A propos, en amont, en aval de (ou sans trop de rapport avec)"Jodi, toute la nuit", un roman de Didier de Lannoy
Jodi, le blog
Le blog de Jodi ("Jodi le blog") est devenu*, depuis janvier 2011... un « blog littéraire », peut-être ? Meuuuuuunon ! Omona wapi ? Une toute simple, très banale et sans prétention...
Lettre d'information
Soki News of the World ? Soki B.I., soki mabanga !
Didier de Lannoy
2011
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Hier soir, rentrant de chez "Les Amis », à Bandalungwa, en face de la maison communale
- Là où les « deuilleurs » (comme l'écrirait mon pote - masta na ngai ! - et complice Achille F. Ngoye, romancier et nouvelliste de "la vie des hommes", dans différents "envers de ville", en Europe comme en Afrique, là où la valeur et l'existence même des gens se calcule "au taux du jour") bien organisés et suffisamment friqués... savent qu'ils peuvent s'éclipser, disparaître à l'aisément... et boire une Primus (à 2000 FC) et se détendre sans être vus par les veuves ou les veufs, les orphelin(e)s et les pasteur(e)s... après avoir satisfait à leurs obligations funéraires : "on arrive... on arrive tout de suite, on va chez des amis, tout près... tokoya kaka... tokotala ba camarades, problème eza te..."
et passant donc toujours
- Encoooooooore ! On l'aura compris ! Restes-y donc pour toujours ! Perfide, infâme et scélérat ! Charognard, croque-mort, vampire ! Mouche à viande, asticot se nourrissant de la chair des cadavres ! Gougnafier « sans vergogne » ! ... ne cesse de m'accabler et de m'incendier et de me pourfendre et de me foudroyer Monik... Il n'y a même plus moyen d'avoir une vie privée et une mort décente quand on a le malheur de figurer dans le carnet d'adresses d'un salopard et d'un abruti de ton espèce ! Tu me dégoûûûûtes ! Infiniment !
- C'est bien ce que je craignais: Monik m'adore ! Depuis toujours ! Depuis... le Zoeloe Bar, dont elle se retenait difficilement de draguer le portier, eh !
l'hiver à Kinshasa, je reçois un courriel d'une certaine Liliane G. qui m'écrit avoir cherché sur Internet des traces d'un vieil ami (dans le but de refaire connaissance avec
Henri Jouant
lui), être "tombée" sur un de mes blogs, et par conséquent, « sur une bien triste nouvelle » et...
Je
Liliane G. (ainsi nommée pour qu'elle se reconnaisse... mais qu'on ne puisse pas la reconnaître) m'écrit ceci :La lettre d'Henri que vous avez « publiée » sur le Net me fait craindre le pire, notamment parce qu'elle est "bien écrite", comme on dit. Or Henri "écrivait bien". Mieux que cela, il écrivait très bien. Et il aimait Ferré, la bière et le socialisme - ou plutôt l'anarchie. Tout cela est parfaitement compatible avec la lettre en question. Alors, est-il bien question de cet Henri là ?
lui réponds, d'abord à elle directement
et ensuite
Henri vaut bien çai ! Et d'ailleurs, un deuil, ça se partage, non ? Et lundi dernier, j'ai reçu un autre mail, toujours à propos d'Henri... et c'était pareil : un ancien (à lui et à moi) collègue, Denis Nanga, m'écrivait avoir « une pensée toujours aussi émue pour Henri qui nous quitté décidément bien trop tôt »
Mais qu'est-ce qu'il leur a donc fait, à toutes et à tous ?
à tout le monde
Je ne suis sans doute pas
- Comment on fait pour avoir ça ?
le spécialiste des « pensées émues »... mais, bon, je vais essayer, je vais m'y mettre...
Je vais tout jeter dans le même panier, raconter à Liliane G.
- Elle m'a écrit avoir connu Henri à l'Université de Liège... et surtout au "Bar du Forum" où ils buvaient de la bière en séchant les cours !
et à « tout le monde »... et me rappeler et rappeler à tous ses copains... quelques moments de la vie
- Le peu que j'en sais !
d'Henri, en vrac, dans le désordre le plus absolu, comme ça me revient, sans trop me prendre la tête :
Henri dans les pubs irlandais du quartier Schuman... avec Jan De Cort, Didier L'Homme, Kathy Vincent et
- Maurice Mbiye Beya venait quelquefois nous y rejoindre...
moi-même...
Henri et le Service juridique de la Régie des Bâtiments...
Henri à la CGSP, place Fontainas...
Henri et les travaux de la place Saint-Lambert...
Henri et son père, le vieux militant socialiste...
Henri et la très belle Nuray, son épouse...
Henri en Jordanie et s'y déclarant
- L'horreur ! Pire encore qu'un chrétien !
scandaleusement athée...
Henri, parti de Katmandou, à pied, et traversant l'Himalaya, à pied... et manquant s'égarer dans des tempêtes de neige cauchemardesques... et chuter dans des ravins sans fond où une avalanche (ou des mains obscures) ont précipité, devant lui, sans qu'il puisse leur porter secours, des inconnus, des "ombres emmitouflées" dont on distinguait à peine le visage... qui faisaient la route avec lui et qui ont disparu et dont il ne connaissait même pas le nom... et dont la mort n'a jamais été annoncée à personne...... et Henri s'accrochant et s'agrippant et tenant bon et marchant et marchant et finissant par gagner Lhassa, à pied...
Henri et les marchés publics de travaux...
Henri et la Standard de Liège...
Henri et le cabinet Vanderbiest... dans lequel il était censé jouer un petit rôle de « belle-mère » pour le compte d'André Cools... et qui n'a jamais rien compris à cette sombre histoire d'assassinat du dirigeant socialiste...ourdi, semble-t-il, au sein même du cabinet ministériel auquel il appartenait... par des "collègues" qu'il n'aimait pas et qui ne l'aimaient pas... mais qu'il rencontrait tous les jours...
Henri à la Brasserie de l'Union... avec Jan de Cort, Didier L'Homme, Kathy Vincent et
- In Koli Jean Bofane (plutô client du Verschueren, d'habitude) venait quelquefois nous y surprendre
moi-même...
Henri et la mort de sa maman...
Henri et la tendresse...
Henri et les jouets... qu'il collectionnait et enfermait à clef dans une armoire de son bureau... et auxquels ses deux très jolies
- Ravissantes, intelligentes et tout l'bazar !
petites filles, Büsra... et la toute dernière dont j'oublie toujours le nom
- Pas op, schatjes !
ne pouvaient pas toucher... en dehors de sa présence... alors qu'il adorait ses filles et que les gamines étaient "la merveille de ses jours"...
Henri et
- C'était ça ou le chômage...
un job à la con d'huissier "suppléant" qu'il a exercé pendant un certain temps... avant de réussir un examen d'entrée dans l'Administration publique....
Henri commençant de faire attention à sa santé et ayant
- Mais pas de boire ! Ces derniers temps, pendant la demi-heure de table, (pouvant aller, certains jours, lorsqu'on se fixait rendez-vous... de 11h30 à 14h ou 15h), Henri buvait (c'étaient toujours des bières profondes et caractérielles...), avec des collègues et amis, dans les bistrots de la rue de l'Hôtel des Monnaies, chez "le Grec", au croisement de la rue de la Victoire, et chez « la Polonaise » qui, en fait, était Ukrainienne... et probablement Moldave !
cessé de fumer...
Henri (il en rêvait pourtant...) qui
- Il finissait quand même par passer ses vacances... en Turquie, en (belle-)famille ! Depuis toujours, Henri aime "fréquenter" et passer ses vacances dans des pays (le Népal, le Tibet et, plus encore, la Jordanie, etc),... qui ne sont pas particulièrement réputés pour leur production et leur consommation de bière et de boissons alcoolisées ! Surprenant, non ?
n'est jamais venu me rejoindre au Togo ou au Congo...
Henri au Cirque Divers, rue Roture...
Henri et
- C'est quoi ça, une loge ? Une espèce d'Opus Deï ? Une secte de "personnes cultivées", un bar mexicain de mâles (interdit aux chiens, aux femmes et aux soldats...), un club anglais d' "élus" qui s'entre-choisissent parce qu'ils s'auto-jugent seuls aptes à comprendre et seuls à même de "gérer les affaires du monde", un think thank de leaders d'opinion en tous genres (spécialisés dans l'appropriation, la privatisation et la manipulation de l'information), une clique de "décideurs" et de "dominants", un "syndicat mafieux" regroupant aussi bien des intellectuels grandiloquents et des avocats aux larges manches (avides d'opportunités et de carrières) que des hommes d'affaires (avides de marchés) et des hommes politiques cauteleux (avides de réseaux pouvant soutenir leurs campagnes électorales), une "sûreté nationale parallèle" de bourges et de privilégiés ? Pourquoi notre Henri est-il allé se fourvoyer dans un tel lupanar vieillot pour notables provinciaux ? Pas sûr que Bakounine et Durruti auraient apprécié ! Ni Marx ! Ni même ce cabotin (mais quel talent !) de Léo Ferré !
- Tu étais au courant ?
- Bien sûr que j'étais au courant ! On lui avait fait des avances et il m'avait demandé mon avis...
- Tu l'as laissé faire ?
- Bien sûr que je l'ai laissé faire ! Je lui ai toujours tout pardonné, même ses erreurs (étais-je en droit de le juger ?) m'émouvaient... Et puis tous les maçons n'ont pas "vendu leur âme" à la bourgeoisie et à la haute finance. J'en connais même un, dans ma rue, qui joue du violon... et il en joue très bien ! J' ai seulement recommandé à Henri de ne pas se laisser instrumentaliser (ce que la loge n'a pas hésité à faire lors de la mort d'Henri, en s'appropriant la cérémonie mortuaire organisée en son honneur... ils ne se sont pas gênés, les "frères" !) et de garder toute sa liberté...
- Mais pourquoi a-t-il fait ça ?
- Henri était un type honnête et un vrai militant de gauche... Sans doute avait-il besoin de "reconnaissance sociale", d'être pris pour quelqu'un d'important, de partager des "secrets" et de "sortir du lot"... Les anarchistes vieillissent aussi ! J'en sais quelque chose !
son entrée (très tardive) dans une loge maçonnique...
Henri qui s'endort dans le train allant de Liège à Bruxelles...
et qui se retrouve à Gand...
Mais tous ses amis savent
- Je le dis, de toutes mes forces et avec toute mon affection, à toute sa famille et à tous ses collègues, à Liliane G. et au "reste du monde"...
que l'anarchiste, le camarade, le "vrai Henri" aurait (il s'est laissé surprendre, le vieux gamin...) raillé sa propre mort:
« Cela m'aura permis d'échapper à la tuerie de la place Saint Lambert et à la réforme des pensions ! »
ddl
alias Vié ba Diamba
Pour rappel, quelques « liens » en relation avec la mort de mon collègue et copain, Henri Jouant
Cliquez sur:
http://jodi.over-blog.net/article-henri-jouant-est-mort-70468734.html
et sur :
http://jodi.over-blog.net/article-ariane-georges-70878031.html
POST-SCRIPTUM
2010 : Nan, Constant Fodderie et
- Et tant d'autres dont j'aurais même (c'est horrible ! tika !) oublié la mort ?
Jean-Emile Caudronii
2011 : Henri Jouant, la maman et la soeur de Claude, le frère de Jipéji, Judith Bisumbu, Robert-le-plombier (le pote à Guy et à Malou), Dieudonné Kabongo
Bref, 2011 a été « pire » (j'ai lu ça quelque part mais je ne sais plus où) mais 2012 le sera sans doute davantage
A qui le tour ? Faudra-t-il que je me dévoue ?
Et, pendant ce temps-là, Jipéji... à nouveau (ce qui prouve qu'il se porte de mieux en mieux, la vieille canaille) de très méchante humeur, toujours assis
- Et devant affronter, sans pouvoir se défendre, la colère des jeunes Congolais de Bruxelles qui n'en peuvent plus d'être "laissés pour compte" au sein de la société belge ... et de devoir torcher le cul et changer les couches-culottes des vieux Blancs dans les maisons de repos ?
sur sa chaise roulante "perso"... comme (image moko ya bien ? dont je me plais à penser que Monik en pensera le plus grand mal, eh !) un ancien combattant de la Guerre du Vietnam, d'Irak ou d'Afghanistan qui a, certes, survécu à toutes ses victimes mais qui... continue, aujourd'hui encore, assis pour toujours
- Ou comme (une autre image "forte"... puisque ou si la première dérange ?) un prisonnier "de confiance" assis pour (ou depuis) toujours sur une chaise en plastique dans le "couloir" de la prison de Dante à Makala... faisant partie d'un petit groupe de privilégiés chargés par le prisonnier en chef (auquel ils doivent louer leurs chaises... mais qui n'oublie jamais de matabicher leurs services) de contrôler les sorties des autres prisonniers ?
sur une chaise roulante, de survivre aussi... dans l'humiliation et la résignation, l'isolement et la solitude, la merde et l'urine... sans avoir droit ni à l'amour ni au suicide... ni de sentir bon, ni de porter des habits propres... minute après minute, heure après heure, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année... à
- Henri Jouant aussi avait soumis certains de ses textes à Jipéji... et ce même Jipéji (tout concorde, tout se tient, tout se recoupe ! n'est-ce pas merveilleux ?) est... ou, plus exactement, a longtemps été... un ami du romancier Achille Ngoye !
tous ses petits camarades qu'il avait pourtant laissés en "bon état de marche" lorsqu'il a "eu son AVC" en juin 2007... et s'agite, fulmine, enrage d'être ainsi abandonné et méchamment dribblé par de plus jeunes et de moins infirmes que lui, glougloute qu'on lui manque gravement de respect, explose :
« S'ils se barrent tous avant moi, qui viendra à mon enterrement ? »
i Mais je suis quand même un peu jaloux ! Qu'est-ce qu'il avait de plus que moi, cet Henri-là (oh !) ?
ii Jean-Emile Caudron était aussi un de mes "grands morts". Il est parti alors que je me trouvais
- Ouais - se serait-il gaussé - au Togo, il n’y a pas de petit mort, tous les morts sont grands... Au Togo (Jean-Emile et son épouse, Viviane avaient vécu un certain temps là-bas, dans le nord du pays et aussi, si je me souviens bien, en Côte d'Ivoire) on ne rapetisse pas les morts, on les agrandit !
au Togo. Disparu en mer, au large, définitivement. Sans prévenir, en secret, poliment.
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http://jodi.over-blog.net/article-restez-bien--39731236.html(dernière dépêche, diffusée en novembre 2009,du blog de Jodi sous son ancienne forme)