous attardez pas trop dans l’euphorie de la victoire. C’est avec vous que le temps presse le plus, qu’il s’accélère. Il vous faut trouver très vite, avant l’aube, les moyens de convaincre les Sénégalais et de les faire moins vivre dans la pénurie. Même parmi les plus croyants, Dieu pour eux semble avoir fermé la boutique à double tour. Oui pour des réformes et de nouvelles institutions plus nobles, mais du pain d’abord, du feu d’abord. Les réformes et les institutions ne se mangent pas. Ce qui vous menace est là. Votre gouvernement qui traduira la vertigineuse composition de votre coalition, aura beaucoup à faire. Il s’agit d’être moins nombreux et de travailler plus. Le succès n’est pas dans le grand nombre de ministres, mais dans l’efficacité des formats des départements créés, de leur mission, de leur budget, de leurs obligations de résultats et de l’évaluation serrée de leurs objectifs en temps réel.

 

Monsieur le Président, le Sénégal a souffert de deux épidémies: ses institutions et ses mœurs politiques. N’offrez à personne de vous atteindre sur votre moralité. Que les membres de votre gouvernement s’y soumettent également sans concession. Avec tous, préférez le dialogue et la vérité au soupçon, la franchise au dédain. Soyez grand dans l’adversité. Si demain vous quittez le pouvoir -et vous le quitterez bien un jour- sachez que c’est par la noblesse constante de la posture présidentielle et du respect de vos opposants, que vous « poursuivrez votre règne sur les esprits et dans les cœurs ». Votre biographie nous apprend que votre père Amadou Abdoul Sall était militant socialiste. Vous voilà plus tard devenu libéral, pour dire que vous portez peu en vous les germes familiaux d’une hérédité idéologique ; que vous avez compris que c’est souvent dans la désobéissance que l’on accède à sa propre vérité. Finalement, tout vous sépare de votre prédécesseur. Si vous avez perdu quelque chose dans cette rupture que vous avez évitée jusqu’au bout avec Wade, ce n’est que vos chaînes. Le père est maintenant bien mort chez vous. Le défaut des maîtres, c’est d’être des impasses. Vous êtes parvenu à devenir vous-même et à bâtir votre propre conception de la politique et des rapports humains. Désormais, vous avez votre personnalité, votre style et vous tenez votre position dans l’histoire du Sénégal. Vous voici élu sans être adossé au libéralisme qui vous a révélé sur la scène politique. Vous vous êtes plutôt adossé à l’histoire d’un mouvement populaire du refus, un soulèvement sociétal endogène avec une jeunesse rageuse, une vague qui, jamais dans ce pays, n’a autant pesé dans le changement du pouvoir. Vous ne jouez pas au visionnaire, aux oracles. Vous êtes un pragmatique, un réaliste face à des situations qui ont humilié et fragilisé votre peuple. Vous ne jouez pas au prophète. Il est fini le temps des prophètes. Vous ne rêvez pas non plus. Vous observez l’état du malade, vous diagnostiquez le mal et vous allez droit au remède. Vous n’êtes pas un homme de passion, d’utopie, d’incantation. Vous êtes un homme de raison, d’ordre. Au pouvoir de l’idéalisme, vous substituez celui d’un froid et lucide pragmatisme. On vous reprocherait volontiers de nous avoir ôté de voir désormais des chefs historiques nourris de cette force mystique et platonique du pouvoir qui exalte et tient en irruption l’inspiration et le verbe. Tant mieux si vous n’avez pas besoin de ce feu sacré du chaman et des prophètes qui pactisent avec l’irrationnel et dont certains ont conduit leur peuple dans la fosse. Ce qui vous distingue, par ailleurs, c’est que l’histoire vous a placé plus dans une cohabitation qu’une alternance que votre éthique est sommée de sauvegarder. Vous connaîtrez « l’encens et le fiel, les roses et les épines ». C’est le lot des princes.

 

Monsieur le Président, aidez la démocratie à se construire, si elle est construite, consolidez-la, si elle est consolidée, renforcez-la, si elle est renforcée, protégez-la, si elle est protégée, garantissez-la pour qu’elle tienne à jamais comme force de loi. En démocratie, l’excellence sera toujours à peine suffisante. Redonnez à l’État ses habits de lumière. Faites de la République une conscience.

Je conclus en revenant à la culture, car « Tout est culture. Le reste n’est qu’économie ». C’est la culture qui rend possible les sursauts. L’éducation et la culture sont les premiers investissements économiques de notre civilisation. Vos chantiers sont effrayants, Monsieur le Président. Mais dans l’ordre alphabétique des urgences, vous avez la marmite des Sénégalais, le pain et le feu, feu comme gaz butane, feu comme électricité. L’école paralysée attend en vous l’orthopédiste. Vous avez l’eau et l’assainissement, les infrastructures hospitalières où manquent le coton et l’alcool, où les morgues fleurissent. Il y a aussi les ordures, le transport, les routes. Rendez vite à notre corniche le regard maritime des Sénégalais. Ceux qui l’ont colonisée ont couché avec l’État et ne doivent pas jouir de leur puissance que seul l’argent leur a conféré à la place du droit et des lois. Aux faveurs insoutenables allouées depuis 12 ans à quelque privilégié des cours des rois, il faudra enfin substituer la juste concurrence chez les architectes et le respect des procédures des concours et marchés.

 

Le Sénégal est éprouvé, Monsieur le Président, les Sénégalais lessivés, mais tenaces et cuirassés dans l’épreuve. Vous êtes condamné non pas à poser des actes mais à appliquer des solutions concrètes. Vous ne changerez pas le monde. Vous ne créerez pas une société sénégalaise idéale, car cela n’existe pas, mais vous pouvez nous redonner l’envie de croire à notre pays et d’essayer de faire confiance un tout petit peu encore aux hommes politiques qui ont tant déçu, qui ont tant fourni du bois de chauffe aux fours de l’enfer des Sénégalais.

 

Aujourd’hui que l’école est désintégrée, que des syndicats triomphant ont capturé et castré l’État, que la Casamance s’agenouille, que le savoir est humilié, le mérite malmené, la créativité minorée, la laïcité menacée, que notre peuple déshérité à son futur prêté à crédit, il est temps, Monsieur le Président, pour un nouvel optimisme. Aux marabouts, nous demandons de choisir le camp de conforter les vivants dans leur foi, de prier pour les morts et pour la paix dans le monde, de dire non pas à Dieu combien leurs soucis financiers sont grands mais plutôt dire à leurs soucis financiers combien Dieu est Grand.

 

Nous avions rêvé d’une sortie en pur joyau, dont Wade pouvait être l’acteur, au regard des actes historiques déjà posés par ses deux prédécesseurs et qu’il avait promis de surpasser tout le long de son furieux et fiévreux mandat parsemé de perles et de grosses pierres de rail. Si Senghor incarnait la culture et en était la prophétie accomplie, si Abdou Diouf en avait un respect éveillé, Abdoulaye Wade n’en sera pas le moins doué, sûrement le plus généreux, avec une vanité -«aimez-moi les uns les autres»- et un complexe heureux d’utopiste fondateur qui nous aura valu beaucoup d’avancées à la fois incontestables, éprouvantes et malheureuses. En une décennie, il aura été à la fois un grand président et un moindre grand président. Son génie politique fut à la fois terrifiant et difficile à ne pas admirer, sa vision grandiose, sa hâte pathétique, son patriotisme sans défaut, son égo « moitrinaire », ses capacités de ruser abusives et inégalables. Mais la ruse finit toujours par manger son maître. Il restera un rare échantillon de l’espèce politique humaine. La sortie est finalement affligeante, mais avec le temps, l’histoire la rendra moins boueuse et la rangera avec quelque éclat à la suite de l’originale d’Abdou Diouf dont il sera une photocopie bien froissée. Tout est dû au mandat de trop ! Wade est « mort » en samouraï. Cela lui ressemble. Dommage que le succulent intellectuel en lui, n’ait pu adoucir les passions insensées d’un grand carnivore, politicien illuminé et redoutable que la psychanalyse aura du mal à cerner. Là où il vous reste, pour l’histoire, à vaincre quelque peu Senghor et Abdou Diouf partis vivre à l’étranger, c’est, cher Président Wade, parce que nous vous aimons malgré tout, de rester parmi nous au Sénégal, au Point E, chez vous, avec nous.

 

En disant tout mon respect et mon admiration au peuple sénégalais, en souhaitant au Président Wade qui nous quitte et à ceux qui ont voté pour lui d’être aujourd’hui plus qu’hier, fiers de leur pays, je voudrais, Monsieur le 4ème président de la République du Sénégal, avec cette belle vision de votre tout prochain mandat et tout l’espoir placé en lui, vous souhaiter de savoir « entendre le buisson en sanglots » et vous dire ici, avec toutes nos prières et notre tendresse, sans imprudence je suis sûr : bonne route sous les alizés.


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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 13:23

 

Jodi, le blog

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A Kinshasa, à Bruxelles, à Montréal
le Congo continue d'être présent partout...


Une augmentation "officielle"
 
déjà dépassée, dans la pratique, par des chauffeurs tenus de ramener chaque soir 90.000 francs congolais (soit environ 100 dollars)

- Sans compter le carburant que nous achetons nous-mêmes ! Et les "faux-têtes" qui refusent de payer leur place (des policiers et des militaires en uniforme ou des civils exhibant une carte de "services" plus ou moins spéciaux) et même les pasteurs qui se déclarent en mission d'évangélisation et prétendent voyager gratuitement, « au nom de Jésus » !

au propriétaire du véhicule

du prix du transport à Kinshasa...

Un accouchement réussi et réjouissant à Bruxellles...
Tandis que, à Montréal, où il commence  à faire soleil...

Bibish Mumbu    

lance un 
Blog

où, dès à présent, tout le monde peut la retrouver

- Où ça ?
- A l'adresse:
www.bibishmumbu.com

Je
 Bibish m'interroge: tu as déjà lu mon blog ?.. Et je lui répond, à la kinoise, par une (ou deux) autre(s) question(s)**:  il commence à faire soleil ? tu as fini d’hiberner?
diffuse !



ddl
alias VbD

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  La première page du blog de Bibish Mumbu

 

Voici mon nouvel espace! Bienvenue...

Il sera fait de mots, de phrases, d'idées et encore de mots.
Mes raisons d'écrire vont du personnel au communautaire. J’ai eu envie de prendre la parole pour faire la paix avec mon cœur avant tout. Depuis, c’est devenu le prétexte pour dire les choses, que je vois, que j'entends, que j'observe, que je vis, dire les choses qui m’entourent. Pourquoi ? Pour maintenir les choses, les gens, en vie !
Écrire devient alors un impératif pour laisser des traces, résister, témoigner.Mon parcours est fait de rencontres. Ce sont elles qui m’ont construite d’une certaine manière... 
 
 
Comment je vis ma vie et mon écriture ? Tout est question d’organisation. Moi qui suis de nature plutôt anarchique, cela devient assez militaire… J’ai été à l’école de la discipline en famille avec mon père puis à l’école avec pour slogan : Que ton oui soit oui, que ton non, soit non !
J’essaie donc de bien organiser les choses pour que tout se passe bien, et j’ai d’ailleurs plein de projet la tête.
J’ai beau avoir grandi dans la cité, à Bandal, je ne vis pas « le » ghetto. J’ai beaucoup voyagé dans l’enfance, à l’intérieur du Congo Zaïre, puis j’ai continué de voyager dans mes amitiés et encore aujourd’hui. Mes amis sont de partout, ici et ailleurs. Ce qui me poserait problème serait de sélectionner mon entourage sur des critères ethniques et religieux...
Principale qualité d’écrivaine vivant de son métier ? La foi ! Ce n’est pas toujours évident, il faut résister psychologiquement dans les périodes creuses, de passage à vide. Il faut arriver à être en résistance sans que cela tourne à l’aigreur ou à l’agressivité. Et il faut travailler son instrument : lire, discuter, concourir, être compétitif pour rester prêt le jour où le déclic se fait et que la bonne inspiration revient…
Il faut de la détermination. Savoir que les choses se font sur la longueur, sur la durée. Il y a des jours où j'ai cru arrêter… Après un an sans bouger, sans voyager, on se pose des questions. Mais on relativise… Ce n’est pas facile non plus pour les autres, les militaires, les coureurs, les acteurs et comédiens… et ils ne s'arrêtent pas pour autant !

 


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** Et pour faire rire Bibish, je relance ce texte "reçu de quelqu'un

(j'aimerais bien pouvoir citer ce quelqu'un... et le féliciter mais je ne connais malheureusement pas son nom...  les premiers à m'avoir envoyé ce texte - Sukina Nzeza, Jean-Paul Leta, Martin Yalale et Roger Mazanza - pourraient-ils me renseigner sur l'indentité de l'auteur de ce Q/R particulièrement pertinent ? S'agit-il de Antoine N. Mbala ? Un premier jeu de Q/R a-t-il été enrichi ultérieurement par différents autres intervenants ?)
qui affirme que les Kinois répondent aux questions par des questions":

 

 

C'est vraiment marrant
Q: O ye retard po na nini? (Pourquoi tu es en retard?)
R: O pesaki nga mbongo ya transport? (Tu m'as donné l'argent du transport?)

 
Le couple.
Q: Oye retard po na nini? (Pourquoi tu es en retard?)
R:1-Na zongi osepeli te Est-ce que na yebisa yo esika na wuti? (T'es pas contente? Dois-je te dire d'où je viens?)

Reçu de quelqu'un qui affirme que les kinois répondent aux questions par des questions.
Jugez vous-même!
Q: Eza combien ? (Combien ça coûte?)
R: Olingi Osomba ? (Tu veux acheter?)

Q: Awa numero combien ? (C'est quel numéro (pour une adresse) ici?)
R: Ozo luka nani ? (Qui cherche-tu?)

Q: Sylvie aza ? (Sylvie est là?)
R: Nani azo luka ye pe pona nini? (Qui la cherche et pourquoi?)

Q: Bosi bolié ? (Avez-vous mangé?)
R: Otikaki mbongo ya biloko ? (Tu as donné l'agent pour acheter de quoi manger?)

Q: Owuti wapi ? (D'où tu viens?)
R: Nani azo luka nga? (Qui me cherche?)

Q: Okabeli ye mbongo ? (Tu lui a donné de l'argent?)
R: O pesaki nga mbongo napesa ye ? (Tu m'as donné de l'argent pour le lui remettre?)

Q: O bengi ye ? (Tu l'as appelé?)
R: O tshelaki nga unités?.. (Tu m'as mis des unités dans mon portable?)

Q: naya ?? (Que je vienne?)
R: Pona nini, eske nabengi yo ? (Pourquoi? T'ai-je appelé?)

 
Q: Yango, Jeanine aboti? (Est-ce que Jeanine a accouché?)
R: Ye nde koba?...(Elle est une tortue?)

 
Q: Bozoswanela nini? (Vous vous disputez pourquoi?)
R: 'Bongo etali yo?. (Cela te regarde?)

 
Q: Mama, boni ba nzinzi ebele na mbisi na yo,luka ata sachet (Maman pourquoi il y a des mouches autour de ton poisson? Cherche au moins un sachet pour le protéger?)
R: Yango likambo na yo nini, eza ya ko tekisa ! (De quoi je me mêle? Est-ce qu'il est à vendre?)

 
Q:Ozo bela nini? (De quoi souffres-tu?)
R:okoma docteur? (Tu es un médecin?)

Q : ozotala nini? (Que ce que tu regardes?)
R: bongo misu musala na yango nini? (A quoi servent les yeux?)

Q:ozo tala ngai po na nini? (Pourquoi tu me regardes?)
R: bongo yo omoni ndenge nini que ngai nazotala yo? (Comment tu sais que je te regarde?)

Q:yo pe okomi koloba? (Tu aussi tu te permets de faire des réflexions?)
R: bayebisa yo ke nazalaka baba? (On t'a dit que j'étais muet?)

 
Q. Tala yo, oyebi nga? (Tu me connais?)
R. Yo nani, President de la Republique ? Siaaa! (Qui es-tu? Président de la République?)

Q: Courant ezali? (Y-a-t-il de l'électricité?)
R: Bayebisi yo ke nasalaka na SNEL???? (On t'a dit que je travaille à la SNEL (la société de ditribution d'électricité)?)

Q :Ba niama oyo ba kati lisusu courant ( snel) (Ces bêtes ont encore coupé l'électricité)
R :eske ebandi lelo? (Est-ce celoa date d'aujourd'hui?)

Q/ Masta soeur na yo Caddy a voyager? (Mon cher, ta soeur Caddy a voyagé?)
R/ Bokanisaka que poto eza kaa ya bino ? (Tu crois qu'il n'y a que vous qui pouvez voyager pour l'Europe?)

Q.Nayoki que mwana na yo abali? (J'ai appris que ton fils/ta fille s'est marié(e)?)
R. Okanisaki akokufa likombe? (Tu croyais qu'il/elle allait mourir célibataire?)


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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 11:41

 

Jodi, le blog

Le blog de Jodi ("Jodi le blog") est devenu*, depuis janvier 2011... un « blog littéraire », peut-être ? Meuuuuuunon ! Omona wapi ? Une toute simple, très banale et sans prétention...

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Hier (depuis un cachot béninois) comme aujourd'hui (depuis l'Europe "libérale" où il a dû s'exiler à l'époque de la dictature de Mobutu)...

Muepu Muamba

nous hurle sa détestation profonde de la dictature sous toutes ses formes, d'un monde "où il est plus facile de se promener sur mars que de déloger un tyran"

Gueule de flic



Je
Je laisse à Muepu Muamba le soin de commenter son texte... ou, plutôt, l'actualité du monde :
Ce monde comme il va ! Toujours dominé par le brouhaha esthétique de l’élite libérale de droite et de l’élite libérale de gauche. Leurs larbins se partagent les médias. Et chacune a son peuple souverain pour applaudir. Rien de nouveau à signaler sous les soleils...
diffuse

 


ddl
alias Vié ba Diamba


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Un poème de Muepu Muamba...

Gueule de flic

 

Ote-toi

de mon passage

flic

je n’aime pas voir ta gueule de maton

satisfait

elle me donne la nausée

elle pue comme le bec d’un charognard

crois-tu que les hommes soient des rats

de villes que tu puisses assommer au gourdin

à ta guise

frappe flic

ministre de l’oppression

serf toi-même

comme moi tu n’es qu’un petit numéro

dans les statistiques administratives

cogne donc pauvre larbin

comme tes yeux brillent de plaisir

mais

cette vermine sans importance flic

elle te paie

elle te nourrit

elle t’habille

elle t’entretient tout entier

toi et ta progéniture

avec la sueur douloureuse de sa peau

sans doute

se dépouille-t-elle par générosité pour

se voir bastonner de tes mains

comme ta lourde matraque

lui laboure la chair avec volupté

va-t-en flic je te le dis

je n’aime pas voir ta gueule rance

comme une eau croupie

estropie-moi si tu veux

donne-moi des coups de pied dans les testicules

si tu veux

c’est ton métier de me travailler cruellement

les flancs

je ne te refuse pas ce drôle de gagne-pain

mais blessé

mais égaré par les souffrances

mais sale

mais loqueteux

mais jeté dans des cachots ténébreux et humides

je te mépriserai toujours flic

signe extérieur de la barbarie négation vivante de

ma liberté

tu es le porte-flambeau des mots d’ordre

totalitaire

et non pas l’expression promise de

la dignité de

l’égalité par l’indépendance

torture-moi si tu veux flic

je ne t’implorerai pas

je n’ai que faire de ta pitié

de salaud

tu échoueras je te le jure flic

ces détritus entassés sur des nattes comme

des sardines

arrosés du parfum de leur urine et

de leurs excréments

cette poubelle humaine te vaincra par

la force de son rire déchiré

infra monde

son crime est d’avoir voulu vivre

en aimant

tu le souhaiterais muets

n’est-ce pas flic

dépouillés de toute énergie d’insoumission

tu le souhaiterais dépersonnalisés à vie

n’est-ce pas flic

mais pourtant

ils parleront même serrés dans tes griffes

de vampire

mais pourtant

le délit de penser

ils l’assumeront toujours envers et contre

tes commanditaires

ils refuseront d’être des hommes pantins

même

sous les coups de bâton et la torture

sans cesse

ces incorrigibles zombies essayeront

de déchiffrer ce ciel bourbeux et ténébreux

sans matin

ni soir

ni horizon prévisible

car leur mémoire est toujours féconde de

vieilles espérances

leurs cœurs parleront encore en flammes

de soleil

ô flic

adorateur de l’humain réduit ne

connaîtras-tu jamais

ce remord qui ronge l’âme de sa dent

maudite

va va va flic

avec ton cœur châtré

quel triste monde

où il est plus facile de se promener

sur mars

que de déloger un tyran.

 

 

Cotonou, le 30 septembre 1984

Muepu Muamba

 

In : Devoir d’ingérence,

P.Kivouvou Verlag - Editions Bantoues

 

Brazzaville - Heidelberg

R.P. du Congo - R. F. d’Allemagne 1988
 

   
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Quelques autres textes de Muepu Muamba diffusés sur le blog de Jodi

Cliquez sur:

 

http://jodi.over-blog.net/article-muepu-muamba-nous-hairons-la-guerre-wir-werden-den-krieg-hassen-92284266.html


et sur
http://jodi.over-blog.net/article-muepu-muamba-indigne-avant-que-ce-ne-soit-a-la-mode-en-hommage-a-dieudonne-kabongo-dont-le-rire-et-86408501.html

et sur:
http://jodi.over-blog.net/article-muepu-muamba-muyahandi-der-unbelehrbare-82718666.html

et sur
http://jodi.over-blog.net/article-muepu-mwamba-71684906.html

 



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Quelques éléments de bio-bibliographie  de Muepu Muamba:
Muepu Muamba est né 1946 en RDC. Il vit actuellement à Frankfurt am Main, en Allemagne. 
muepu

Principaux textes publiés:

-
Et si…und wen, éd. (bilingue) Workshop Kultur, Gladbeck, 1999.
- Moi Qui T’Amour, (dessins de Gisela Kohn-Mwema), éd. Tétras Lyre, Coll. Lettrimage, Soumagne, 1997.
- Devoir d’Ingérence, Ed. P. Kivouvou - Ed. Bantoues, Brazzaville-Heidelberg 1988.
- Afrika in eigener Sache, (en collaboration avec Jochen Klicker, et Claude Paysan, Photographe), Ed. Peter Hammer, Wuppertal, 1980 (essai)
- Ventres creux, éd. Centre Africain de Littérature, Kinshasa, 1974.

 

 


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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 14:35

 

 

Jodi, le blog

Le blog de Jodi ("Jodi le blog") est devenu*, depuis janvier 2011... un « blog littéraire », peut-être ? Meuuuuuunon ! Omona wapi ? Une toute simple, très banale et sans prétention...

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Se portant, une nouvelle fois, au secours de ddl, alias Vié ba Diamba
Paulo Carter, alias


Paul Van Ackere

lui mèle, à Kinshasa, deux nouvelles

La moto bleue   et
L'ancien quartier
et l'invite à les diffuser sur le blog de Jodi



 

Je 
Heureusement que Paul Van Ackere, l'ami fidèèèèèèèle, existe...  et qu'il continue de me faire confiance et de m'inviter à diffuser ses nouvelles !

Les personnes « qui me veulent du bien » ne pourront plus dire que le blog de Jodi est trop Congocentré
... voire raciste antiblanc, etc... ni laisser entendre que l'animateur de ce blog est (en vrac et au choix... plusieurs réponses étant possibles)  un ancien kitawaliste (au service de la Watch Tower Society et d'intérêts miniers américains concurrents, disaient "les Belges"... mais qui, plutôt, aurait été influencé par le message égalitariste - ayant, progressivement, pénétré certains cercles de mineurs et d'ouvriers agricoles du Katanga et de l'Est du pays... par l'intermédiaire de travailleurs  d'Afrique du Sud et de l'ancienne Rhodésie - d'une organisation afro-américaine antiraciste et anticolonialiste, l'African Blood Brotherhood... ), un "sorcier Muganga" (dixit RG) membre de la confrérie des Aniotas (les hommes-léopards qui s'attaquaient aux collabos des Belges, tango ya ba Noko... tango ya ba Tintin, quoi !), un lumumbiste revanchard  (suspecté d'avoir des accointances avec les Rouuuuuuuges et les "Etats voyous", oh !), un féticheur-tatoueur de Mai-Mai (ayant la capacité de rendre invulnérables les membres de ces groupes "d'autodéfense populaire" armés... ou, à tout le moins, de les rendre invisibles aux "sécurisateurs" de la Monusco... et à leurs "ennemis" déclarés: des éléments dévoyés des FARDC
- Surtout ceux issus du Congrès national pour le défense du peuple CNDP de l'ex-seigneur de guerre Laurent Nkundabatware...
dont les soldats continuent d'obéir, dans une structure de commandement "parallèle", aux ordres du général "réintégré" (et que la CPI "rechercherait activement", dit-on...) Bosco Ntaganda ?
ou des miliciens étrangers de la LRA ou du FDLR... auxquels ils disputent activement le contrôle de certains "carrés" miniers où des creuseurs congolais « aux pieds nus » travaillent activement sous la surveillance de personnes en armes), un Enyele de Lobala revenu clandestinement du Congo-Brazzaville (où il s'était réfugié après avoir fait partie des Nzobo ya Lombo - les "bandits du village" - sous le commandement de Lebese Mangbama, alias Undjani... lequel aurait, dit-on, hérité des pouvoirs mystico-magiques de son père, Mabenga Mungbama, alias « le Grand Libérateur »... et dont la révolte aurait, dit-on encore, été instrumentalisée par Terminator et/ou "Mwana mboka"), un "compagnon de lutte" de la camarade
- Qui donc était-elle (voir AnaCo 3/51) ? Une « agente » du Komintern (disaient "les Belges"), une « agitatrice » guinéenne, une « compagne de lutte » d’Antoine Gizenga Funji et de Pierre Mulele, la « chargée du protocole du Premier ministre » ou
 (disaient les mêmes Belges) l’ « inspiratrice diabolique » et  la « maîtresse rouge » de Patrice-Emery Lumumba  ?Ou plutôt, aussi, encore... la fille métisse d’un colon français d’Ubangi Chari, l’actuelle Centrafrique… abandonnée par son père qui… « ayant gagné suffisamment d’argent aux colonies pour pouvoir épouser une Française »… l’avait placée dans un orphelinat à Brazzaville ?
ou de la "soeur", militante panafricaniste, Andrée Blouin, un partisan de Faustin Munene et de son Armée de Résistance Populaire ARP, neveu et continuateur de la lutte de l'ancien dirigeant maquisard, Pierre Mulele (... assassiné, sur ordre de Mobutu, au Camp Tshatshi, le 3 octobre 1968... et dont le corps, atrocement supplicié, avait été  précipité dans les eaux du fleuve Congo...), un agitateur cosmopolite (ancien collaborateur des "services" du Grand Léopard !) agissant à présent pour le compte d'un parti politique de l'Opposition non-violente (prétendue ?) ou d'une des composantes de la (soi-disant ?) Majorité présidentielle ), une ouaille de M'Fumu Nkusu Kiambu, l'homme des ancêtres
- Soucieux de parachever l'oeuvre de M'Fumu Kimbangu et de bouter dehors (spirituellement kaka ! rien à voir avec Boko Haram !) le mal profond  qui mine le Congo de l'intérieur... à savoir le christianisme, une religion venue d'ailleurs... au service des envahisseurs... et qui s'était introduite malicieusement au Congo (comme une voleuse, comme un serpent !)  par l'embouchure du fleuve et qui, depuis Diego Cao, ronge sournoisement, pernicieusement (corrompt, pervertit, dénature...) les racines profondes du système de croyances et de valeurs des différentes cultures et sociétés congolaises (1)..
et d'une "Eglise des Noirs" appelée Vuvamu (2), un adepte de "Nzambe ya Bankoko" et de son chef spirituel Ometa Omba ou de "Nzambe Lumumba" et de son chef spirituel Efanga Olumbu, dit "Moïse le libérateur", un zélote, ayant survécu à une répression féroce, de Bundu dia Kongo (et sectateur de l'honorable Zacharie Badiengila - mieux connu sous le nom de Ne Muanda Nsemi - fraîchement réélu... lequel se prévaut du titre de "Nlongi'a Kongo" ou de "Grand Maître de la Sagesse Kongo") !

Lokuta  na bango !
Tout et son contraire ! Burqa blabla ! N'importe quoi !

Dans le blog de Jodi
, chacun peut trouver sa place.
Les Dingaris, les Rolotos (appelés aussi, à Bruxelles, les Ndibus), les Feufs, les Nebalis, les Tchentchantiers,  les Hutsis, les Nus... tous les peuples du monde et même (à condition qu'ils se tiennent bien... et ne se montrent pas trop envahissants) les Bulankos sont admis !

Paul Van Ackere, alias Paulo Carter (3), a, quant à lui, toujours répondu présent  !
Aujourd 'hui, pour un seul clic... voici donc deux nouvelles de Paul Van Ackere, le mec balèze qui protégeait (prudemment) mes arrières au Zoeloe Bar et dans les manifs...
diffuse

 


ddl
alias Vié ba Diamba


(1) Le culte des "ancêtres"(fondateurs et gardiens du savoir de la communauté... et dont il s'agit de perpétuer la mémoire et de s'attirer la protection afin d'hériter de leurs sciences et pouvoirs) et des "esprits", seul système de croyance réellement écologiste (à savoir respectueux de tous les « êtres » - actuellement en vie ou entrés dans la légende - et de toutes les « choses » et des équilibres nécessaires entre les « batu » et les « bintu » lorsque les « forces » de la nature ou de l'histoire les agitent ou les bousculent) et universel...

(2) Vuvamu ou"Vutuka vana mpambu wa vidila" (en kikongo)  , signifie - d'après Kimp dans Le Phare du 14/02/2012 -: "retourne au niveau du carrefour où tu as perdu ton chemin" . Quant à Boko Haram, cette expression  ou cette "injonction" (en haoussa), peut se traduire par "l'éducation occidentale est un interdit".


(3) On se rappellera comment, dans le temps et à plusieurs reprises, Paulo Carter s'est « porté au secours » de Vieux Didier au Togo... Cliquez, notamment
- Texte non-toiletté, oh !
- Mafou ! Pas l'temps !
sur :
http://grandsatanetlapancreatite.blogspot.com/2010/04/gsp-ii-courriel-n15-vieux-didier-et-le.html

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Deux nouvelles de Paul Van Ackere...

La moto bleue

 

Ma femme et moi, nous rentrons tous les soirs du travail par l’autoroute des Ardennes. Notre maison est à une vingtaines de kilomètres de Bruxelles. J’aime faire cette route, surtout l’hiver, car c’est quand la nuit est tombée que les autoroutes sont les plus belles ; surtout aux abords des carrefours. Essayez un peu de dénombrer les différentes teintes des lumières qui scintillent. Vous n’y arriverez pas ! Au premier coup d’œil, tout est blanc-jaune. Et puis apparaissent l’orange dans toutes ses gradations, le rouge, le vert et lorsque le carrefour est équipé d’une station d’essence, cela devient tout simplement féérique ! A côté de cela, un tableau de Pollock, certes, peut supporter la comparaison mais, statique, figé dans l’instant du génie créateur de l’expressionisme abstrait, il lui manquera toujours le frémissement de la vie du paysage que nous traversons pour rejoindre notre foyer. Pauvre Pollock, mort sur une route qu’il avait empruntée alors qu’il avait bu un verre de trop ! En outre, cette petite promenade quotidienne à deux nous donne l’occasion d’approfondir notre connaissance, notre passion, notre amour du jazz que nous offre dès dix-huit heures la troisième chaîne de la radio d’Etat. Aujourd’hui, la voix du présentateur semblait voilée d’une sincère tristesse. Et c’était normal puisqu’il retraçait la carrière en dent de scie d’un bassiste, récemment décédé, qui avait connu son heure de gloire durant l’époque troublée du « Free jazz ».

Je freinai pour m’engager dans la bretelle de sortie de l’autoroute, lorsque je vis les premiers éclairs bleus d’un gyrophare. Ce bleu-là vous fait oublier tout le reste, car il vous informe qu’il y a un barrage de policiers ou qu’un accident grave vient de survenir.

- Fais attention, il s’est passé quelque chose, murmura ma femme.

Je ralentis encore mon allure et c’est pratiquement au pas que j’arrivai à la route provinciale où se termine la sortie de l’autoroute. Je regardai ma femme. Le visage immobile, elle se rongeait les ongles. Les éclairs bleus envahirent ma voiture. Ce n’est qu’à ce moment-là que je pensai à la même chose qu’elle. La route provinciale fait partie du chemin que suit à moto notre fils depuis qu’il étudie à l’université.

- Regarde, c’est une moto, me dit-elle brusquement.

Je vis la moto et le corps allongé à quelques mètres de celle-ci : un jean’s délavé et un blouson de cuir noir. Mon fils avait-il une moto rouge ou jaune ou bleue ? Celle-ci était bleue.

Ma femme ouvrit la vitre de son côté et se pencha. Un policier nous fit signe de nous éloigner. Elle referma la fenêtre.

- Mais qu’attends-tu, me cria-t-elle ?

J’accélérai et m’éloignai du carrefour. Ma femme ralluma la radio en disant :


- Dès que Jacques voudra acheter une voiture, ne discute pas, de grâce…

Elle savait que la moto de notre fils n’était pas bleue.

 

 

 

*

*      *


 

L'ancien quartier

 


Il aurait pu tout aussi bien se trouver dans une pension « confort », un hôtel une étoile dans le bas de Broadway, de la banlieue de Montréal, d’un des quartiers sud de Budapest, de n’importe quelle ville où il avait posé ses valises au cours des vingt-cinq dernières années. Un hôtel à la limite d’une friche urbaine bordant une enfilade de tunnels, de trémies et de viaducs qui, comme dans toutes les villes d’aujourd’hui, chassent les hommes vers plus d’ailleurs, vers d’autres destins.

En face, le bistrot était encore ouvert. Ses néons n’arrivaient à éclairer, à réchauffer qu’un petit coin du trottoir. Mais il n’était pas question d’y aller car la rue n’existait plus. La longue enseigne verticale de l’hôtel où il logeait masquait la moitié de la vue sur l’extérieur. Était-ce ici que débutait le viaduc sous lequel il venait jouer ? Et encore : qu’était-il devenu, ce viaduc ? Plus de terrain de jeu, plus de viaduc, il décida d’aller interroger le veilleur de nuit. Dehors, il devait faire froid. Il mit un manteau. Le réceptionniste lui conta l’histoire assurément surréaliste du viaduc. Pour faire place à un tunnel, il avait été démonté, pièce par pièce, pour être vendu et remonté à Bangkok, en Thaïlande. Aujourd’hui, le tunnel est terminé et passe, un peu plus loin, en dessous du canal ! L’homme termina en s’exclamant : « nos ingénieurs sont les meilleurs du monde, vous qui êtes étranger, qu’en pensez-vous ? ». Il hocha affirmativement la tête et demanda comment arriver au café d’en face. L’homme, le visage empreint d’une réelle commisération, lui expliqua que Bruxelles était devenue une ville peu sûre et que c’était précisément le genre d’endroit qu’il fallait éviter, mais que, s’il persistait dans son projet, une fois dehors, il devait longer la trémie sur deux cents mètres, emprunter le passage pour piétons et reprendre la trémie en sens inverse. Il termina, se répétant, que le quartier était devenu un vrai coupe-gorge surtout pour un étranger dont l’allure témoignait qu’il n’avait rien d’un économiquement faible. «  Et même les SDF se volent entre eux », avait-il ajouté. Ainsi donc le viaduc vivait une seconde vie à Bangkok. S’il l’avait su quand il y résidait, il aurait été voir ce qu’était devenu le toit de son terrain de jeu !

Il arriva au café qui s’appelait « Le Dernier des Mohicans ». Le portrait d’un motard en débardeur de cuir, les bras couverts de tatouages affolants était dessiné sur la vitre de la porte où il était également précisé que l’établissement était le siège du Moto Club Harley Davidson de la ville. Accoudé au comptoir, le dernier des Mohicans lui fit signe de loin qu’il venait de fermer. Au travers de la porte, il entendit en sourdine « My Funny Valentine » joué par le combo de Gerry Mulligan. Adolescent, il avait passé ses nuits d’insomnie à écouter en boucle ce musicien dont le saxophone baryton avait acquis la sonorité du violoncelle de Pablo Casals. Il s’en retourna vers son hôtel.

En longeant la trémie, il imagina la renaissance du viaduc abritant maintenant, de jour comme de nuit, des milliers de Thaïs se faufilant à pied, en tuk-tuk ou en mobylette entre les échoppes aux tables surchargées de poissons, de fruits, de légumes et de marmites de soupes aux mille parfums qui avaient trouvé refuge aux pieds des piliers de cette nouvelle voie aérienne. Au loin, il aperçut la basilique de Koekelberg encadrée par les halos des centaines de réverbères mêlés aux éclairs des enseignes commerciales et des phares des autobus dévalant à vide le boulevard surplombant le nouveau tunnel. Ces couronnes de lumières jaillissant en tous sens lui firent songer au « Foudroiement des anges et du dragon à sept têtes » d’Ensor, le peintre qu’il avait présenté dans le monde entier. Depuis qu’il était sans travail, il lui arrivait de retrouver les tableaux qui avaient émaillé ses conférences ; le bon vieux temps, sans doute.

L’homme, le voyant s’approcher de la réception, lui tendit sa clé, le regard interrogateur. Mais il renonça à lui expliquer qu’il venait de passer quelques magiques et agréables instants en revoyant le quartier de son enfance.

 


Paul Van Ackere

Février 2012

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Quelques autres textes de PVA ?

D'autres nouvelles ?

« Cher papa, chère maman », cliquez sur
http://jodi.over-blog.net/article-paul-van-ackere-cher-papa-chere-maman-96207530.html


« La kiné et sa chaise électrique », cliquez sur
http://jodi.over-blog.net/article-paul-van-ackere-la-kine-et-sa-chaise-electrique-89036435.html


« Boum... Boum ! », cliquez sur
http://jodi.over-blog.net/article-paul-van-ackere-81541611.html

« Les dieux sont immortels », cliquez sur
http://jodi.over-blog.net/article-paul-van-ackere-la-nouvelle-du-mois-juillet-2011-les-dieux-sont-immortels-eh-79152308.html

 
« Qu'est devenu le petit Roger ? », cliquez sur
http://jodi.over-blog.net/article-paul-van-ackere-alias-paulo-carter-nous-donne-encore-de-ses-nouvelles-qu-est-devenu-le-peti-76295279.html
 
« Le vieil homme et la terre », cliquez sur
http://jodi.over-blog.net/article-c-est-a-mon-tour-dit-paul-van-ackere-71115166.html

« Le canapé blanc », cliquez sur
http://jodi.over-blog.net/article-paul-van-ackere-68669880.html


Un recueil de haîkus  ?

Cliquez sur
http://jodi.over-blog.net/article-une-nuage-est-annonce-en-provenance-du-japon-les-cerisiers-de-limam-se-depechent-d-etre-en-fleurs-69921395.html


Et un article critique sur « Courts métrages", un recueil de nouvelles de Paul Van Ackere paru chez L'Harmattan, en 2010 ?

Cliquez sur:
http://www.antipode.be/blog/litterature/2010/10/courts-metrages-paul-van-ackere-lharmattan-2010/

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BEST OF

Pour ceux qui en redemandent et veulent
- Encore !
tout savoir des « relations particulières » qui unissent ddl (alias Vié ba Diamba) à PVA (alias Paulo Carter) ?


Renvoyons à ces quelques radotages d'Assis (anciens du Zoeloe Bar, pensionnés du trostkisme-sans-le-savoir et nostalgiques du bac à carbonnades de Sarma) qui ont été, en leur temps, déjà diffusés
- Supplément-cadeau-bonus !
en avant-propos de la nouvelle de PVA intitulée « Le canapé blanc »...

On a gardé beaucoup de vaches ensemble, Popol et moi.
On a racketté ou protégé
- C'était selon ! Surtout les mineur(e)s (Lieve ou Monik ?) qui voulaient (s'il te plaît ! et j'te roule un patin...) à tout prix (dans le Busleidengang ou au fond du vestiaire...) entrer quand même (sois gentil ! et tu pourras m'toucher les miches...) coûte que coûte !
les clients et les clientes (les usagers, les affidés, les créatures, etc) du Zoeloe Bar et fait le guet (les flics, les espions, les accises, etc) à l'entrée, épluché des dizaines de kilos de bintjes dans une colonie de vacances, affronté les fachos du Mouvement d'action civique et de Jeune Europe, fréquenté le même bordel (l'Ambassy), interviewé des "gens du cinéma" à Paris, trifouillé à la main nue (avec des ongles parfaitement dégueulasses) le tas de bidoche sanglante d'un bac à carbonades
- Dans le rayon "viandes" d'un Sarma (le Sarma c'était tout à la fois le Lidl, l'Aldi et la boucherie Renmans de l'époque) de la ville de Leuven où de petits et gros morceaux de boeuf, découpés sommairement, étaient exposés à l'air libre, dans un grand bassin, et vendus en vrac, au choix du client !
et mis la main sur les plus pièces de barbaque pour en faire des steaks... et, avec un peu de chance, de véritables "filets purs".
On a même été trotskistes ensemble, dans le temps, sans le savoir !

Paulo Carter ajoute ses souvenirs aux miens et... on ressasse et on remâche ("les Assis", aujourdhui, c'est bien nous, les anciens du Zoeloe Bar, les pensionnés du trostkisme et les nostalgiques du bac à carbonades de Sarma : le cul posé sur un fauteuil de jardin en plastique ou confortablement installés devant un écran d'ordinateur) et on rabâche et... on reprend son souffle et on se donne le temps de retrouver ses vieux mots:
- PVA: Le coup des” filets pur” me revient maintenant. Je pense qu’on les mangeait avec des épinards en boite. Un Colombien du nom de German Bravo en avait acheté tout un stock. Certaines commençaient à gonfler et quand on les ouvrait on se ramassait un vilain jet verdâtre dans la figure....Mais à l’époque, la salmonelle n’existait pas encore...
- DDL: ...
- PVA: ...
- DDL: Et les jours où Moon Kee Kim parvenait à balluchonner quelques bonnes mesures de riz dans la gargote (pour les bons bourgeois cathos de Leuven, un étudiant coréen avait, évidemment, toute sa place dans un restaurant vietnamien : ça faisait couleur locale !) où il bossait (à huit francs belges la soirée... plus d'éventuels pourboires... qu'il devait partager avec le patron), on avait de quoi composer un menu équilibré et on pouvait festoyer ! Mais, rappelle-moi,  Popol... German Bravo était un pote à Jorge Ucros et aux frères Garcia (Guillermo et Bernardo)... et aux autres "petits" de Camillo Torres qui s'entrainaient à la guérilla dans les bois d'Herverlee, non ?
- PVA: German Bravo était un ami de Jorge Ucros mais n’appréciait pas trop Camillo Torres. Il adorait Malher dont il possédait plusieurs symphonies qu’il mettait souvent à fond de balle le soir au grand dam de ceux (ils étaient rares) de ses colocataires qui étudiaient le soir...
- DDL: ...
- PVA: ...
- DDL: ...
- PVA: ...
- DDL:T'as rîn d'aut' à rajouter ?
- PVA:  Ben oui, j'rajoute qu'il ne faut pas trop souvent se retourner mais se tourner vers l’avant: plus de joie, plus de lumière, demain il fera jour camarade, je maintiendrai, l’union fait la force, en avant marche!...Après le Zoeloe Bar, nos chemins divergèrent quelque peu. J’ai fait mon service militaire et là cela a failli mal commencer. Le premier jour, au centre de formation, ils ont voulu m’envoyer à l’annexe psychiatrique car j’avais avoué que j’avais un diplôme de docteur en droit mais que je ne savais ni lire ni écrire. Il faut dire que j’avais choisi le rôle flamand (had ik vlaams verkiezen) pour ne pas perdre trop mon temps. Quand le major a compris la raison de mon apparence d’illettré, avec des sanglots gluants dans la voix ( Ah si tous les wallons feraient comme vous!!!) il m’a nommé kameroverste ( chef de chambrée). J’eus beau lui faire remarquer que c’était dangereux car si brusquement il y avait une guerre, je serais obligé de donner des ordres en français comme en 14. Il ne changea pas d’avis. Et par après, souvent je me suis demandé si un conflit devait survenir entre la Flandre et la Wallonie et si j’étais encore en âge de porter les armes,  sous quel drapeau aurai-je dû servir?
- DDL: ...
- PVA:  Et alors, la suite ?
- DDL: Ben, j'sais pas ! Le curseur est chez toi, non ? Et si tu nous racontais Nicole, son avènement, comment tu l'as rencontrée, non ? Elle habitait  (on allait y prendre des douches pendant la journée, non ? C' était ofélé, kosteloos, non ?) une "pédagogie" (c'est comme ça qu'on appelait ces maisons closes pour jeunes filles de bonne famille, à l'époque, non ?), près du petit Seizième (c'est là que j''squattais, non ? Avec Jipéji et Moon Kee Kim, non ? Et tu venais nous péter les carreaux avec tes boules de neige, non ?) ou du Dix-huitième, je ne sais plus...
- PVA: ...
- DDL: ...
- PVA: Puisque c'est à mon tour...
- DDL: A propos de Nicole ?
- PVA: ... Après mon glorieux service militaire comme concierge pour un hôtel d'offficiers, je me suis retrouvé dans une union professionnelle d'opticiens et rédacteur en chef du mensuel L'Opticien Belge ou, comme disait Jo Dustin, Le P'tit Chien Belge... Un matin, mon patron m'appela pour m'annoncer qu'il avait décidé de m'envoyer en Allemagne de l'Ouest, comme on disait alors. "Inutile de vous préciser qu'il s'agit d'une mission confidentielle !" me dit-il. Et il ajouta : "On va bientôt mettre sur la marché une invention qui va bouleverser notre vie. Cela s'appelle le rayon laser! Vous assisterez à des réunions scientifiques et votre rôle sera de nous ramener un maximum de renseignements". Quelques jours plus tard, je pris le tram jusqu'à la gare du Midi et m'embarquai dans l'express de Cologne. Déjà sur le quai, cet homme en imper mastic m'avait intrigré. Mais quand je l'ai vu s'installer dans le compartiment voisin, je n'eus plus de doute, l'individu me suivait ! Et en plus, je l'avais reconnu. Il s'agissait du célèbre T** dont le groupe Jeune Europe...
- DDL: Thiriart ? Teichmann ?
- PVA: Chuuuuuuuuut ! On pourrait nous lire !
-
DDL:...
- PVA: ...  Bref, un soir, à Louvain, pardon à Leuven, les gens de Jeune Europe avaient tenté de nous tabasser au sortir d'un meeting. Voici une mission qui commence mal, me dis-je. Je me levai et me dirigeai vers l'individu...
- DDL: Oui, d'accord ! Très intéressante ton histoire mais pas très "relevante" ! Tu ne réponds pas à ma question, tu t'éloignes du sujet !
- PVA: Quel sujet ?
- DDL: Nicole !
- PVA: Nicole? Secret défense, oh !
- DDL: ...
- PVA: ...
- DDL: ...
- PVA: ...

Et, finalement, le dernier mot revient... à Nicole elle-même:Puisque Paulo s’éloigne du sujet, j’interviens : un soir ( ou un matin ... il y a tellement longtemps qu’on ne sait plus ), la fée-carabosse m’avait revêtue de la plus belle robe – non pas celle en promotion au Sarma de Leuven où vous achetiez les épinards qui ont bien failli empoisonner les autorités universitaires dépêchées pour enquêter sur les moeurs dépravées d’un petit groupe d’étudiants dévoyés – non, une tenue digne de figurer au bal des débutantes que fréquentaient les jeunes gens de bonne famille – dont nous faisions partie ( cela va sans dire bien que nous l’ayons tu pour des raisons idéologiques ). Nous étions face à face et ce fut le flash ! ( Tonnerre, lumière, violon...)Et puis le reste a suivi...Le lecteur comprendra l’émotion qui empêche aujourd’hui encore un des acteurs principaux de la scène de revenir sur cet épisode qui a marqué le reste de notre vie ! Il fallait ma plume pour retracer toute la splendeur du moment ! 

 

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Le Zoeloe Bar ?

Pour en savoir plus sur ce lieu mythique qui a beaucoup contribué à notre formation
- Universitaire ?
- Peau d'balle ! Anarcho-syndicaliste, ouais !

à Polo-Popol et à moi-même, alias ddl, alias Vié ba Diamba, cliquez sur:
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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 16:16

 

Jodi, le blog

Le blog de Jodi ("Jodi le blog") est devenu*, depuis janvier 2011... un « blog littéraire », peut-être ? Meuuuuuunon ! Omona wapi ? Une toute simple, très banale et sans prétention...

Lettre d'information
Soki News of the World ? Soki B.I., soki mabanga !

Didier de Lannoy
2012


Autres fronts :
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Faits divers (Ana et le Congo, série 4) ? Cliquez sur:http://anaco3.over-blog.net/
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A quoi bon
colmater encore, avec de la pâte de manioc, les trous des tôles qui recouvrent la maison ... alors qu'un violent orage explose et que les forces de la nature se déchaînent et que les murs se lézardent et que la baraque et tous ses habitants sont sur le point d'être précipités dans un ravin, d'une profondeur vertigineuse, creusé par une érosion diabolique et galopante ?

Après nous avoir relaté
(1) la triste fin d'un mikiliste, Clem Kola, alias Maître C.K. STAR... un artiste musicien, autrefois renommé, qui s'était exilé à Paris

 

Achille Ngoye

 

nous raconte à présent une autre histoire, tout aussi poignante et désespérante, celle d'un mwana mboka, le père PANGA... un courageux père de famille qui n'a jamais quitté son pays


Tracassin par une nuit d'orage


Je.
Toujours à Kin, évidemment, où Ana (alias Mwana Danzé) m'a rejoint... par
surprrrrrrrrrrrrrise !
et bien content d’y être, avec elle... j'ai "abandonné" tous mes blogs pendant le séjour kinois de Motema Magique, pour pouvoir mieux "m’occuper de Madame"...

J'avais donc (momentanément) donné congé à tout le monde...
mis Vié ba Diamba sur la touche, licencié Vieux Zumbel, foutu Esprit ya Mofiti à la porte...
mais il est temps (maintenant que Tantine Betena
- Alias Kabibi !
azongi na Poto) de reprendre le boulot...

Des nouvelles de Kin ?
Une saison électorale... et une “petite” saison sèche qui ont duré, duré, duré, beaucoup trop longtemps...
Entretemps tout continue comme avant : les affairistes et les commissionnaires s'engraissent, les humanitaires prospèrent et les taxibus Mercédes (appelés "Esprits de Mort") de même que les taxis collectifs Mitsubishi Lancer (baptisés "Courtes joies") sillonnent, vaille que vaille
(2), les rues de Kinshasa...
Entretemps les orages de tous les jours sont de retour, dévastateurs pour les habitants des anciennes « zones annexes »...
Un jour viendra, pourtant, où le fleuve sortira de son lit, emportera tout sur son passage et fera table rase du passé...
Un jour viendra où le monde pourra changer de base !

diffuse

 


ddl
alias Vié ba Diamba

(1) Cliquez sur :
http://jodi.over-blog.net/article-achille-ngoye-95375728.html

Cette nouvelle d'Achille Ngoye devrait être proposée en lecture à tous les prétendus “analystes occidentaux"... qu’étonnerait encore la colère 
- Justifiée (et/ou stimulée), sans aucun doute, par des revendications politiques post-électorales de type intra-communautaire, ...
des Congolais de la diaspora... qui n’en peuvent plus, aussi,d’être traités comme des laissés-pour-compte tant par les Bulankos (au sein de la société belge ou française, etc... qui, apparemment, ne leur offre guère d’autres perspectives de promotion économique et sociale... que de devenir livreurs à domicile, agents de sécurité ou aides-soignant(e)s “chargés de changer les couches-culottes des vieux Blancs dans des maisons de repos...” ) que par l’Etat congolais (qui n’octroie pas le droit de vote à ses ressortissants installés à l’étranger et ne reconnait pas non plus la double nationalité, etc)... 

(2) Appelés « Esprits de mort », les
taxibus Mercedes 207 sont réputés fauteurs d'accidents graves... tandis que les Mitsubishi Lancer, "occasions d'Europe" (dont la durée de vie sur le réseau kinois ne dépasse habituellement pas 6 mois) ont été baptisés "Courtes Joies" par référence, me dit Kanuma-Nguibidi
- Un pote à moi, un vrai djo de Yolo-Nord (mon "quartier d'origine"), un "play", un "masta" gouailleur et baraqué... que tout le monde appelle « Petit »... mais à qui tout le monde doit le respect !
à un féticheur du Bas-Congo "moins cher"... mais dont les protections seraient de courte durée...


 
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Une nouvelle d'Achille Ngoye


TRACASSIN PAR UNE NUIT  DORAGE

 

 

Débardeur flottant sur un pagne et bras ballants, le père Panga semble désemparé malgré sa robustesse de "tous travaux". Cela fait plusieurs heures qu’il pleut sans discontinuer. Non pas la petite flotte souhaitée après une journée caniculaire, celle qui rafraîchissait l’atmosphère et permettait à la marmaille de s’amuser à faire trempette dehors, mais l’orage de tous les diables accompagné de tonnerre et d’éclairs. La fragilité de son univers mise à rude épreuve, il en était même venu à ruminer si, là-haut, niché sur la nappe nuageuse d’où les esprits protecteurs veillent sur les vivants, un ancêtre acariâtre, prouvant que des numéros de la vénérable confrérie franchissent le pas avec leur rosserie, aurait promis de se venger pour un sacrifice non accompli. Trois heures que les éléments grondent, ventent, crachent des trombes d’eau violentes, puis diminuent d’intensité et s’arrêtent brusquement. Trêve de courte durée. Car le ciel en furie revient à la charge, se déchaîne, déverse sa hargne implacable pendant une autre éternité.

Dès le début du déluge, aux environs de minuit, Panga s’était réveillé en cata. Parant au plus pressé, il avait repoussé le pucier dans un coin épargné par les écoulements de la toiture. Deux seaux et une bassine libérés de leur précieux contenu, il les avait posés aux endroits où la saucée s’infiltrait dans la chambre ; déclic pour se demander si ça avait valu la peine, ce jour déjà lointain, de persister à l’arrachage forcené des tôles rouillées, parfait dingo juché sur le filon de ses rêves, alors que des gâchettes faciles avaient encerclé un hangar livré au pillage. Sans transition, des geysers se mirent à gicler non-stop de la passoire galvanisée, telles des chasses d’eau tirées simultanément. Des marmites, des gobelets, tous les récipients disponibles dans son foyer ayant été posés çà et là, il avait fallu déménager les quatre gosses du foutoir sentant la pisse, plus arrosé que les autres pièces, pour les abriter dans une encoignure du réduit de séjour. Entraînés par leur aîné, les gamins avaient tenu à participer à l’effort de guerre : vider les récipients à mesure qu’ils se remplissaient, ce qui en disait long sur les va-et-vient bordéliques engagés, puisqu’ils déversaient la moitié du contenu par terre avant d’arriver à la porte. Entretemps, lui-même s’était attelé à boucher les trous des tôles avec de la pâte de manioc. Abrutissant. Le temps de monter sur un tabouret et s’attaquer à une brèche, celle qu’il venait de colmater avait éjecté le foufou délayé, renouant illico avec sa fonction de jet d’eau. Piscine, appréciaient les gamins aux anges.

Accalmie soudaine dans un pic de coassements. Lugubre. Sa mauvaise conscience aidant, le père Panga ouvre la petite fenêtre en bois, scrute la coupole à la recherche d’un signe qui démentirait sa hantise. Aucune étoile au firmament. Des nuages bas à vue d’œil. Funeste. Pourquoi subir cette épreuve ? se ronge-t-il les sangs en devinant plus qu’il ne voyait les maisonnettes qui s’étendent à l’horizon.

Quelques voisins avaient fini par déserter le trou excentré, frappés dans leur chair ou dégonflés par les angoisses récurrentes à chaque saucée. Débarqués ici il y a trois décennies, ils avaient cru s’affranchir de l’arbitraire locatif en achetant auprès d’un soi-disant mandataire coutumier, à vil prix pour certains, ces lopins de terre de désolation. Rien n’y poussait, hormis des arbustes rabougris, des plantes sauvages, des ronces. Les occupants eurent vite fait de les extirper pour torcher qui un abri de fortune, qui un taudis, qui une piaule garantie en dur. Des myriades de maisonnettes s’étagèrent ainsi sur les flancs de la montagne, formant un bidonville que les bien-pensants de l’administration baptisèrent "zone annexe". Plus qu’un besoin de disposer d’un toit ou d’un titre cadastral, une volonté de contrer la fatalité avait animé les pionniers, pour la plupart de petites gens dont les moyens excluaient l’acquisition d’une parcelle régulièrement lotie. Au fil des ans, ou plutôt des saisons de pluie désastreuses, ils eurent à payer au prix cher, pour ne pas dire en larmes de sang, la cécité de s’être installés sur des terrains inconstructibles : déboisé, le sol se fendait comme un mur de sable, offrant ses entrailles en guise de tombes à une population déshéritée.

Sans quitter son point d’observation, le père Panga frémit en planant sur le devant de la baraque : à quelques pas du seuil, la rigole érosive draine des eaux torrentielles d’un rouge argileux évoquant une rivière de sang. D’une largeur infranchissable à certains endroits, les eaux écumantes, qui coulent à flots dans un creux de plus d’un mètre de profondeur, ont emporté la planche qui relie son toit au souk urbanisé et non moins ensablé au pied de la montagne. A chaque pluie battante, les bords de la rigole s’élargissent un peu plus en grignotant sa parcelle. Spacieux et sans bosselures il y a quelque temps, ce qui en avait fait un terrain de jeux pour les mômes par clair de lune, l’avant-cour tenait en définitive d’une tranche d’ananas aux trois quarts rongée.

Un craquement subit tire le père Panga de sa rêverie. Sa provenance située autour de lui, il prend la lampe-tempête et procède à un check-up scrupuleux du réduit de séjour. Rien d’anormal dans la charpente, excepté les gouttes de pluie qui, ici et là, tombent si fort dans un récipient qu’elles lui tapent sur le système. Sans s’en rendre compte, Panga baisse les bras dans un mouvement d’abandon. Conscient d’être l’acteur passif d’un drame inéluctable, il soulève la lampe pour vérifier la réalité de sa vision : une fente lézarde le mur extérieur de haut en bas. Sa famille se trouve en danger, s’alarme-t-il en songeant à l’évacuer au plus vite. Mais vers quelle destination, son plus proche parent habitant loin du paradis perdu ?

Panga s’approche mollo du mur afin d’examiner la fente. Aucun doute n’est plus permis : le "palais" de ses rêves d’enfant risque de s’écrouler un jour. Mû par l’instinct de conservation, il recule de quelques pas de peur que le mur de parpaings ne lui tombe dessus, trébuche contre un obstacle qu’il ne pouvait voir en faisant marche arrière. Plié en deux, le pater familias découvre du premier coup, les yeux écarquillés d’horreur, qu’une cassure de taille traverse le pavement d’un bout à l’autre. Un maçon réputé aux quatre coins de la "zone annexe", quoique bénéficiant de son concours de "tous travaux", avait pourtant mis son expérience dans la construction de la baraque ! Depuis quand s’était-elle formée pour que personne ne l’ait remarquée ? Plongée dans le clair-obscur permanent de la baraque, la maisonnée n’avait pu sans doute déceler son existence. La cassure examinée dans un serrement de cœur, le regard suppliant relève qu’elle fait la jonction de la fente au bas du mur, puis remonte celui-ci jusqu’au sommet. Une infiltration des eaux de pluie par le haut subodorée, le père Panga en déduit que si tel était le cas, autrement dit si des parpaings imbibés d’eau avaient fragilisé le mur, non seulement la ténuité de la fente ne s’expliquerait pas, mais elle exclurait aussi l’hypothèse avancée. Les deux failles forment par conséquent une ligne continue dont la source, eu égard à l’importance de la cassure, est déterminée par un facteur lié à la fondation de la baraque. Ce facteur provoque son extension et son élargissement, d’où le craquement sinistre entendu tout à l’heure. Bâtie sur le sol érodé du patelin, peut-être même infiltrée d’eau, la piaule maudite n’était plus qu’un château de cartes. Dire que sa brave femme, terrassée par la grippe, ne peut se remuer à un moment aussi critique. Dehors, la pluie martèle la toiture dans une berceuse inopportune.

« Zahina ! crie-t-il devant un pagne qui sert de porte à la chambre des parents, il faut déguerpir tout de suite. La maison va s’effondrer.

Je ne m’en sens pas capable, geint une voix déchirante de la pièce non éclairée. Est-ce qu’on a encore du thé ? J’ai terriblement froid ...

C’est pas le moment, Zahina. De plus, les charbons doivent être mouillés. Rappelle-toi les Kodiongo. On les a retrouvés ensevelis sous les gravats de leur maison. C’était la dernière saison des pluies. Allez, les enfants, tout le monde dehors ! »

Tandis que les gamins fourrent quelques effets dans un sac, le père Panga se glisse dehors sous une pluie fine. Marchant en retrait de son logis, il surgit derrière pour vérifier l’état de la fosse : première manifestation d’un cauchemar qui dure depuis deux/trois ans, le trou béant s’est encore élargi après avoir englouti, la saison précédente, les cabinets ainsi que le petit jardin potager. Les éclairs lui prêtent une gueule d’ogre malgré les ordures qu’on y jette pour le bourrer. Provoquée par un glissement de terrain survenu plus haut, glissement lequel avait occasionné des crevasses de toutes dimensions sur le flanc de la montagne, la fosse formait avec la rigole deux bras tentaculaires qui enserraient la baraque et allaient l’anéantir. Preuve tangible de son extension, elle s’arrêtait à deux doigts du mur de derrière, séparée de celui-ci par une mince couche de terre rongée. Tant d’années à tout rafistoler pour en arriver là !

Panga tourne en rond sous la petite pluie pénétrante, infichu de se fixer après son tour du propriétaire déboussolant. Trempé jusqu’à la moelle des os, il longe la rigole à distance respectable et s’en va récupérer, à l’endroit où les flots se débarrassent des trophées qu’ils ne peuvent charrier, la planche de traversée indispensable. Peu épaisse, mais large de trente centimètres et recourbée à son milieu, la pièce mesure plus ou moins quatre mètres. Après avoir repéré un passage resserré à l’aller, il y jette le pont de fortune à son retour.

Incapable de transporter sa dernière-née, la mère l’a confiée à son aîné de dix ans. Parfait, approuve le chef de famille en recommandant aux siens, une fois de l’autre côté de la rigole, de foncer chez les jumeaux et l’y attendre qu’il ait planqué leurs maigres biens en lieu sûr. Un pagne sur la tête pour se protéger de la pluie, la mère traîne un bambin dans son sillage, talonnée de deux autres dont le plus âgé porte la benjamine sur le dos. La terre argileuse colle aux babouches des fugitifs en leur donnant l’impression d’avoir des semelles compensées.

Le père Panga teste la solidité du pont par acquit de conscience. La tribu exhortée de fixer l’autre bout de la planche et d’ignorer les eaux en furie, il enjoint Zahina de traverser en premier avec un môme. Coutumiers de l’exercice, quoique troublés par le grondement paroxystique des eaux, la mère et le bambin rejoignent l’autre bord sans encombre. Un autre gamin passe, l’aîné s’engage à son tour avec la petite.

L’éclatement soudain de la foudre paralyse les sinistrés, suivi d’un affaissement sourd derrière eux. Entre deux éclairs, la tribu note qu’une bonne partie de la baraque a disparu du décor. Pour une raison inexplicable, le père Panga veut s’élancer vers les ruines, se ravise in extremis. Libérée un instant de la pression, la passerelle plie sous le poids conjugué du premier-né et de la benjamine. Le gamin, qui s’est figé pour graver l’image de l’effondrement dans sa mémoire, s’assure d’instinct de la présence de son fardeau, puis étend les bras en croix afin de rétablir son équilibre. Au même moment, la patte du paternel se pose sur la planche en lui imprimant un mouvement contraire. L’aîné sursaute avec sa charge, perd pied et plonge dans les eaux écumantes. L’orage reprend de plus belle.

Achille F. NGOYE

 

Tiré du recueil "Yaba Terminus", le texte original de cette nouvelle, intitulé "Tornade tropicale", est repris dans l’ouvrage "Nouvelles Africaines Anthologie" (Collection Littérafrique, Ed. Hachette). Sortie prévue en avril 2012.
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Bibliographie d'Achille Ngoye


Romans

Kin-la-joie, Kin-la-folie, L’Harmattan, 1993

Agence Black Bafoussa, Série Noire, 1996

Sorcellerie à bout portant, Série Noire, 1998

Ballet noir à Château Rouge, Série Noire, 2001

Nouvelles

Yaba Terminus, Le Serpent à Plumes, 1999

Big Balé, Le Serpent à plumes, 2001

Collectif (nouvelles)

La voiture est dans la pirogue, Ed. Le bruit des autres, 2000

Nouvelles voix d’Afrique, Ed. Hoëbeke, 2002

Bleu-Blanc-Sang, Fleuve noir, 2002

Les boucs émissaires, Images Interculturelles, Montréal, 2005

Kwak (n° 1 : l’assassinat), Ed. du Panama, 2005

Le camp des innocents, Ed. Lansman, 2006

 

 

 

 

Note de Vié ba Diamba

La biographie d'Achille Ngoye reproduite ci-dessus ne renseigne pas l'
exceptionnel travail (d'écrivain, de devancier, d'initiateur de ce qu'on pourrait appeler un nouveau "genre", voire une "école littéraire"... laquelle s'est, depuis, enrichie de nombreux autres talents)...
- "Invention" d'une autre façon d'écrire
(très éloignée du "conformisme" et de la grandiloquence boursouflée caractérisant le style d'une prétendue "élite", bien-pensante et bien-écrivante, héritière
de la colonisation et formée chez les "soeurs du Sacré-Coeur" ou chez les "Jèzes" ou encore dans l'un ou l'autre -petit et/ou grand- séminaire... et qui  courtisait les services culturels et de coopération des ambassades et fréquentait assidûment les centres culturels des Bulankos... et qui paradait, dindonnisait et s'auto-glorifiait dans des "chapelles littéraires", aussi sectaires qu'obscures... et qui se réunissant dans les anciens beaux quartiers de la Gombe, de Limete et de Ngaliema... mais qu'on ne voyait jamais à Mbanza Lemba, à Kitokimosi, à Malueka, à la Jamaïque ou dans d'autres quartiers de Kinshasa dont cette "élite" autoproclamée ignorait sans doute l'existence) seule à même, sans doute, de rendre compte, avec humour et dérision, de la vraie vie des Kinois de tous les jours, de leurs problèmes, de leur façon de s'exprimer et de voir le monde au sein d'une mégalopole en pleine explosion culturelle et démographique, trépidante et désordonnée, certes, mais ingénieuse et toujours créative...
- Souci également et capacité d'atteindre un public différent : un public de "bana mboka", composé aussi bien de yankees que de campusards (ou d'anciens du Campus)...
- Refus
de se plier complaisamment à des "normes" ou "contraintes" (stylistiques, linguistiques, thématiques, éditoriales ou de lectorat... voire grammaticales, lexicales et "orthographiques", etc) extérieures aux réalités de Kinshasa et au vécu (social, économique, politique et culturel) de 95% de la population kinoise à la seule fin de s'attirer les bonnes grâces de "sponsors et commissionnaires culturels", agences de coopération, organisateurs de festivals, montreurs d'ours tropicaux (des "exhibitions foraines" à Paris, Frankfurt, Bruxelles... voire dans des salles paroissiales et des bistrots de province... étant considérées comme le chemin obligé de la "reconnaissance internationale" et de l'élévation au rang d'écrivain établi, adoubé par les Bulankos, membre à part entière de la "world litterature") et dispensateurs de bourse-gadgets pour l'étranger (résidences d'auteur, voyages d'études, billets d'avion, visas, perdiem, etc), éditeurs et marchands, directeurs de collections, critiques littéraires et autres "maîtres à écrire" de Poto, souvent paternalistes et condescendants... ou, à tous le moins (et très naturellement) "ethnocentrés" ou "eurocentrés", etc
... r
éalisé par Achille Ngoye à Kinshasa comme créateur et animateur (avec Freddy Mulongo) de la revue « Jeunes pour Jeunes » et comme observateur des nuits de Kinshasa dans des chroniques de presse aujourd'hui mémorables

Voir à ce sujet, notamment, mes commentaires (figurant dans un texte intitulé « le chaudron culturel congolais ») où j'évoque
«  (...) le Kinshasa des écrivains congolais de la vie « au taux du jour »... 
celui d'Achille Ngoye (ce "jeune homme" que les musiciens de Kinshasa, dont il accompagnait les concerts et les tournées jusqu'aux petites heures de l'aube, appelaient "Père Ngoye"! ), créateur et animateur, dans les années 1968-1971, avec Freddy Mulongo, de « Jeunes pour Jeunes », la revue mythique des bills et des yankees, dont les héros s'appelaient Apolosa, Kiwata, Mama Sakina et Mose Konzo, Sinatra
- S'opposant à Molok le gladiateur et l'affrontant avec vaillance  !

le justicier du quartier, Durango, le brigadier Mongala... où se firent connaître, notamment, les dessinateurs et auteurs Boyau Loyongo, Lepa Mabila Saye, Bernard Mayo, Djemba Djeïs et Sima Lukombo... Achille Ngoye racontant les nuits (musicales et autres) de Kinshasa dans le quotidien « Salongo » : des chroniques chaudes comme des mikate, signées N.T., qu'on s'arrachait tous les matins... Achille Ngoye et ses romans et recueils de nouvelles, « Kin-la-joie, Kin-la-folie », « Agence Black Bafoussa », « Ballet noir à Château-Rouge », « Sorcellerie à bout portant », « Yaba Terminus », « Big Balé »...

Cliquez sur:

http://jodi.over-blog.net/article-vie-ba-diamba-alias-ddl-et-le-chaudron-culturel-congolais-dont-na-kanaye-kaka-il-se-revendique-98035629.html


Dans un autre texte intitulé « 
Dernier épisode de la série « Tintin au Congo » : Tintin et les élections ? », j'évoque également le formidable (et toujours actuel) impact culturel et social de la revue « Jeunes pour Jeunes » 
Cliquez sur:

http://kamundele.blogspot.com/2011/12/km-10.html

 

J'invite enfin, pour
- Et ça cogne !
le fun, à redécouvrir cet extrait de « Jeunes pour Jeunes » (n° 18) reproduit par Manda Tchebwa dans son ouvrage « Terre de la chanson: la musique zaïroise, hier et aujourd'hui » (Duculot, 1996).
Cliquez sur :

http://books.google.be/books?id=d6oWtI-cx70C&pg=PA136&lpg=PA136&dq=%22jeunes+pour+jeunes%22+sinatra+contre+Molok&source=bl&ots=2gPVaaYY_N&sig=OtOtRt7xeJaipq5cETdOiCXEDOw&hl=fr&ei=X7bcTpDMKsOj-gaUqtjWCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CCIQ6AEwAQ#v=onepage&q=%22jeunes%20pour%20jeunes%22%20sinatra%20contre%20Molok&f=false


ddl
alias
VbD


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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 17:46

 

 

Jodi, le blog

Le blog de Jodi ("Jodi le blog") est devenu*, depuis janvier 2011... un « blog littéraire », peut-être ? Meuuuuuunon ! Omona wapi ? Une toute simple, très banale et sans prétention...

Lettre d'information
Soki News of the World ? Soki B.I., soki mabanga !

Didier de Lannoy
2012


Autres fronts :
Kamundele na makayabo(le dernier front ouvert)? Cliquez sur : http://kamundele.blogspot.com/
Les Cookies? Cliquez sur: http://haikookies.blogspot.com/
Faits de société (Ana et le Congo, série 4)? Cliquez sur : http://anaco3.over-blog.net/
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J'ai diffusé précédemment sur le "blog de Jodi"
CRASH TEST : LA METHODE C.K. STAR
une nouvelle "terrible" de l'écrivain

 

Achille Ngoye


en rappelant, dans une post-face signée Vié ba Diamba, alias ddl,  tout ce que je devais, non seulement à ce super djo, mais aussi, de façon générale, à tous les créatifs du

Chaudron culturel congolais

 

 

 

Je
Entretemps, Achille Ngoye, toujours aussi exigeant avec lui-même, m'a transmis une nouvelle version  de son texte... et j'ai, moi-même été amené à apporter des corrections au mien (à l'enrichir comme on dit) et à le faire précéder d'un "avertissement"
me trouve à présent dans l'obligation
pour des raisons d'ordre purement "technique": les deux textes, mis ensemble, comportent trop de caractères...
de "délocaliser" cette post-face
et d'en faire une "lettre d'information" à part
 

Pour lire la nouvelle d'Achille Ngoye dans sa version remaniée, cliquez sur:
http://jodi.over-blog.net/article-achille-ngoye-95375728.html

 

Pour d'autres informations sur Vié Ba Diamba (qui , dans certaines circonstances de temps et de lieu, se fait appeler Vieux Zumbel) cliquez sur:
http://kamundele.blogspot.com/2011/11/km-7-qui-est-vieux-zumbel.html

 

   

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Quel "chaudron culturel congolais" ?

par
Vié ba Diamba
alias ddl

Avertissement
("a posteriori"... car posté après une première diffusion de mon texte en annexe à  la nouvelle d'Achille Ngoye
CRASH TEST : LA METHODE C.K. STAR)

Suite à un échange de courriels avec mon ami GdV (
ton "chaudron culturel congolais" c'est un de tes beaux éloges à la "congolité". Mais bon, bien sûr, qui me laisse perplexe. Il y a trois "chaudrons" dans ton texte, le culturel, le social, et le politique, et dont on voit mal les articulations...), j'apporte les précisions suivantes:
Au Congo comme ailleurs, la vie de tous les jours (et la politique aussi... que les gens font ou qui leur est faite) FAIT INTEGRALEMENT PARTIE de le culture !
Elle en est le fondement même, la base profonde et indispensable !
Mon texte sur le "chaudron culturel congolais"  tendait précisément à établir et
- Apparemment, je n’y suis parvenu ?
à mettre en évidence que ee “chaudron"  commençait avec les ligablistes, les catcheurs et les wewas... avant même (ou, à tout le moins, tout autant que) les dessinateurs-fabricants de cachets, les artistes coiffeurs, les musiciens... et les écrivains !

 

Pour ne pas se contredire, il vaut mieux se répéter, se répéter et se répéter encore...
Voici donc, à nouveau modifié et
- Et recomplété et recorrigé : c'est ainsi que Le Potentiel (dans lequel Yoka Lye Mudaba publie ses confidences d'un chauffeur de ministre) redevient ce qu'il a toujours été, un quotidien !
très abondamment (et même abusivement ?) annoté, un textei
  descriptif de ceii« chaudron culturel congolais » dans lequel ddl, aliasVié ba Diamba, est tombé depuis très longtemps... ce qui l'oblige
- Et (na nko ! na kanaye kaka !) à revendiquer avec orgueil !
Ata nazali "fo motu" (fo falama to fo bulanko... mundele madesu, kaka) ! Ata nazali "fo congolais" mpenza... et que nalobaka lingala malamu te et que nazokoma (aidé par quelques coups de langue de Mwana Danzé, de Gododo et de Kanuma-Nguibidi alias "Petit") cinq ou dix mots de "fo lingala" seulement !  Ata nazolata bilamba ya tralala ! Ata nakomi fazer to kokobar to tshoro ! Ata nakomi mpaka to mpiaka ! Ata nayokaka malamu lisusu te ! Ata nakoki komela bière na lotoko lisusu te ! Ata nalingaka mbisi te ! Ata nalingaka kokende na matanga te ! Ata nayebi kobina bien te, surtout le mutuashi et le sundama ! 
à reconnaître  son appartenanceiii à l’école congolaise de la dégoiseiv et, notamment, de l’écriture...


 
Ben oui, c'est au Congo, à Kinshasa
- Où, pourtant, il avait brûlé tous ses "manuscrits" en 1986 !
que ddl alias VbD a réappris à vivre et à écrire et c'est dans ce pays que l’envie, le goût (voire le talent ?) d'écrire lui sont revenus... le Kinshasa (toutes générations

- Et à Kinshasa, tout bouge tout le temps... et ça n'arrête jamais... les mots aussi: les bills et les yankees deviennent des ballados... et puis, un beau jour, (originaires d'Angola ou de l'avenue Bofala, dans la commune de Ngaba ?) arrivent les kulunas...

confondues...) des
quados, des kadhafis, des pombas, des ngembos et des shégués, des mastas et des kokobars...

celui de gens de tous les jours, des taximen et des wewas (dont on rapporte qu'ils seraient d'anciens creuseurs réduits au chômage...  et qui se seraient reconvertis dans un "nouveau métier" de substitution... qu'ils tendraient même à monopoliser... celui de transporteur de personnes en taxis-motos), des pompistes, des conducteurs et des chargeurs de taxibus (qui ont définitivement supplanté les vieux fula-fula complètement déglingués), des porteurs du Grand Marché, du Beach Ngobila, des minoteries (Pain Victoire) ou des dépôts de ciment et
- Jalousie à bas ! Ecrasons lentement !
des « poussateurs » ou
- Surtout, pour raison d'homonymat, ceux qui bossent pour les entreprises DDL, ayant leur siège à Kintambo, sur le Kasa-Vubu !
tireurs de pousse-pousse...
celui
des archevêques, bishops, apôtres, prophètes et autres « représentants légaux » d’églises du réveil...
celui des chômeurs sans diplôme et des diplômés chômeurs...
celui des élèves des écoles privées qui se font conduire au cours en voiture et qui se moquent de leurs professeurs qui prennent le taxibus ou « font le pied »... ou, même, se déplacent à vélo...
celui des tenanciers de bars et de cybercafés...
celui
des électriciens, des plombiers, des maçons, des carreleurs, des mécaniciens, des ferronniers, des fabricants de meubles et des fabricants de matelas...
celui des dépanneurs en informatique, des réparateurs de chaussures, des réparateurs de téléviseurs et des « frigoristes » (réparateurs de frigos et de climatiseurs)...

celui des domestiques, des « nounous », des jardiniers et des sentinelles... et des chauffeurs particuliers...
celui des creuseurs de sable, des briquetiers et des casseurs de pierres, fabricants de caillasse...
celui de ceux qui se nourrissent de diata ou
rongent des os de poulet (revendus en « bottes », à Kingabwa)... et qui ne savent pas toujours ce qu'ils vont pouvoir manger demain...
c
elui des chefs de quartier, des agents du service de l'hygiène, des agents de la Snel et de la Regideso, des « roulages », des mbilas, des ngandos... et des fonctionnaires mal payés depuis toujours et impayés depuis quelques mois...  

 

celui des fabricants de faux (et de vrais) cachets et d’enseignes (et de visas pour Lola, le Paradis)...
celui des commerçantes du Marché Central ou du Marché Gambela (avenue du Sport, dans la commune de Kasa-Vubu), des « koborera » (qui "font la route du Bas-Congo"), des vendeurs de téléphones de la place des Artistes (au rond-point Victoire, dans la commune de Kalamu), des vendeuses du marché « Baudouin » (dans la Cité des Anciens Combattants, à Binza Ozone) ou du Marché Bayaka (au croisement des avenues Asosa et Kasa-Vubu, dans la commune de Ngiri-Ngiri) ou du Marché Somba Zigida (ou
- C’est plus érotique !
Simba Zigida) (au croisement de l’avenue Dima et de l’avenue du Plateau dans la commune de Kinshasa)...
celui des petites vendeuses de tas de tomates et de pili-pili sur le trottoir et des patronnes de ngandas

- On se retrouve chez Mère Anto, chez Tantine Ana ou au Nganda Césarine !

ou de malewas...
celui des vendeurs de noix de cola, d’œufs durs et d’aspirines à la sortie des bars, des Bana Mayi (commerçants d'« eau pure » en sachet ou en bouteille), des Bana Petrole, des vendeurs de papiers mouchoirs, des vendeurs de cigarettes
- Spéciales ou ordinaires ?
à la tige, de boulettes de "nwa" (alias diamba) et de Supu na Tolo...
celui des basketteuses et des footballeurs, des catcheurs et des boxeuses...
celui des coiffeurs, des couturiers, des marchands
- A essayer sur place !
de lunettes dans la rue, des vendeurs et vendeuses de tombola bwaka (chaussures, sacs, vêtements, petites culottes...), des vendeurs-placeurs de faux-cils et des Bana Vernis, des tresseuses
- Songi-songi ?
- Mabe !
réputées cancanières et dont on pourrait croire qu'elles « cherchent des poux dans la tête des gens »...
celui des sorciers qui (après avoir tâté du grand séminaire) sont devenus (avec la plus grande distinction) docteurs en sociologie ou en anthropologie d’une célèbre université catholique romaine...
celui des militantes des droits de la femme et des manifestantes qui passent la nuit devant l' Ambassade des Etats-Unis... et celui des "rideaux ya ndako", des soeurs en Christ et des « bureaux »... et celui des « ivecos », des « tiercés », des « londonniennes » et des « boma l’heure »... et celui des « momies », des « nzele », des « petites kadogo » et
- Abuoo ?
- Pia !
des « fioti-fioti »...


et aussi le Kinshasa des musiciens et des sapeurs, des créateurs de bandes dessinées, des concepteurs de motifs de pagnes, des sculpteurs et des peintres dits « populaires »...
celui de Luambo Makiadi (le « grand maître » absolu), Lutumba Ndomanueno alias « Simaro Masiya », Jeff Kabasele, Tabu Ley, Mpongo Love
, Verckys Kiamuangana Mateta (et Isaac Muzekiwa, un des tous premiers saxophonistes de la musique kinoise, écrasé par une voiture à la sortie du bar « La Samba », en traversant le Kasa-Vuvu, vers 5 ou 6 heures du matin... et décédé des suites de cet accident, depuis déjà longtemps), Nyoka Longo, Lita Bembo, Papa Wemba, Pepe Kallé, Bozi Boziana, Evoloko Joker et Djuna Djanana, Koffi Olomide, JB Mpiana et Werrasson, Fally Ipupa et Ferre Gola et tant d'autres...
celui d'Asimba Bathy, principal héritier de l'esprit qui animait à l'époque
- Asimba et Djemba Djeis m'ont dit envisager (avec Boyau Loyongo) de relancer le personnage d'Apolosa... en "lingala facile" ou en frangala, le "français facile de Kinshsasa", pour que la série puisse être lue aussi ailleurs ! Waoow !

la revue « Jeunes pour jeunes », fondateur de Yaya en association avec Disco Magazine, créateur et animateur principal de Kin Label...
celui de Mfumu'Eto 1er
 , Jason Kibiswa, Fati Kabuika … 
celui de Chéri Samba, le pamphlétaire et le chroniqueur de la vie des hommes… le « peintre truculent » du dictionnaire Hachette… le complice de toujours...
celui de Sim-Simaro, Syms, Bodo et tant d'autres... celui d'Edingwe et de Maître Lopez... celui de
Stervos Niarcos alias Ngantshie (le pape de la religion Kitendi), du danseur Emoro, du Trio Dasufa (Commandant Danga, Caporal Murumba Suplesse et Abula Ngando Fasco)... celui de Ray Lema et de Pascal Kongo, dit Paki, qui étaient grands amis lorsqu'ils jouaient ensemble dans les Yss Boys (avec Bony, évidemment), puis au Bobongo... et qui, quelques années plus tard, se sont égarés, fourvoyés et définitivement éloignés l'un de l'autre dans l'aventure, étonnante et délirante, de la création d'un opéra national (les « répétitions », très enfumées et quasiment paranoïaques, avaient lieu à la Fikin)... qui finalement n'a jamais vu le jour...

celui de "Qui Saura", alias César Lumbu
- Rencontré, la toute première fois, au Self-Control, chez Fano, dans l'ancien bar de Maïtre Taureau, à Yolo !
de "Sardou", de Disco Magazine et de Biaka Press (34e rue, n°27 au quartier Kimbangu)... et de Champro King, alias "Champro-Mitterrand-de-Monaco" qui faisait couler le « Rio de Suba-Suba » dans les couloirs de la « Tempeta de Oro », à l’entrée de Yolo-Nord, près de chez Djo Mali et de la maman de Marie Tumba Nzeza, à cent mètres du camp Kauka et (dans l'autre sens) pas très loin non plus, surtout à pied, de la première maison kinoise de VbD, une maison « Fonds d’avance » qu'il avait louée à un fonctionnaire absolument charmant, frère du défunt propriétaire de la baraque, dont VbD ignorait à l’époque qu’il était aussi « administrateur » d'un des principaux services de sécurité de Mobutu, au n° 16 de la rue de Mpangu (a-t-elle changé de nom?), là-même où Jeff Kibonge Mafu Gento était venu, en fin d’après-midi, avec plusieurs joueurs de foot et des catcheurs sudistes
- Heureusement que tous les branleurs et les glandeurs du quartier (avec lesquels VbD, Christophe Ngaï et Paki organisaient de grandes batailles de seaux d’eau) se sont mobilisés pour défendre leur « mundele madesu » ! Yolo-Nord contre Yolo-Sud ! VbD était pourtant un fervent supporter de l’équipe de Gento, non ?
- Quelle équipe ?
- Vita, quoi ! alias V-Club !
- Pourquoi Vita ?
- Parce que Mandala Mandar qui était, à l'époque, l'ami, certes... mais aussi le DG de VbD, défendait les couleurs du Daring, alias Motema Pembe, eh !
donner une bonne leçon à ce bulanko dont on lui avait rapporté qu’il fréquentait Marie Moke et qu’il avait même déposé deux casiers de bière dans la parcelle d’un oncle, à Yolo-Sud, pour « kokanga lopangu »...


celui aussi, aujourd'hui, des candidats aux élections (et à un emploi bien rémunéré), des « agents indélicats » de la Commission Nationale Electorale Indépendante et des magistrats
- Rendant des arrêts "flash" !
inféodés aux autorités, des deux prestations de "serment constitutionnel", au courant de la même semaine, dans deux communes différentes (Ngaliema et Limete) de cette même ville de Kinshasa...
celui des « fauteurs de troubles » et des « forces de l'ordre »...
et celui aussi de « conflits » violents (avec "destructions méchantes", pillages,
cassages de gueules et 
- Dans la presse dite "internationale" et dans les communiqués des organisations (tant nationales qu'internationales) de défense des droits de l'homme, on parle beaucoup (et à très juste titre: les arrestations arbitraires, les brutalités policières et quelques tirs mortels, à balles réelles, des "Mura" de la Garde Républicaine, anciennement appelée Garde Présidentielle... ne peuvent être niés et doivent être condamnés) des violences du "régime en place"... mais pratiquement jamais des violences (dans les Kasaï, à Kinshasa ou ailleurs... contre les militants du Palu, les Kimbanguistes, etc) et des intimidations de l'opposition... Parce que cette opposition dite "démocratique"... mais particulièrement intolérante vis-à-vis de ceux (ils existent quand même ! tout le monde n'a pas voté partout en faveur du seul parti d'E.T., cela aussi est incontestable !) qui ont voté "autrement"... s'auto-proclame "non-violente" ? Bizarre, non ?
meurtres...
) qui, quelquefois, ressemblent presque à des guerres de religion (catholiques contre protestants et kimbanguistes... ou inversément... toutes les églises faisant à présent de la politique et chacune ayant, apparemment, choisi son camp)...
celui de la prison de Makala... et celui des cachots, échappant au contrôle des parquets, de l'ANR, du bataillon PM du camp Kokolo, de l'Etat-major des Renseignements militaires (ex Demiap, à savoir les services de "détection militaire des activités anti-patrie"), du camp Tshatshi, de l'immeuble GLM (ex Groupe Litho Moboti) où seraient également logés les chiens anti-émeutes et "terrorisants" de la « Brigade canine » (bergers belliqueux et pitbulls patibulaires)... et du Palais de Marbre et de sa piscine « abandonnée, pleine de batraciens » où, d'après un communiqué de la « Voix des Sans Voix pour les droits de l'homme », VSV, daté du 1 décembre 2011 (communiqué cité et commenté dans La Tempête des Tropiques du 22/12 et reproduit intégralement, notamment, dans Le Satellite du 28/12) sept partisans de l'UDPS, nommément cités (à savoir Mukania Kalonji, Tshamala Lumbala, Jean-Claude Ntambwe, Bovic Buele, Rosky Sengambo, Alain Apamoto et Eliane Buele) auraient été jetés par des éléments de la Garde Républicaine après avoir été arrêtés, le samedi 10 décembre, vers 6 heures du matin, brutalisés et passés à tabac, puis « embarqués à bord de deux véhicules militaires de marque Jefang » et acheminés « derrière le Palais de Marbre »...


et enfin… bien sûr, on y arrive
- Pourquoi ne pas l'avoir dit plus tôt ? Comment se taire encore  ? Pourquoi continuer d'impatienter les gens (oh !) ?

on y arrive, on y est...
le Kinshasa des écrivains congolais de la vie « au taux du jour »... 
celui d'Achille Ngoye (un "jeune homme" que les musiciens de Kinshasa, dont il accompagnait les concerts et les tournées jusqu'aux petites heures de l'aube, appelaient "Père Ngoye"), créateur et animateur, dans les années 1968-1971, avec Freddy Mulongo, de « Jeunes pour Jeunes », la revue mythique des bills et des yankees, dont les héros s'appelaient Apolosa, Kiwata, Mama Sakina et Mose Konzo, Sinatra
- S'opposant à Molok le gladiateur et l'affrontant avec vaillance  !

le justicier du quartier, Durango, le brigadier Mongala... où se firent connaître, notamment, les dessinateurs et auteurs Boyau Loyongo, Lepa Mabila Saye, Bernard Mayo, Djemba Djeïs et Sima Lukombo... Achille Ngoye racontant les nuits (musicales et autres) de Kinshasa dans le quotidien « Salongo » : des chroniques chaudes comme des mikate, signées N.T., qu'on s'arrachait tous les matins... Achille Ngoye et ses romans et recueils de nouvelles, « Kin-la-joie, Kin-la-folie », « Agence Black Bafoussa », « Ballet noir à Château-Rouge », « Sorcellerie à bout portant », « Yaba Terminus », « Big Balé »...
celui de Yoka Lye Mudaba, le « patron », l'incontournable, le stratège et le commandeur des croyants... et l'auteur, notamment, d'un recueil de nouvelles « Le fossoyeur », de très célèbres « lettres d’un kinois à l’oncle du village » et, à présent, des « confidences de chauffeur de ministre » paraissant chaque semaine dans le quotidien « Le Potentiel »
celui de Mweya Tol'ande qui signait Mweta, de Kis (feu Léon Kisinga M'Pemba) et de ses "commérages"…


et celui de la vague venue après
le Kinshasa de Vincent Lombume Kalimasi... le discret mais l'orgueilleux, l’insondable Vincent… le frère de Riva... et aussi l’ancien guitariste
- Erreur moko ya grave (faute na ngai te: c'est Google et Internet qui m'ont trompé, oh !) : VLK faisait partie de Mustang et non pas des Yss Boys ! Il ne jouait pas de la guitare, il chantait (à la façon d'Otis Redding) !
des Yss Boys que tout le monde, à l’époque, appelait « Vince »… et qui était aussi, dit-on, le joyeux compagnon de sorties d’Evoloko Joker... Vince et ses « errances », son « bus nommé Kin-la-belle », sa « légende du Roi Crapaud »... qui n’a rien d’un cadet et
- Alors même que VbD n'habitait pas trop loin de chez lui, sur Kanda-Kanda, Dibaya ou Momboyo (tout près de chez Petit Jean) ! Presque un voisin, quoi !
que VbD s'étonne, encore aujourd'hui, d’avoir « rencontré » si tard...
celui de In Koli Jean Bofane, alias "Fossoyeur Jones"... et son « pourquoi le lion n'est plus le roi des animaux », ses "mathématiques congolaises"… et les nouveaux personnages hors normes qu'il nous prépare, avec flegme et
- Ozala motema moto te ! Zela kaka !
sans impatience… dont un « pygmée de haute taille », avec téléphone cellulaire et ordinateur portable…
celui de Bibish M.-L.Mumbu... et ses « obsessions », son « j'y pense et puis je crie », sa « fratrie », ses « chansons sans air » et, bien sûr, « Samantha à Kinshasa»... exilée depuis peu au Canada… et qui commence à manquer beaucoup à la ville de Kinshasa, à la commune de Bandalungwa, au quartier Synkin, à la rue Mbavu... et réciproquement, sans aucun doute...
celui de Papy Maurice Mbwiti, ses « Béjarts », son « Billy les kids » et le surprenant « Moziki littéraire » qu'il vient de lancer avec Bibish Mumbu et Finasser Mwamba...

et celui de tant d'autres soeurs et frères en arts pratiqués "autrement"...
celui de Freddy Tsimba qui continue de ferrailler, découper, souder, « écrire »... avec toujours autant de puissance et d'obstination… non seulement à la roquette et au fusil mitrailleur… ou même à la machette... mais aussi

- A la cuiller et à la fourchette !

avec tendresse... même lorsqu'il s'agit d'une partie de « viol armé » ou d'une séance d'humiliation de captifs
- Seulement coupables d'être pauvres et d'avoir eu faim... ou d'avoir voulu vivre ailleurs... ou de penser autrement ?
alignés, les mains en l'air et les jambes écartées, plaqués contre un mur, déculottés... ou encore d'un « spectacle-sculpture », muet et assourdissant, mettant en scène une voiture désossée, transparente, sans moteur, poussée par une dizaine d'hommes-fantômes... faméliques mais solidaires et déterminés... dont on ne sait pas où ils vont mais on ne doute pas
- Ata ndele mokili ekobaluka !
qu'ils y arriveront...
celui des comédiens des troupes "Salongo" (Mayimputu Kwedi, Mabele, Ndungi Mambimbi alias "Masumu") ou "Minzoto" (Likwanganzale, Kimbanseke)... et des "chroniqueurs" et "caricaturistes" de la vie kinoise qui animent les émissions de télévision "Lingala facile" (sur Direk TV et, auparavant, sur Baraka TV, TV 1 et Ratelki) et "Kinshasa Makambo" (sur Mirador)...
celui de tant d'autres peintres, dessinateurs, chorégraphes et cinéastes de talent, Moseka Yogo Ambake, Barly Baruti, Hallain Paluku, Aimé Mpane, Faustin Linyekula, Djo Munga, Bakupa Kanyinda Balufu, Ngangura Mweze, Kibushi Ndjate Wooto...

celui de ces anciens kinois
- Tous anciens Kinois devenus ensuite des bruxellois (ou des brukinois) ? Pas tous ! Il y a sans doute des Bukaviens, des Lushois et des Bomatraciens parmi eux !
qui se nomment
- Et VbD en oublie certainement ! Parmi les meilleurs et les plus renommés... et les plus acariâtres et les plus rancuniers ? Aïe ! Faute ya Alzheimer (ou accident de Bonana ?) ! On les citera plus tard... quand leurs noms reviendront ! Sinon, ils vont tous se fâcherr ! Que Mwana Danzé se porte vitement au secours de la mémoire défaillante de VbD, oh !
- Qui ça ? On peut aider ?
Vieux Henri et Hono, Bruno Kasonga, Elisabeth Lusinde, Monique Fodderie, Césarine Bolya Sinatu, Justin Kankwenda Mbaya, Roger Mazanza, Passina Bula-Bula, Cornélis Nlandu, Joseph Nzau Seke, Christine Iyofe Isasi, Henri Boma, Omba Nzema, Anselme Kaleme Tampi, Franck Ngbanzo, Indirah Osumba, Denis Nanga, Dunia Sendwe, Louise-Marie Bolela, Valérie Kanza, Daddy Kasa-Vubu, Joseph Kayomb, Nicole Bofunda, Hélène Madinda, Maurice Mbiye-Beya, Kabu Mwape, Jean Omasombo, Michel Kalenda, Ben Mavinga, Denis Kabiona Kaseke, Hubert Kabambi, Criso Kitenge, Filip Tambwe, François Okito, Marie-José Engulu, Nancy Lokota, Denise Mputu, Arnaud Malebe, Tchim Tabaro, Max Ngbanzo la Mangale, Ima Mukakimanuka, Laetitia Kalimbiriro, Tchen Mukazi, Marceline Madoki, Germain Mukendi, Justin Mayimba, Robert Ekofo, Médard Tambwe, Malou Moninga, Maddy Tiembe, Rachel Mpanu-Mpanu, Antoinette Safu Mbakata et Ana Lanzas (alias Mwana Danzé) ?
- Meunon, pas eux ! Pas ceux-là (et surtout pas celle-ci, quand même) ! On veut bien les saluer, toutes et tous (dans le cadre des « mabanga de la nouvelle année » !)... mais ce ne sont pas (quoique, Germain, Daddy... et quelques autres aussi qui, comme Christine, ont une plume ou un pinceau qu'ils cachent au fond de leurs poches ou dans leur sac...) des artistes, ces gens-là ! Et parmi eux, il y en a même qui sont devenus Français... ou Américains ou Canadiens, oh !

Dizzy Mandjeku Lengo, Sylvie Nawasadio, Nicole Letuppe, Dieudos Makwanzi Minzamba Duki, Yannick Nkoy, Jean-Paul Kilosho, Alonzo Baba, Kungu Luziamu, Dread Litoko (le slammer... mais qui ne veut pas qu'on le dise !), Jeanjou Kawende, Raymond Suke Nzanga... et Dieudonné Kabongo qui vient de nous quitter...

et le Kinshasa aussi d'un Lushois, Fiston Nasser Mwanza Mujila... pas tout à fait kinois, certes...
- Seul Lushois parmi tant de Bana Leo ?

mais cependant très proche... ses « ex » et son « bouger », son « corps vide », ses « craquelures »... et dont le mandat de stadtschreiber de la ville de Graz est arrivé à expiration depuis longtemps, mais qui

- Pour combien de temps encore ? Et auprès de qui (si on peut se permettre d'être indiscret) ?

semble, pour l'instant, s'être fixé en Autriche

sans oublier, avant tous les autres
- C'est la raison pour laquelle (ou serait-ce par élégance... ou par modestie ?) il se permet de laisser, sans crainte, tout le monde se bousculer devant lui ? Il est le (tout) premier et ne cessera jamais de l'être ! Une interface et un passeur ! Celui qui entend les logiques des uns et des autres, transpose, transcende, opère des synthèses équilibrées ! Celui qui propose un chemin, mène sur la voie, conduit, accompagne, soutient ! 
le Kinshasa du premier véritable "éditeur" de VbD
, Anastase Nzeza Bilakila qui a fait découvrir "sa ville" et son pays  à un VbD qui venait d'arriver au Congo (et qui ne s'appelait encore, à l'époque... que ddl) et fût la première personne à avoir manifesté de l'intérêt pour certains des textes de VbD et
- Ya Nze était un véritable « éditeur »… qui prenait des risques et ne cherchait pas à se conformer à un marché… et qui publiait des textes lorsqu’il les appréciait... pour que d’autres puissent les lire aussi... tout simplement...
à les avoir "rendus accessibles à un public"…
 

Voici doncv les maîtres et les maîtresses de Vié ba Diamba !

à Kinshasa, au Congo...

 

i A propos du « chaudron culturel congolais »: il s'agissait, au départ d' une dépêche de l'agence de presse privée « Ana et le Congo », AnaCo, série 2 : « Je suis le Président-fondateur de la branche congolaise de la famille », la Bracofa ; cette dépêche a été publiée dans un des fascicules (ddl.textes 1) produits par La Maison du Livre à l'occasion de la rencontre littéraire « Bibish Mumbu vs Didier de Lannoy», arbitrée par In Koli Jean Bofane et organisée à la MDL, en date du 10 octobre 2007, dans le cadre de la manifestation culturelle Yambi ; cette première version a ensuite été « remaniée » et diffusée  sur le "blog de Jodi", le 24 août 2009.

ii Quel « chaudron culturel congolais »  ?  Il en existe d'autres, évidemment
- Ce chaudron-ci auquel VbD se réfère est, en effet, particulièrement kinois  et « englobant » (même Fiston Nasser Mwanza, le Lushois se serait laissé séduire... à moins que, à l'inverse... mais ce n'est pas incompatible... il ne se soit approprié Kinshasa ?) ! Et très empreint de « kinoiseries », urbaines, irrévérencieuses, contestataires et même, quelquefois, libertines et mécréantes... qui ne sont pas toujours appréciées « à l'intérieur du pays » et dans certaines « cercles »  et milieux !
ailleurs, un peu partout, à proximité des « missions », des « séminaires », des instituts supérieurs pédagogiques et des universités... à Kikwit, à Gungu, à Idiofa, à Lodja, à Kananga, à Mbuji-Mayi, à Uvira, à Bukavu, à Butembo, à Bunia, à Kisangani, à Isiro, à Buta, à Gemena, à Mbandaka, à Mbanza-Ngungu, à Matadi, à Boma, à Kamina, à Likasi et, surtout, à Lubumbashi... et aussi, bien sûr, dans différents pays du monde, au sein de la diaspora zaïro-congolaise... En ce qui concerne la production littéraire de la RDC, on ne peut pas, effectivement, passer sous silence les buku ou, si on préfère, les "oeuvres
littéraires"
- Sans oublier, évidemment, celles des grands anciens, Antoine-Roger Bolamba et Paul Lomami Tshibamba !

de V. Y. Mudimbe, Matala Mukadi Tshiakatumba, Zamenga Betukezanga, Charles Djungu Simba, Clémentine Nzuji-Faïk, Antoine Tshitungu Kongolo, Muepu Muamba, Mukala Kadima-Nzuji, Mobyem Mikanza, Bolya Baenga, Georges Ngal, Kama Sywor Kamanda, Pius Ngandu-Nkashama, José Tshisungu wa Tshisungu, Pie Tshibanda, Emongo Lomomba, Jean-Claude Kangomba Lulamba, Monique Phoba, Patrick Mudekereza... et tant d'autres... mais ces écrivains, souvent plus « classiques », relèvent d'autres "esthétiques formelles" et/ou d'autres écoles d'écriture, moins

- Moins « kinoises », quoi !

subversives peut-être (mais ce n'est pas sûr...) et certainement moins "déjantées" !  Ils n'en ont pas moins toute leur place

- Enorme!

et tout leur valeur

- Incontestable !

dans la littérature de la République Démocratique du Congo...

iii Très loin
- Aussi loin que possible !

des écrivassiers de son Europe natale, des "écrivains-vains", faiseurs de livres, remplis d'eux-mêmes, "faux bato" (faux philosophes, faux aventuriers et faux amants), sans style ni passions, nombrilistes de leur cul, jamais poussés par aucune nécessité ni par aucune exigence, seulement soucieux de leur « gloire » et de leur pognon...

iv Comment peut-on bien traduire en lingala, le verbe « tchatcher » ? Comment exprimer l'art de la tchatche et le bagou des gens de Kinshasa ? Ce talent-là de celui et de celle, ndomboleur à Bandal-Tshibangu ou vendeuse de diata à Kingabwa, « kuluna » à Ngaba ou chef de travaux à l'Unikin, écrivaine de la « vie au taux du jour » des gens de son quartier (de ceux qui ne roulent pas en 4x4 climatisée avec vitres fumées mais qui se déplacent en taxibus... ou
- Nawuti Kingasani ya Suka na makolo tiiiiiiiiii na Zando ya Munene !
à pied, d'un coin de la ville à l'autre...) ou journaliste-quado débrouillard (à la recherche d'un bon client et d'un « coupage » bien rémunéré), dont on dira que « aza na litoyi... na monoko mpe ! » ? Kobeta masolo (rapporter, raconter), kotia litoyi (draguer), kosala monzele (s'habiller avec élégance), kobeta tolo (se vanter), kobeta tshangi  (squiver), kobuka lokuta (raconter des mensonges), koyoka zuwa (être jaloux), kozua kanda (se fâcher), komeka mozindo (provoquer), kozanga ndoyi (ne pas avoir son pareil), kokweya ndeke (tomber amoureux), koyokela mawa (avoir pitié) ? Un peu de tout ça ?

v Tous genres, âges, tailles, races, spécialités ou
- On dirait un catalogue de films pornos, oh ! pourrait s'inquiéter Esprit y Mofiti ... ou un plateau de fromages belges (si, ça existe !), non ?
- E bongo !

sexes confondus...

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* Pour accéder aux autres autres entreprises du groupe Jodi, cliquez sur:
http://jodi-book.over-blog.com/
  ("Jodi le book") et
http://lacarcasseetlesos.blogspot.com/
  ("Jodi le broc") et
http://jodi.over-blog.net/article-restez-bien--39731236.html
(dernière dépêche, diffusée en novembre 2009, du blog de Jodi sous son ancienne forme)

 


 

 

 

 

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 Didier de Lannoy
 delannoydidier@gmail.com



Après avoir, au Congo, mis le feu à tous ses manuscrits comme on brûlerait ses vaisseaux, Didier de Lannoy, en rentrant de son très long séjour africain, s’est dit qu’il était temps désormais de retrouver le chemin de l’écriture.
Après quelques nouvelles publiées dans diverses revues et un premier roman dont le titre provocateur (« Le cul de ma femme mariée ») prouvait que son auteur n’avait pas l’intention de rejoindre le club des écrivains bien pensants, Didier de Lannoy rédigea une première version de « Jodi, toute la nuit » qui fut adaptée à la RTBF par Violaine de Villers. Lors de cette expérience radiophonique, la comédienne Yolande Moreau interpréta le personnage de Jodi que l’on retrouve avec infiniment de plaisir dans ce roman étrange à plusieurs voix dont le style semble s’improviser au rythme d’un blues obsédant...

Alain Brezault

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