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A propos, en amont, en aval de (ou sans trop de rapport avec)"Jodi, toute la nuit", un roman de Didier de Lannoy

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PAUL VAN ACKERE - "La kiné et sa chaise électrique"

 

 

JODI, LE BROL

Le blog de Jodi ("Jodi le blog") est devenu*, depuis janvier 2011... un « blog littéraire », peut-être ? Meuuuuuunon ! Omona wapi ? Une toute simple, très banale et sans prétention...
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Didier de Lannoy
2011


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Paul Van Ackere

qui nous revient
- de l'hôpital ?

de loin, nous balance

La kiné et sa chaise électrique
sa dernière nouvelle, sa nouvelle numéro « onze »
(ce numéro étant celui du candidat Etienne Tshisekedi aux élections présidentielles du 28/11/11, en RDC)


Je
- Obligé (même si je trouve que Popol devrait changer le titre de sa nouvelle) et avec plaisir ! Mwana Danzé m'a fait comprendre que « les bulankos » commençaient à en avoir marre : « Tu nous bassines ! Tu nous asseubes ! Y a la crise financière en Europe et on vient de découvrir un poisson à (une paire et demi !) trois yeux (et qui est presque trois fois aveugle)... et toi, tu n'en as plus que pour ton Vieux Zumbel et tes élections* en RDC ! Tu ne pourrais pas changer de sujet ? "
diffuse

 


ddl
alias Vié ba Diamba

 

* C'est totalement faux ! Accusations félines et mensongères, oh ! C'est oublier que, dans mes « Kamundele » j'ai raconté (notamment) la nouvelle histoire du Petit Chaperon rouge, non ? Cliquez sur
http://kamundele.blogspot.com/2011/11/km-6-la-condif-ou-le-genre-comme-on-dit.html
Et que, sur un autre blog, j'ai (notamment) expliqué comment “Quatre coins” avait dû son salut à la merde, non ? Cliquez sur:
http://anaco3.over-blog.net/article-anaco-4-83-au-quartier-mbanza-lemba-c-est-la-merde-qui-a-sauve-la-vie-de-quatre-coins-voleur-d-88505681.html

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Voici donc la dernière nouvelle (n°11) de Paul Van Ackere...
(qui nous revient de très loin, en boitant toujours un peu ?) 
et je promets de diffuser ensuite, depuis Kinshasa, une nouvelle d'Achille Ngoye
(dont - ambiance électorale oblige - je garde le titre secret)... très bientôt, soit à la date du 28 novembre, soit (autre date-butoir... et journée de grande écoute) à celle du 6 décembre...


«  Tel qu’un homme qui vient d’avoir un songe clair,
Mais, le rêve fini, ne garde que l’émoi dont il était saisi
Quand le reste s’efface, Je me retrouve… »

Dante, «  La Divine Comédie », Chant trente-troisième

L’infirmière et sa chaise électrique

L’opération s’était très bien déroulée, lui sembla-t-il. Au réveil, des yeux très bleus, trop bleus, entourés de fines lunettes en demi-lune, le ramena au royaume des vivants.

- Vous avez de très beaux yeux, dit-il.

- Mais, ma parole, il me drague déjà ! Ne vous endormez surtout pas, répondit l’infirmière.

Il se rendormit durant quelques secondes.

- Eh, là, ne pas vous rendormir !

- D’accord, d’accord.

En face de lui, deux hommes en blanc s’activaient. L’un faillit laisser tomber une poche en plastique pleine de liquide qu’il essayait d’accrocher à une barre métallique fixée à son lit. « Putain », s’exclama-t-il. Il entendit l’autre chuchoter : «  Calme-toi, le gouvernement grec a finalisé un plan de rigueur et de relance qui semble tenir la route ! L’Europe s’en sortira. On ne perdra pas toutes nos billes ! »

Le souvenir d’un récent périple à l’île de Rhodes l’envahit. Et la voix de Maria Farantouri entraînée dans le tourbillon des arpèges de Charles Lloyd, le regret qu’à cause de cette foutue opération, il allait rater leur méga concert dans le théâtre antique d’Hérode Atticus (4.500 places d’après son guide) au pied de l’Acropole d’Athènes, le plongea dans ce que les spécialistes appellent la « dépression post-opératoire ». Il y avait de quoi ! Rater Charles Lloyd, l’homme qui possédait dans son saxophone toute l’histoire du jazz, en tournée avec Maria Farantouri. La chanteuse grecque à la voix basse aux accents de tragédienne a consacré sa vie à exprimer l’angoisse, la colère et l’espoir d’un peuple si souvent malmené.

Il se sentit aller à reculons, de plus en plus vite. L’aventure commence, pensa-t-il, celle arrivée à un ami – voulait-il me prévenir ? – venu le voir quelques jours avant l’opération. Celui-ci lui avait raconté qu’il y a quelques temps, il avait aussi dû subir une opération qui nécessitait une anesthésie totale. Il avait omis de dire au chirurgien qu’il prenait tous les jours de l’aspirine pour fluidifier son sang et, par-là, en faciliter la circulation dans son corps perclus d’arthrose. En un instant, le bloc opératoire, les infirmières, le toubib furent inondés d’un sang vermeil qui transforma la salle en une caverne fantasmagorique. L’hémorragie put être jugulée en toute dernière limite. Il avait conclu son histoire en affirmant qu’il s’était arrêté à quelques mètres de l’Eternité dont il avait, cependant, pu apercevoir le contour d’un premier paysage. « Depuis, l’ayant approchée, je n’ai plus peur de la mort », avait affirmé cet ami.

Et plus il reculait, plus la voix de Maria Farantouri et le saxo de Charles Lloyd devenus assourdissants dans le voyage à Cythère, « Like a Sea Bird in our Dream », le rapprochèrent des rives de l’Achéron, la rivière funeste qui transporte les morts. Effet You tube, il revit les quais de la Dyle à Leuven, la nuit, serpentant autour des bâtiments immenses et sinistres d’une brasserie dégageant en permanence une odeur de houblon en voie de putréfaction.

Poussé à grande vitesse - le brancardier savait y faire ! – depuis la salle de réveil jusqu’à sa chambre où il devrait rester une semaine si tout allait bien, il tenta de renouer les fils de son rêve. Oh certes, il n’avait pas entrevu les premiers traits d’un paysage de l’au-delà comme le copain, mais, petit à petit, comme pour se rassurer, il conclut qu’il avait très bien pu accéder à une contrée mystérieuse, un gouffre insondable, une vision qu’il savait tissée dans les lambeaux de ses souvenirs d’étudiant, réminiscences de ses lectures trop assidues de l’œuvre de Jean Ray et de son admiration pour les peintures de Jérôme Bosch.

Deux jours plus tard, on lui demanda de se lever. Cette douloureuse thérapie s’indique, parait-il, pour éviter tout risque de phlébite. On passe aux malade une paire de bas spéciaux et en route pour les quelques premiers pas ! Il s’approcha de la fenêtre. La clinique était construite à l’orée d’une forêt de hêtres. Il admira l’élégance de cette haute futée parcourue de tourterelles, de ramiers et de pies en grand nombre. On était en septembre et déjà l’automne et ses ors parsemaient le sol des premières feuilles mortes qui, si l’on en croit la chanson, se ramasseront bientôt à la pelle. Le soleil, en se faufilant au travers des arbres, créait des zones de luminosité d’intensité variable. «  Un vrai Frans Courtens », s’exclama-t-il ! Il songeait à la belle forêt d’automne qu’il avait pu admirer au musée à Bruxelles au temps où la capitale de l’Europe possédait encore un musée d’art moderne. Tout-à-coup, une femme vêtue de blanc apparut dans une allée, poussant une voiturette. Un rayon de soleil, capturé par les roues d’acier, transforma celle-ci en une chaise électrique.

Il retourna à son lit en se demandant s’il n’allait pas replonger dans son rêve car la jeune femme assise dans la voiturette avait le visage de Béatrice peint en 1883 par Henry Holiday, le préraphaéliste, qu’il avait pu admirer au Musée national de Liverpool, un dimanche qu’il avait accompagné le F.C. Anderlecht, le club dont il était un fervent supporter; la douce Béatrice Portinari accompagnée d’un chaperon à l’air sévère comme cela se faisait à l’époque, rencontrant, à Florence, le jeune poète Dante Allighieri qui lui semble l’attendre, mine de rien, au coin du Pont Santa Trinita, sur les bords de l’Arno.

 

Paul Van Ackere

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Etun article critique sur « Courts métrages", un recueil de nouvelles paru chez L'Harmattan, en 2010 ?

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http://www.antipode.be/blog/litterature/2010/10/courts-metrages-paul-van-ackere-lharmattan-2010/



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  ("Jodi le broc") et
http://jodi.over-blog.net/article-restez-bien--39731236.html
(dernière dépêche, diffusée en novembre 2009, du blog de Jodi sous son ancienne forme)





 

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