A propos, en amont, en aval de (ou sans trop de rapport avec)"Jodi, toute la nuit", un roman de Didier de Lannoy
Jodi le blog
Le blog de Jodi ("Jodi le blog") est devenu*, depuis janvier 2011... un « blog littéraire », peut-être ? Meuuuuuunon ! Omona wapi ? Une toute simple, très banale et sans prétention...
Lettre d'information
Soki News of the World ? Soki B.I., soki mabanga !
Didier de Lannoy
2012
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Paul Van Ackere
nous revient encore et nous balance ses voeux
Cher Papa, Chère Maman
qui enterrent l'année 2011 et beaucoup d'illusions
Je
Après Ngoye, Matala, Muepu et Balufu, voici Paul Van Ackere ? Après les Noko (neveux), voici le Noko (oncle) ? Après le sundama et le ndombolo (ça chauffe bien mais... ça fait beaucoup du bruit, non ?), on passe à la valse, au bal musette, à la clarinette, au violon ou à l'accordéon ? A la demande générale de quelques-uns ? Et ces gens-là (tous Bulankos, tous vieux, tous sourds... et dont les oreilles seraient fragiles...) me ressemblent trop... et je les comprends très bien ? N' ai-je pas, en effet, été bouleversé de lire ce matin-même, dans une dépêche de l'ACP (se référant à un « Pr Neitzel », tel que cité par le Daily Mail) du 5 janvier 2012, ceci :
Un nombre croissant d'études montre que le bruit cause du stress, des troubles du sommeil et des maladies cardiaques. Il se pourrait que le bruit auquel nous n'avons pas assez accordé d'attention jusqu'ici contribue en réalité à quelque-uns des principaux problèmes de santé que rencontrent les pays développés » ?
Meuuuuuuuuuuuuunon, j'rigoooole !
Lisez-la et vous verrez que la nouvelle de mon vieux "camarade" Paul Van Ackere est parfaitement compatible avec la « ligne éditoriale » du Blog de Jodi ! Akoti (presque) na famille na biso ? Popol wetu ?
Par ailleurs (et comment ne pas profiter de l'occasion pour le signaler ?), Mwana Danzé et moi-même, dans l'exercice de notre métier de « parents », avons, il y a déjà longtemps, reçu une lettre d'un de nos fils, Djuna, parti en colonie (sic !) de vacances... et dont la missive commençait de la façon suivante : Maman et Papa bons marchés...
diffuse
ddl
alias Vié ba Diamba
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Une nouvelle de Paul Van Ackere...
Cher Papa, chère Maman
« Cher Papa, Chère Maman,
C’estla première lettre queje vous envoie. J’espèreque vous n’avezpas cru que j’étaismort. Avec tout cequ’on raconte dansles journaux ! Non, jesuis bien vivant etje vis dans unbel appartement (voyez laphoto de l’immeuble,tout moderne !). Levoyage a été longet pénible. Mais lepasseur a été régulier.L’argent du terrainn’aura pas servien pure perte. D’iciquelques temps, je pourraivous rembourser car j’aiun bon travail. Jesuis fonctionnaire del’Etat, au service« Propreté ». Les containersque vous voyez aumilieu de la photo,sont sous maresponsabilité.
Votre fils tant affectionné. »
Ce matin-là, il se leva de bonne heure. Pourtant, la veille, il s’était couché tard. Il avait passé la fin de la soirée à écrire une lettre à ses parents, sa première lettre. Et, avant de s’endormir, il avait dressé mentalement la liste de ses occupations du lendemain. Elle était longue. Le dimanche était son unique jour de congé de la semaine. Son travail commençait le lundi à 7 heures 30 pour se terminer le samedi aux environs de 20 heures. Un fameux changement depuis les semaines de clandestinité, d’errance autour du port d’Antwerpen et d’attente dans les différents centres de rétention où le mauvais sort l’avait plusieurs fois jeté. Le samedi, après 20 heures, les trois immeubles du site étaient placés sous la surveillance d’un homme envoyé par une société de gardiennage. Encore heureux qu’il ait pu obtenir son dimanche ! «Si je retire monheure de table journalière,je suis encore loindes trente-cinq heures », s’était-il dit en signant son CDI obtenu après une période de trois mois d’essai. Mais il était loin de regretter d’avoir signé ! Il venait de passer sa première semaine de locataire « officiel » dans ce F1 que lui avait procuré la société de logements sociaux qui venait de l’engager comme gardien-polyvalent. A la place du paiement d’une garantie équivalente à deux mois de loyer, il avait repeint l’appart et remplacé le tapis plain. La Société avait fourni les matériaux. Telle avait été l’entente comme aurait dit son cousin qui vivait à Montréal. En s’approchant de la fenêtre, il vit qu’il avait oublié de passer une deuxième couche de peinture sur l’appui fait d’une simple planche de sapin qu’il était parvenu à sauver d’un fameux naufrage. Avant lui, l’appartement avait été habité par un vieux couple vivant entouré de plantes et de fleurs en pots, arrosées chaque jour de leurs mains tremblantes. Ces vieux ne devaient pas avoir souvent aéré, car il avait pris possession d’un foyer dont les murs étaient constellés de moisissures. Les premiers rayons de soleil pénétrant dans la pièce accentuaient les traits maladroits et rudimentaires des coups de pinceau de la première couche. Il se dit que ce boulot-là pourrait bien attendre quelques temps. Il n’avait pas l’intention d’inaugurer en grande pompe ses nouvelles pénates. Demandeur d’asile arrivé à Bruxelles, il y a environ six mois, il avait enfin obtenu des papiers. Mis à part quelques membres du personnel de la société, il ne connaissait pratiquement personne. Et on lui avait conseillé de garder ses distances avec les locataires.
Il habitait une rue calme, au rez-de-chaussée d’un immeuble construit durant les « golden Sixties », l’époque du « derniergrand bond en avantde la Belgique »,avait-il lu un jour dans un folder qui vantait le savoir-faire de ce pays. Sur le trottoir d’en face, le verdurier posait ses premières caisses de légumes et de fruits sur les tréteaux fixés à l’avant de son magasin tout en poursuivant une conversation avec l’homme qui était venu lui apporter un panier rempli de pains. Ils étaient vêtus de gros pulls aux motifs bariolés et d’écharpes aux couleurs de clubs de football, comme le sont souvent les travailleurs du matin. Le dimanche précédent, il avait vu ce genre de pull au marché proche de la Gare du Midi. Il se dit que l’hiver approchait et qu’il ferait bien d’en acheter un. Pour un homme du Sud, le danger, lui avait-on dit, est de ne pas voir arriver le froid. Une fois pris, c’est la galère ! Cela commence par un mauvais rhume qui se transforme en bronchite qui, elle, peut très bien déboucher sur une pneumonie ou une pleurésie et, si on se nourrit mal, on peut même choper la tuberculose. Le verdurier paraissait en colère. Avait-il reçu de la marchandise bas de gamme, du pain rassis ? Brusquement, l’homme du pain leva les bras au ciel et replongea dans sa camionnette qu’il avait arrêtée en double file et le moteur allumé. Il se dirigea vers la cuisine, ramassa sa cafetière Bialetti, la dévissa et la rinça sous le robinet. Pour l’instant, son appartement ne contenait que les premiers meubles et ustensiles de cuisine indispensables : un lit, une table, deux chaises, la cafetière, un wok, un mug, deux assiettes et quelques couverts. Tous de seconde main, ils provenaient du magasin des « P’tits Riens », situé à deux pas. Il avait bien l’intention d’y retourner un de ces prochains jours pour compléter son installation. Mais pour cela, il devrait attendre son prochain salaire. La veille, il avait repeint la table avec le restant de la couleur « blanc cassé » des portes et il vit qu’il était encore trop tôt pour y poser quoi que ce soit. Le seul objet neuf qu’il possédait était un réchaud à double plaque électrique, pour l’instant posé à même le sol, qu’il s’était procuré dans une grande surface. Pour rien au monde, il n’aurait accepté d’utiliser un réchaud d’occasion qui aurait très bien pu être bidouillé ou mal réparé. L’électricité était, pour lui, un domaine dont il fallait toujours se méfier. Il avait perdu un frère frappé par la foudre au bord d’un champ.
Il repensa à la liste des travaux qu’il avait à entreprendre et se rendit compte que la plupart d’entre eux devaient être menés un jour ouvrable. Pour aujourd’hui, il fallait y renoncer. Et pour la première fois, en ce dimanche, il se rendit compte que sa vie venait d’entamer un nouveau chapitre. Aujourd’hui, devenu un homme libre car disposant d’un travail et d’un appartement, il pouvait envisager l’avenir avec sérénité. Et, pour la première fois depuis son enfance, il pouvait se permettre de rêver, de glander sans l’arrière-pensée d’un danger dissimulé. Au demeurant, son enfance n’avait pas été toujours empreinte d’insouciance. Dans les régions éloignées, les récoltes de maïs et de haricots sont décevantes plus souvent qu’à leur tour et le désespoir des parents rejaillit généralement sur les enfants. Mais tout cela appartenait au passé. Il n’oublierait jamais les sacrifices de ses parents qui lui avaient permis d’entamer son périple. Grace à eux il avait pénétré dans des domaines jusqu’alors méconnus : celui du repos après le boulot, de la liberté d’aller et venir, de la possibilité de posséder des objets rien que pour le fun. Et pour ce qui concerne ces derniers, il était bien décidé d’en faire profiter la famille restée là-bas.
Il était onze heures, lorsqu’il arriva au marché de la Gare du Midi qui, à ce moment-là, battait son plein. Pour s’y rendre, il avait dû traverser la longue salle qui relie la rue Fonsny à la rue de France. Un coin de sinistre réputation ! Il s’était souvenu qu’à son arrivée à Bruxelles, il s’y était brusquement vu entouré par une bande de clochards et qu’il avait bien failli ressauter dans le train resté à quai. Dans ce marché, les commerçants se regroupent grosso modo par genres d’articles. Il se dirigea vers le côté où il avait le plus de chance de trouver un pull. En se faufilant dans la foule, il eut l’impression de remonter dans le temps depuis le lac Victoria qu’il avait traversé sur un bateau pourri en compagnie de trimardeurs Kényans. Un couple de Soudanais minces et élancés, l’homme habillé en gallabiya, la femme voilée en robe multicolore, le ramena à Khartoum. Il porta son choix sur un gros pull d’hiver que lui vendit un marchand dont l’arabe lui rappela Alexandrie, la ville où il avait fait ses adieux à la terre d’Afrique. En prenant possession du pull que l’homme avait remis dans son emballage d’origine, il eut un choc. C’était la première fois de sa vie qu’il achetait un vêtement que personne n’avait porté avant lui. Il lui restait vingt euros. Il acheta une bouteille d’huile d’arachide, une botte de navets, trois poireaux et un kilo de patates douces. En retournant vers la gare, il se souvint que lors de sa visite précédente, il était passé devant une échoppe qui vendait de la musique africaine. Il la repéra à l’entrée d’un des deux tunnels du chemin de fer, serrée entre des montagnes d’olives et de piments verts en saumure. Le vieil homme lui fourra dans les mains un CD en lui disant en lingala : « Eh, mon frère, tu le connais, celui-là, c’est de la vraie rumba ! ». Il reconnut le chanteur, Wendo Sor et hocha affirmativement la tête en riant car il ne le connaissait que trop bien ! Il revit son père rentrant bourré au petit matin après une nuit passée dans un des « ngandas », un des cafés où se produisait la Roi de la Rumba. Son père avait-il aussi été amoureux, comme tous les hommes des années cinquante, de Marie-Louise qui, disait-on, avait le pouvoir de ressusciter les morts dans l’enfer de Léopoldville ? Le disque venait d’être réédité et, dans sa présentation, le journaliste-critique d’art Jean-Pierre Jacquemin rappelait la gloire qu’avait connue le chanteur-guitariste autodidacte, l’idole des jeunes de l’époque. Il acheta le CD en se disant que, dès qu’il aurait touché son prochain salaire, il se payerait une radio portable équipée d’un lecteur de CD. Le walkman qui l’avait accompagné depuis le pays, avait rendu l’âme au large de Bari lorsque la chaloupe s’était retournée.
En rentrant chez lui, il repassa par la gare pour poster sa lettre à ses parents.
Paul Van Ackere
Décembre2011
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Quelques autres textes de PVA ?
D'autres nouvelles ?
« La kine et sa chaise électrique », cliquez sur
http://jodi.over-blog.net/article-paul-van-ackere-la-kine-et-sa-chaise-electrique-89036435.html
« Boum... Boum ! », cliquez sur
http://jodi.over-blog.net/article-paul-van-ackere-81541611.html
« Les dieux sont immortels », cliquez sur
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« Qu'est devenu le petit Roger ? », cliquez sur
http://jodi.over-blog.net/article-paul-van-ackere-alias-paulo-carter-nous-donne-encore-de-ses-nouvelles-qu-est-devenu-le-peti-76295279.html
« Le vieil homme et la terre », cliquez sur
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« Le canapé blanc », cliquez sur
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Un recueil de haîkus ?
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Et un article critique sur « Courts métrages", un recueil de nouvelles de Paul Van Ackere paru chez L'Harmattan, en 2010 ?
Cliquez sur:
http://www.antipode.be/blog/litterature/2010/10/courts-metrages-paul-van-ackere-lharmattan-2010/
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Y en a qui veulent tout savoir des « relations particulières » qui unissent ddl (alias Vié ba Diamba) à PVA (alias Paulo Carter) ?
Renvoyons-les à ces quelques radotages d'Assis (anciens du Zoeloe Bar, pensionnés du trostkisme-sans-le-savoir et nostalgiques du bac à carbonnades de Sarma) qui ont, en leur temps été diffusés en avant-propos de la nouvelle de PVA intitulée « Le canapé blanc »... en supplément-cadeau-bonus
On a gardé beaucoup de vaches ensemble, Popol et moi.
On a racketté ou protégé
- C'était selon ! Surtout les mineur(e)s (Lieve ou Monik ?) qui voulaient (s'il te plaît ! et j'te roule un patin...)à tout prix (dans le Busleidengang ou au fond du vestiaire...) entrer quand même (sois gentil ! et tu pourras m'toucher les miches...) coûte que coûte !
les clients et les clientes (les usagers, les affidés, les créatures, etc) du Zoeloe Bar et fait le guet (les flics, les espions, les accises, etc) à l'entrée, épluché des dizaines de kilos de bintjes dans une colonie de vacances, affronté les fachos du Mouvement d'action civique et de Jeune Europe, fréquenté le même bordel (l'Ambassy), interviewé des "gens du cinéma" à Paris, trifouillé à la main nue (avec des ongles parfaitement dégueulasses) le tas de bidoche sanglante d'un bac à carbonades
- Dans le rayon "viandes" d'un Sarma (le Sarma c'était tout à la fois le Lidl, l'Aldi et la boucherie Renmans de l'époque) de la ville de Leuven où de petits et gros morceaux de boeuf, découpés sommairement, étaient exposés à l'air libre, dans un grand bassin, et vendus en vrac, au choix du client !
et mis la main sur les plus pièces de barbaque pour en faire des steaks... et, avec un peu de chance, de véritables "filets purs".
On a même été trotskistes ensemble, dans le temps, sans le savoir !
Paulo Carter ajoute ses souvenirs aux miens et... on ressasse et on remâche ("les Assis", aujourdhui, c'est bien nous, les anciens du Zoeloe Bar, les pensionnés du trostkisme et les nostalgiques du bac à carbonades de Sarma : le cul posé sur un fauteuil de jardin en plastique ou confortablement installés devant un écran d'ordinateur) et on rabâche et... on reprend son souffle et on se donne le temps de retrouver ses vieux mots:
- PVA: Le coup des” filets pur” me revient maintenant. Je pense qu’on les mangeait avec des épinards en boite. Un Colombien du nom de German Bravo en avait acheté tout un stock. Certaines commençaient à gonfler et quand on les ouvrait on se ramassait un vilain jet verdâtre dans la figure....Mais à l’époque, la salmonelle n’existait pas encore...
- DDL: ...
- PVA: ...
- DDL: Et les jours où Moon Kee Kim parvenait à balluchonner quelques bonnes mesures de riz dans la gargote (pour les bons bourgeois cathos de Leuven, un étudiant coréen avait, évidemment, toute sa place dans un restaurant vietnamien : ça faisait couleur locale !) où il bossait (à huit francs belges la soirée... plus d'éventuels pourboires... qu'il devait partager avec le patron), on avait de quoi composer un menu équilibré et on pouvait festoyer ! Mais, rappelle-moi, Popol... German Bravo était un pote à Jorge Ucros et aux frères Garcia (Guillermo et Bernardo)... et aux autres "petits" de Camillo Torres qui s'entrainaient à la guérilla dans les bois d'Herverlee, non ?
- PVA: German Bravo était un ami de Jorge Ucros mais n’appréciait pas trop Camillo Torres. Il adorait Malher dont il possédait plusieurs symphonies qu’il mettait souvent à fond de balle le soir au grand dam de ceux (ils étaient rares) de ses colocataires qui étudiaient le soir...
- DDL: ...
- PVA: ...
- DDL: ...
- PVA: ...
- DDL: T'as rîn d'aut' à rajouter ?
- PVA: Ben oui, j'rajoute qu'il ne faut pas trop souvent se retourner mais se tourner vers l’avant: plus de joie, plus de lumière, demain il fera jour camarade, je maintiendrai, l’union fait la force, en avant marche!...Après le Zoeloe Bar, nos chemins divergèrent quelque peu. J’ai fait mon service militaire et là cela a failli mal commencer. Le premier jour, au centre de formation, ils ont voulu m’envoyer à l’annexe psychiatrique car j’avais avoué que j’avais un diplôme de docteur en droit mais que je ne savais ni lire ni écrire. Il faut dire que j’avais choisi le rôle flamand (had ik vlaams verkiezen) pour ne pas perdre trop mon temps. Quand le major a compris la raison de mon apparence d’illettré, avec des sanglots gluants dans la voix ( Ah si tous les wallons feraient comme vous!!!) il m’a nommé kameroverste ( chef de chambrée). J’eus beau lui faire remarquer que c’était dangereux car si brusquement il y avait une guerre, je serais obligé de donner des ordres en français comme en 14. Il ne changea pas d’avis. Et par après, souvent je me suis demandé si un conflit devait survenir entre la Flandre et la Wallonie et si j’étais encore en âge de porter les armes, sous quel drapeau aurai-je dû servir?
- DDL: ...
- PVA: Et alors, la suite ?
- DDL: Ben, j'sais pas ! Le curseur est chez toi, non ? Et si tu nous racontais Nicole, son avènement, comment tu l'as rencontrée, non ? Elle habitait (on allait y prendre des douches pendant la journée, non ? C' était ofélé, kosteloos, non ?) une "pédagogie" (c'est comme ça qu'on appelait ces maisons closes pour jeunes filles de bonne famille, à l'époque, non ?), près du petit Seizième (c'est là que j''squattais, non ? Avec Jipéji et Moon Kee Kim, non ? Et tu venais nous péter les carreaux avec tes boules de neige, non ?) ou du Dix-huitième, je ne sais plus...
- PVA: ...
- DDL: ...
- PVA: Puisque c'est à mon tour...
- DDL: A propos de Nicole ?
- PVA: ... Après mon glorieux service militaire comme concierge pour un hôtel d'offficiers, je me suis retrouvé dans une union professionnelle d'opticiens et rédacteur en chef du mensuel L'Opticien Belgeou, comme disait Jo Dustin, Le P'tit Chien Belge... Un matin, mon patron m'appela pour m'annoncer qu'il avait décidé de m'envoyer en Allemagne de l'Ouest, comme on disait alors. "Inutile de vous préciser qu'il s'agit d'une mission confidentielle !" me dit-il. Et il ajouta : "On va bientôt mettre sur la marché une invention qui va bouleverser notre vie. Cela s'appelle le rayon laser! Vous assisterez à des réunions scientifiques et votre rôle sera de nous ramener un maximum de renseignements". Quelques jours plus tard, je pris le tram jusqu'à la gare du Midi et m'embarquai dans l'express de Cologne. Déjà sur le quai, cet homme en imper mastic m'avait intrigré. Mais quand je l'ai vu s'installer dans le compartiment voisin, je n'eus plus de doute, l'individu me suivait ! Et en plus, je l'avais reconnu. Il s'agissait du célèbre T** dont le groupe Jeune Europe...
- DDL: Thiriart ? Teichmann ?
- PVA: Chuuuuuuuuut ! On pourrait nous lire !
-DDL: ...
- PVA: ... Bref, un soir, à Louvain, pardon à Leuven, les gens de Jeune Europe avaient tenté de nous tabasser au sortir d'un meeting. Voici une mission qui commence mal, me dis-je. Je me levai et me dirigeai vers l'individu...
- DDL: Oui, d'accord ! Très intéressante ton histoire mais pas très "relevante" ! Tu ne réponds pas à ma question, tu t'éloignes du sujet !
- PVA: Quel sujet ?
- DDL: Nicole !
- PVA: Nicole? Secret défense, oh !
- DDL: ...
- PVA: ...
- DDL: ...
- PVA: ...
Et, finalement, le dernier mot revient... à Nicole elle-même: Puisque Paulo s’éloigne du sujet, j’interviens : un soir ( ou un matin ... il y a tellement longtemps qu’on ne sait plus ), la fée-carabosse m’avait revêtue de la plus belle robe – non pas celle en promotion au Sarma de Leuven où vous achetiez les épinards qui ont bien failli empoisonner les autorités universitaires dépêchées pour enquêter sur les moeurs dépravées d’un petit groupe d’étudiants dévoyés – non, une tenue digne de figurer au bal des débutantes que fréquentaient les jeunes gens de bonne famille – dont nous faisions partie ( cela va sans dire bien que nous l’ayons tu pour des raisons idéologiques ). Nous étions face à face et ce fut le flash ! ( Tonnerre, lumière, violon...)Et puis le reste a suivi...Le lecteur comprendra l’émotion qui empêche aujourd’hui encore un des acteurs principaux de la scène de revenir sur cet épisode qui a marqué le reste de notre vie ! Il fallait ma plume pour retracer toute la splendeur du moment !
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Le Zoeloe Bar?
Pour en savoir plus sur ce lieu mythique qui a beaucoup contribué à notre formation
- Universitaire ?
- Peau d'balle ! Anarcho-syndicaliste, ouais !
à Polo-Popol et à moi-même, alias ddl, alias Vié ba Diamba, cliquez sur:
http://impassedesmurmures.blogspot.com/
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