A propos, en amont, en aval de (ou sans trop de rapport avec)"Jodi, toute la nuit", un roman de Didier de Lannoy
Jodi, le blog
Le blog de Jodi ("Jodi le blog") est devenu*, depuis janvier 2011... un « blog littéraire », peut-être ? Meuuuuuunon ! Omona wapi ? Une toute simple, très banale et sans prétention...
Lettre d'information
Soki News of the World ? Soki B.I., soki mabanga !
Didier de Lannoy
2012
Autres fronts :
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A quoi bon colmater encore, avec de la pâte de manioc, les trous des tôles qui recouvrent la maison ... alors qu'un violent orage explose et que les forces de la nature se déchaînent et que les murs se lézardent et que la baraque et tous ses habitants sont sur le point d'être précipités dans un ravin, d'une profondeur vertigineuse, creusé par une érosion diabolique et galopante ?
Après nous avoir relaté (1) la triste fin d'un mikiliste, Clem Kola, alias Maître C.K. STAR... un artiste musicien, autrefois renommé, qui s'était exilé à Paris
Achille Ngoye
nous raconte à présent une autre histoire, tout aussi poignante et désespérante, celle d'un mwana mboka, le père PANGA... un courageux père de famille qui n'a jamais quitté son pays
Tracassin par une nuit d'orage
Je.
Toujours à Kin, évidemment, où Ana (alias Mwana Danzé) m'a rejoint... par
surprrrrrrrrrrrrrise !
et bien content d’y être, avec elle... j'ai "abandonné" tous mes blogs pendant le séjour kinois de Motema Magique, pour pouvoir mieux "m’occuper de Madame"...
J'avais donc (momentanément) donné congé à tout le monde...
mis Vié ba Diamba sur la touche, licencié Vieux Zumbel, foutu Esprit ya Mofiti à la porte...
mais il est temps (maintenant que Tantine Betena
- Alias Kabibi !
azongi na Poto) de reprendre le boulot...
Des nouvelles de Kin ?
Une saison électorale... et une “petite” saison sèche qui ont duré, duré, duré, beaucoup trop longtemps...
Entretemps tout continue comme avant : les affairistes et les commissionnaires s'engraissent, les humanitaires prospèrent et les taxibus Mercédes (appelés "Esprits de Mort") de même que les taxis collectifs Mitsubishi Lancer (baptisés "Courtes joies") sillonnent, vaille que vaille(2), les rues de Kinshasa...
Entretemps les orages de tous les jours sont de retour, dévastateurs pour les habitants des anciennes « zones annexes »...
Un jour viendra, pourtant, où le fleuve sortira de son lit, emportera tout sur son passage et fera table rase du passé...
Un jour viendra où le monde pourra changer de base !
diffuse
ddl
alias Vié ba Diamba
(1) Cliquez sur :
http://jodi.over-blog.net/article-achille-ngoye-95375728.html
Cette nouvelle d'Achille Ngoye devrait être proposée en lecture à tous les prétendus “analystes occidentaux"... qu’étonnerait encore la colère
- Justifiée (et/ou stimulée), sans aucun doute, par des revendications politiques post-électorales de type intra-communautaire, ...
des Congolais de la diaspora... qui n’en peuvent plus, aussi,d’être traités comme des laissés-pour-compte tant par les Bulankos (au sein de la société belge ou française, etc... qui, apparemment, ne leur offre guère d’autres perspectives de promotion économique et sociale... que de devenir livreurs à domicile, agents de sécurité ou aides-soignant(e)s “chargés de changer les couches-culottes des vieux Blancs dans des maisons de repos...” ) que par l’Etat congolais (qui n’octroie pas le droit de vote à ses ressortissants installés à l’étranger et ne reconnait pas non plus la double nationalité, etc)...
(2) Appelés « Esprits de mort », les taxibus Mercedes 207 sont réputés fauteurs d'accidents graves... tandis que les Mitsubishi Lancer, "occasions d'Europe" (dont la durée de vie sur le réseau kinois ne dépasse habituellement pas 6 mois) ont été baptisés "Courtes Joies" par référence, me dit Kanuma-Nguibidi
- Un pote à moi, un vrai djo de Yolo-Nord (mon "quartier d'origine"), un "play", un "masta" gouailleur et baraqué... que tout le monde appelle « Petit »... mais à qui tout le monde doit le respect !
à un féticheur du Bas-Congo "moins cher"... mais dont les protections seraient de courte durée...
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Une nouvelle d'Achille Ngoye
TRACASSIN PAR UNE NUIT D’ORAGE
Débardeur flottant sur un pagne et bras ballants, le père Panga semble désemparé malgré sa robustesse de "tous travaux". Cela fait plusieurs heures qu’il pleut sans discontinuer. Non pas la petite flotte souhaitée après une journée caniculaire, celle qui rafraîchissait l’atmosphère et permettait à la marmaille de s’amuser à faire trempette dehors, mais l’orage de tous les diables accompagné de tonnerre et d’éclairs. La fragilité de son univers mise à rude épreuve, il en était même venu à ruminer si, là-haut, niché sur la nappe nuageuse d’où les esprits protecteurs veillent sur les vivants, un ancêtre acariâtre, prouvant que des numéros de la vénérable confrérie franchissent le pas avec leur rosserie, aurait promis de se venger pour un sacrifice non accompli. Trois heures que les éléments grondent, ventent, crachent des trombes d’eau violentes, puis diminuent d’intensité et s’arrêtent brusquement. Trêve de courte durée. Car le ciel en furie revient à la charge, se déchaîne, déverse sa hargne implacable pendant une autre éternité.
Dès le début du déluge, aux environs de minuit, Panga s’était réveillé en cata. Parant au plus pressé, il avait repoussé le pucier dans un coin épargné par les écoulements de la toiture. Deux seaux et une bassine libérés de leur précieux contenu, il les avait posés aux endroits où la saucée s’infiltrait dans la chambre ; déclic pour se demander si ça avait valu la peine, ce jour déjà lointain, de persister à l’arrachage forcené des tôles rouillées, parfait dingo juché sur le filon de ses rêves, alors que des gâchettes faciles avaient encerclé un hangar livré au pillage. Sans transition, des geysers se mirent à gicler non-stop de la passoire galvanisée, telles des chasses d’eau tirées simultanément. Des marmites, des gobelets, tous les récipients disponibles dans son foyer ayant été posés çà et là, il avait fallu déménager les quatre gosses du foutoir sentant la pisse, plus arrosé que les autres pièces, pour les abriter dans une encoignure du réduit de séjour. Entraînés par leur aîné, les gamins avaient tenu à participer à l’effort de guerre : vider les récipients à mesure qu’ils se remplissaient, ce qui en disait long sur les va-et-vient bordéliques engagés, puisqu’ils déversaient la moitié du contenu par terre avant d’arriver à la porte. Entretemps, lui-même s’était attelé à boucher les trous des tôles avec de la pâte de manioc. Abrutissant. Le temps de monter sur un tabouret et s’attaquer à une brèche, celle qu’il venait de colmater avait éjecté le foufou délayé, renouant illico avec sa fonction de jet d’eau. Piscine, appréciaient les gamins aux anges.
Accalmie soudaine dans un pic de coassements. Lugubre. Sa mauvaise conscience aidant, le père Panga ouvre la petite fenêtre en bois, scrute la coupole à la recherche d’un signe qui démentirait sa hantise. Aucune étoile au firmament. Des nuages bas à vue d’œil. Funeste. Pourquoi subir cette épreuve ? se ronge-t-il les sangs en devinant plus qu’il ne voyait les maisonnettes qui s’étendent à l’horizon.
Quelques voisins avaient fini par déserter le trou excentré, frappés dans leur chair ou dégonflés par les angoisses récurrentes à chaque saucée. Débarqués ici il y a trois décennies, ils avaient cru s’affranchir de l’arbitraire locatif en achetant auprès d’un soi-disant mandataire coutumier, à vil prix pour certains, ces lopins de terre de désolation. Rien n’y poussait, hormis des arbustes rabougris, des plantes sauvages, des ronces. Les occupants eurent vite fait de les extirper pour torcher qui un abri de fortune, qui un taudis, qui une piaule garantie en dur. Des myriades de maisonnettes s’étagèrent ainsi sur les flancs de la montagne, formant un bidonville que les bien-pensants de l’administration baptisèrent "zone annexe". Plus qu’un besoin de disposer d’un toit ou d’un titre cadastral, une volonté de contrer la fatalité avait animé les pionniers, pour la plupart de petites gens dont les moyens excluaient l’acquisition d’une parcelle régulièrement lotie. Au fil des ans, ou plutôt des saisons de pluie désastreuses, ils eurent à payer au prix cher, pour ne pas dire en larmes de sang, la cécité de s’être installés sur des terrains inconstructibles : déboisé, le sol se fendait comme un mur de sable, offrant ses entrailles en guise de tombes à une population déshéritée.
Sans quitter son point d’observation, le père Panga frémit en planant sur le devant de la baraque : à quelques pas du seuil, la rigole érosive draine des eaux torrentielles d’un rouge argileux évoquant une rivière de sang. D’une largeur infranchissable à certains endroits, les eaux écumantes, qui coulent à flots dans un creux de plus d’un mètre de profondeur, ont emporté la planche qui relie son toit au souk urbanisé et non moins ensablé au pied de la montagne. A chaque pluie battante, les bords de la rigole s’élargissent un peu plus en grignotant sa parcelle. Spacieux et sans bosselures il y a quelque temps, ce qui en avait fait un terrain de jeux pour les mômes par clair de lune, l’avant-cour tenait en définitive d’une tranche d’ananas aux trois quarts rongée.
Un craquement subit tire le père Panga de sa rêverie. Sa provenance située autour de lui, il prend la lampe-tempête et procède à un check-up scrupuleux du réduit de séjour. Rien d’anormal dans la charpente, excepté les gouttes de pluie qui, ici et là, tombent si fort dans un récipient qu’elles lui tapent sur le système. Sans s’en rendre compte, Panga baisse les bras dans un mouvement d’abandon. Conscient d’être l’acteur passif d’un drame inéluctable, il soulève la lampe pour vérifier la réalité de sa vision : une fente lézarde le mur extérieur de haut en bas. Sa famille se trouve en danger, s’alarme-t-il en songeant à l’évacuer au plus vite. Mais vers quelle destination, son plus proche parent habitant loin du paradis perdu ?
Panga s’approche mollo du mur afin d’examiner la fente. Aucun doute n’est plus permis : le "palais" de ses rêves d’enfant risque de s’écrouler un jour. Mû par l’instinct de conservation, il recule de quelques pas de peur que le mur de parpaings ne lui tombe dessus, trébuche contre un obstacle qu’il ne pouvait voir en faisant marche arrière. Plié en deux, le pater familias découvre du premier coup, les yeux écarquillés d’horreur, qu’une cassure de taille traverse le pavement d’un bout à l’autre. Un maçon réputé aux quatre coins de la "zone annexe", quoique bénéficiant de son concours de "tous travaux", avait pourtant mis son expérience dans la construction de la baraque ! Depuis quand s’était-elle formée pour que personne ne l’ait remarquée ? Plongée dans le clair-obscur permanent de la baraque, la maisonnée n’avait pu sans doute déceler son existence. La cassure examinée dans un serrement de cœur, le regard suppliant relève qu’elle fait la jonction de la fente au bas du mur, puis remonte celui-ci jusqu’au sommet. Une infiltration des eaux de pluie par le haut subodorée, le père Panga en déduit que si tel était le cas, autrement dit si des parpaings imbibés d’eau avaient fragilisé le mur, non seulement la ténuité de la fente ne s’expliquerait pas, mais elle exclurait aussi l’hypothèse avancée. Les deux failles forment par conséquent une ligne continue dont la source, eu égard à l’importance de la cassure, est déterminée par un facteur lié à la fondation de la baraque. Ce facteur provoque son extension et son élargissement, d’où le craquement sinistre entendu tout à l’heure. Bâtie sur le sol érodé du patelin, peut-être même infiltrée d’eau, la piaule maudite n’était plus qu’un château de cartes. Dire que sa brave femme, terrassée par la grippe, ne peut se remuer à un moment aussi critique. Dehors, la pluie martèle la toiture dans une berceuse inopportune.
« Zahina ! crie-t-il devant un pagne qui sert de porte à la chambre des parents, il faut déguerpir tout de suite. La maison va s’effondrer.
Je ne m’en sens pas capable, geint une voix déchirante de la pièce non éclairée. Est-ce qu’on a encore du thé ? J’ai terriblement froid ...
C’est pas le moment, Zahina. De plus, les charbons doivent être mouillés. Rappelle-toi les Kodiongo. On les a retrouvés ensevelis sous les gravats de leur maison. C’était la dernière saison des pluies. Allez, les enfants, tout le monde dehors ! »
Tandis que les gamins fourrent quelques effets dans un sac, le père Panga se glisse dehors sous une pluie fine. Marchant en retrait de son logis, il surgit derrière pour vérifier l’état de la fosse : première manifestation d’un cauchemar qui dure depuis deux/trois ans, le trou béant s’est encore élargi après avoir englouti, la saison précédente, les cabinets ainsi que le petit jardin potager. Les éclairs lui prêtent une gueule d’ogre malgré les ordures qu’on y jette pour le bourrer. Provoquée par un glissement de terrain survenu plus haut, glissement lequel avait occasionné des crevasses de toutes dimensions sur le flanc de la montagne, la fosse formait avec la rigole deux bras tentaculaires qui enserraient la baraque et allaient l’anéantir. Preuve tangible de son extension, elle s’arrêtait à deux doigts du mur de derrière, séparée de celui-ci par une mince couche de terre rongée. Tant d’années à tout rafistoler pour en arriver là !
Panga tourne en rond sous la petite pluie pénétrante, infichu de se fixer après son tour du propriétaire déboussolant. Trempé jusqu’à la moelle des os, il longe la rigole à distance respectable et s’en va récupérer, à l’endroit où les flots se débarrassent des trophées qu’ils ne peuvent charrier, la planche de traversée indispensable. Peu épaisse, mais large de trente centimètres et recourbée à son milieu, la pièce mesure plus ou moins quatre mètres. Après avoir repéré un passage resserré à l’aller, il y jette le pont de fortune à son retour.
Incapable de transporter sa dernière-née, la mère l’a confiée à son aîné de dix ans. Parfait, approuve le chef de famille en recommandant aux siens, une fois de l’autre côté de la rigole, de foncer chez les jumeaux et l’y attendre qu’il ait planqué leurs maigres biens en lieu sûr. Un pagne sur la tête pour se protéger de la pluie, la mère traîne un bambin dans son sillage, talonnée de deux autres dont le plus âgé porte la benjamine sur le dos. La terre argileuse colle aux babouches des fugitifs en leur donnant l’impression d’avoir des semelles compensées.
Le père Panga teste la solidité du pont par acquit de conscience. La tribu exhortée de fixer l’autre bout de la planche et d’ignorer les eaux en furie, il enjoint Zahina de traverser en premier avec un môme. Coutumiers de l’exercice, quoique troublés par le grondement paroxystique des eaux, la mère et le bambin rejoignent l’autre bord sans encombre. Un autre gamin passe, l’aîné s’engage à son tour avec la petite.
L’éclatement soudain de la foudre paralyse les sinistrés, suivi d’un affaissement sourd derrière eux. Entre deux éclairs, la tribu note qu’une bonne partie de la baraque a disparu du décor. Pour une raison inexplicable, le père Panga veut s’élancer vers les ruines, se ravise in extremis. Libérée un instant de la pression, la passerelle plie sous le poids conjugué du premier-né et de la benjamine. Le gamin, qui s’est figé pour graver l’image de l’effondrement dans sa mémoire, s’assure d’instinct de la présence de son fardeau, puis étend les bras en croix afin de rétablir son équilibre. Au même moment, la patte du paternel se pose sur la planche en lui imprimant un mouvement contraire. L’aîné sursaute avec sa charge, perd pied et plonge dans les eaux écumantes. L’orage reprend de plus belle.
Achille F. NGOYE
Tiré du recueil "Yaba Terminus", le texte original de cette nouvelle, intitulé "Tornade tropicale", est repris dans l’ouvrage "Nouvelles Africaines Anthologie" (Collection Littérafrique, Ed. Hachette). Sortie prévue en avril 2012.
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Bibliographie d'Achille Ngoye
Romans
Kin-la-joie, Kin-la-folie, L’Harmattan, 1993
Agence Black Bafoussa, Série Noire, 1996
Sorcellerie à bout portant, Série Noire, 1998
Ballet noir à Château Rouge, Série Noire, 2001
Nouvelles
Yaba Terminus, Le Serpent à Plumes, 1999
Big Balé, Le Serpent à plumes, 2001
Collectif (nouvelles)
La voiture est dans la pirogue, Ed. Le bruit des autres, 2000
Nouvelles voix d’Afrique, Ed. Hoëbeke, 2002
Bleu-Blanc-Sang, Fleuve noir, 2002
Les boucs émissaires, Images Interculturelles, Montréal, 2005
Kwak (n° 1 : l’assassinat), Ed. du Panama, 2005
Le camp des innocents, Ed. Lansman, 2006
Note de Vié ba Diamba
La biographie d'Achille Ngoye reproduite ci-dessus ne renseigne pas l'exceptionnel travail (d'écrivain, de devancier, d'initiateur de ce qu'on pourrait appeler un nouveau "genre", voire une "école littéraire"... laquelle s'est, depuis, enrichie de nombreux autres talents)...
- "Invention" d'une autre façon d'écrire (très éloignée du "conformisme" et de la grandiloquence boursouflée caractérisant le style d'une prétendue "élite", bien-pensante et bien-écrivante, héritière de la colonisation et formée chez les "soeurs du Sacré-Coeur" ou chez les "Jèzes" ou encore dans l'un ou l'autre -petit et/ou grand- séminaire... et qui courtisait les services culturels et de coopération des ambassades et fréquentait assidûment les centres culturels des Bulankos... et qui paradait, dindonnisait et s'auto-glorifiait dans des "chapelles littéraires", aussi sectaires qu'obscures... et qui se réunissant dans les anciens beaux quartiers de la Gombe, de Limete et de Ngaliema... mais qu'on ne voyait jamais à Mbanza Lemba, à Kitokimosi, à Malueka, à la Jamaïque ou dans d'autres quartiers de Kinshasa dont cette "élite" autoproclamée ignorait sans doute l'existence) seule à même, sans doute, de rendre compte, avec humour et dérision, de la vraie vie des Kinois de tous les jours, de leurs problèmes, de leur façon de s'exprimer et de voir le monde au sein d'une mégalopole en pleine explosion culturelle et démographique, trépidante et désordonnée, certes, mais ingénieuse et toujours créative...
- Souci également et capacité d'atteindre un public différent : un public de "bana mboka", composé aussi bien de yankees que de campusards (ou d'anciens du Campus)...
- Refus de se plier complaisamment à des "normes" ou "contraintes" (stylistiques, linguistiques, thématiques, éditoriales ou de lectorat... voire grammaticales, lexicales et "orthographiques", etc) extérieures aux réalités de Kinshasa et au vécu (social, économique, politique et culturel) de 95% de la population kinoise à la seule fin de s'attirer les bonnes grâces de "sponsors et commissionnaires culturels", agences de coopération, organisateurs de festivals, montreurs d'ours tropicaux (des "exhibitions foraines" à Paris, Frankfurt, Bruxelles... voire dans des salles paroissiales et des bistrots de province... étant considérées comme le chemin obligé de la "reconnaissance internationale" et de l'élévation au rang d'écrivain établi, adoubé par les Bulankos, membre à part entière de la "world litterature") et dispensateurs de bourse-gadgets pour l'étranger (résidences d'auteur, voyages d'études, billets d'avion, visas, perdiem, etc), éditeurs et marchands, directeurs de collections, critiques littéraires et autres "maîtres à écrire" de Poto, souvent paternalistes et condescendants... ou, à tous le moins (et très naturellement) "ethnocentrés" ou "eurocentrés", etc
... réalisé par Achille Ngoye à Kinshasa comme créateur et animateur (avec Freddy Mulongo) de la revue « Jeunes pour Jeunes » et comme observateur des nuits de Kinshasa dans des chroniques de presse aujourd'hui mémorables
Voir à ce sujet, notamment, mes commentaires (figurant dans un texte intitulé « le chaudron culturel congolais ») où j'évoque « (...) le Kinshasa des écrivains congolais de la vie « au taux du jour »...
celui d'Achille Ngoye (ce "jeune homme" que les musiciens de Kinshasa, dont il accompagnait les concerts et les tournées jusqu'aux petites heures de l'aube, appelaient "Père Ngoye"! ), créateur et animateur, dans les années 1968-1971, avec Freddy Mulongo, de « Jeunes pour Jeunes », la revue mythique des bills et des yankees, dont les héros s'appelaient Apolosa, Kiwata, Mama Sakina et Mose Konzo, Sinatra
- S'opposant à Molok le gladiateur et l'affrontant avec vaillance !
le justicier du quartier, Durango, le brigadier Mongala... où se firent connaître, notamment, les dessinateurs et auteurs Boyau Loyongo, Lepa Mabila Saye, Bernard Mayo, Djemba Djeïs et Sima Lukombo... Achille Ngoye racontant les nuits (musicales et autres) de Kinshasa dans le quotidien « Salongo » : des chroniques chaudes comme des mikate, signées N.T., qu'on s'arrachait tous les matins... Achille Ngoye et ses romans et recueils de nouvelles, « Kin-la-joie, Kin-la-folie », « Agence Black Bafoussa », « Ballet noir à Château-Rouge », « Sorcellerie à bout portant », « Yaba Terminus », « Big Balé »...
Cliquez sur:
http://jodi.over-blog.net/article-vie-ba-diamba-alias-ddl-et-le-chaudron-culturel-congolais-dont-na-kanaye-kaka-il-se-revendique-98035629.html
Dans un autre texte intitulé « Dernier épisode de la série « Tintin au Congo » : Tintin et les élections ? », j'évoque également le formidable (et toujours actuel) impact culturel et social de la revue « Jeunes pour Jeunes »
Cliquez sur:
http://kamundele.blogspot.com/2011/12/km-10.html
J'invite enfin, pour
- Et ça cogne !
le fun, à redécouvrir cet extrait de « Jeunes pour Jeunes » (n° 18) reproduit par Manda Tchebwa dans son ouvrage « Terre de la chanson: la musique zaïroise, hier et aujourd'hui » (Duculot, 1996).
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http://books.google.be/books?id=d6oWtI-cx70C&pg=PA136&lpg=PA136&dq=%22jeunes+pour+jeunes%22+sinatra+contre+Molok&source=bl&ots=2gPVaaYY_N&sig=OtOtRt7xeJaipq5cETdOiCXEDOw&hl=fr&ei=X7bcTpDMKsOj-gaUqtjWCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CCIQ6AEwAQ#v=onepage&q=%22jeunes%20pour%20jeunes%22%20sinatra%20contre%20Molok&f=false
ddl
alias VbD
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("Jodi le book")
et
http://lacarcasseetlesos.blogspot.com/
("Jodi le broc")
et
http://jodi.over-blog.net/article-restez-bien--39731236.html
(dernière dépêche, diffusée en novembre 2009, du blog de Jodi sous son ancienne forme)