A propos, en amont, en aval de (ou sans trop de rapport avec)"Jodi, toute la nuit", un roman de Didier de Lannoy
JODI, LE BROL
Le blog de Jodi ("Jodi le blog") est devenu, depuis janvier 2011, une lettre d'information: Jodi le brol*
Lettres d'information (soki News of the World... soki mabanga !)
Didier de Lannoy
2011
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Comment ne pas inviter tout le monde à lire (ou à relire)
Députés:Judokas et "Libanda"
à Mbandaka
un texte "meilleur" de
André Yoka Lye Mudaba
Je
- Un texte que j'avais, certes, lu et apprécié "dans le temps"... mais que Fiston Nasser Mwanza Mujila (alias Finamwa, alias Finasser, alias Mwanza Mujila) vient de rappeler à mon attention ! Un texte tellement "meilleur" que je ne peux vraiment, vraiment, vraiment pas (même deux ans après, même en période pré-électorale, même après avoir un premier envoi à une "short-list" de quelques amis... qui ont tous réagi avec enthousiasme... surtout In Koli Jean Bofane, Tchen et Guy Gelgessen... et Malou Moninga et Nadine Mputu) me retenir de le balancer au (ou à mon) "monde entier" ! Qu'André Yoka Lye (et Le Potentiel ?) me pardonne(nt ?) !
rediffuse et j'élargis considérablement (au monde entier, évidemment !) ma zone de chalandise
ddl
alias Vié ba Diamba
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Députés : Judokas et "Libanda" à Mbandaka
Un texte d'André Yoka Lye Mudaba
Dans la série "Confidences de chauffeur de ministre", chronique hebdomadaire de l'écrivain André Yoka Lye Mudaba paraissant dans le quotidien "Le Potentiel" à Kinshasa
(le texte reproduit ci-dessus a paru dans Le Potentiel du 29 août 2009)
La nouvelle a couru comme trainée de poudre à travers le monde: l’Assemblée provinciale de l’Equateur à feu et à sang ! Les parle-menteuses et les parle-menteurs de l’Equateur, fidèles aux légendes guerrières de leurs ancêtres, sont descendus dans l’arène comme des gladiateurs, et se sont livrés à un pugilat massif, musclé et à bras raccourcis. Mais moi, curieusement, je n’en ai pas été informé à temps, étant donné que « La Radio du monde » que j’ai l’habitude d’écouter chaque matin, est sous embargo ici… C’est donc mon patron, le Ministre des Affaires stratégiques (à prononcer avec respect…) mis au courant par ses services spécialisés, qui m’ a rapporté ce que je rapporte là…
…Tout a commencé par une interpellation tout aussi musclée d’un député à l’endroit du Bureau des parle-menteurs équatoriens jugé, selon lui, « multi- carnivore », « multi-budgétivore » et « multi-impopulaire ». Et pour bien épicer son interpellation, le député requérant a rédigé son texte incendiaire en sa langue maternelle ponctué d’invectives les plus pimentées, traitant le Bureau de l’Assemblée de l’Equateur de « ba-bukuta-bukuta » (« mangeurs en tous râteliers »), « ba-ngubu lokoso» (« hippopotames cupides»), « Ba- Samba-bilokota » (« farfouilleurs de poubelles »), « Ba-mbrekete » (« fous joyeux »), « Ba-ngotobobo » (« minus »), « Ba-engunduka » (« espèces d’obèses »), et tant d’autres joyeuseries du même art… Tout ça parce que, semble-t-il, après vérification, les « honorables » membres du Bureau se seraient payés à l’avance, deux ans avant la fin de leur mandat, de plantureux… honoraires et indemnités de sortie. Cela s’appelle, en jargon codé des Kinois : « koly’avance » (« Manger avant tout et tous », « prendre les devants »).
Or, comme disent toujours les sages kinois : « kokenda liboso eza kokoma te » (« Rien ne sert de courir »). Lors d’une plénière convoquée exceptionnellement, les membres du Bureau blessés dans leur amour- propre ont riposté violemment en renvoyant les mêmes amabilités aigres-amères au député interpellateur : « Esulungutu » (« hibou »), « Kizoba-zoba » (« salopard »), « Ngembo » (« chauve-souris »), « Mwana makango » (« fils de pute »).
L’interpellateur vexé a fait appel à ses partisans dont bon nombre de lutteurs traditionnels de son patelin : tout ce monde a débarqué en trombe en pleine plénière ; et, entre deux danses et chansons guerrières et provocatrices, ces lutteurs se sont évertués à lancer des quolibets acérés contre les « honorables » membres du Bureau, du genre : « Bandes d’incirconcis », « piètres baiseurs cocus», « arrivistes parachutés », etc.
Pour le Bureau, c’en était trop : le président a aussitôt fait recours aux policiers pour évacuer et le parle-menteur interpellateur et ses partisans excités. En vain : le chahut était indescriptible ; et les chahuteurs, intraitables, refusaient de quitter les lieux. C’est alors que le président du Bureau, suivi en cela par ses pairs, a tombé sa veste, a tombé sa chemise, a tombé sa cravate, a tombé le pantalon, et est descendu en tenue de combat dans la salle, en poussant des hurlements de gladiateur. La salle des parle-menteurs s’est soudain « coupée » en deux camps : l’un pour le présidium, et l’autre pour le député interpellateur. Bagarre historique ! Coups de poings, coups de tête, prises de judo, prises de lutte traditionnelle équatorienne( le « libanda ») ; hallalis de guerre, pleurs et cris de femmes parle-menteuses elles aussi partagées, tout en se crêpant les chignons et en se mordant entre elles avec une violence inouïe…
La police semblait d’autant plus débordée qu’elle n’arrivait pas à identifier la ligne de démarcation des camps belligérants. Il ne lui restait donc qu’une solution : taper dans le tas. Ainsi donc, honorable président, honorables membres du bureau, honorables parle-menteurs-lutteurs, honorables femmes parle-menteuses-palabreuses, tous ont été chicotés sans ménagement par la police. Et ceux parmi les bagarreurs qui se réclamaient de leur immunité, les policiers les gratifiaient de coups supplémentaires aux fesses. Et la bagarre vira au vinaigre : parle-menteurs contre policiers ! Puis elle se transposa même en dehors de l’hémicycle.
Entretemps, la foule des badauds (et des électeurs !) s’était rassemblée autour de l’édifice et applaudissait ou huait comme dans un match de catch. Et à chaque fois qu’elle reconnaissait un des ses élus transformé en catcheur, elle le huait avec des quolibets ironiques, du genre : « Hououou ! Espèce d’…hommelette, ta place est dans un asile ! Pas ici ! » Ou encore : « Hououou ! Champion de ring et de scandale ! Pas ici ! ». Ou enfin : « Député putain, rembourse-nous nos voix d’électeurs ! »
YOKA LYE
ANDREYOKALYE@YAHOO.FR
Pour une biographie-bibliographie (source Yambi) d'André Yoka Lye Mudaba
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http://www.yambi.be/programme/pdf/andre_yoka.pdf
Pour lire le texte d'André Yoka Lye Mudaba tel que paru dans Le Potentiel du 29 août 2009
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http://www.lepotentiel.com/afficher_article.php?id_edition=&id_article=85465
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http://jodi.over-blog.net/article-restez-bien--39731236.html(dernière dépêche, diffusée en novembre 2009, du blog de Jodi sous son ancienne forme)